HEDD change d’échelle. Le fabricant berlinois présente le TYPE 40, un système de monitoring de studio qui part d’une enceinte principale trois voies et se complète, voie par voie, de modules de grave empilables. L’idée tient en une phrase que la marque répète sur sa page : complet dès le départ, conçu pour grandir.

Une enceinte principale trois voies
Le module Main combine un tweeter à ruban plissé, le fameux Air Motion Transformer fabriqué à la main par HEDD, deux médiums de quatre pouces et un grave de dix pouces trois quarts à longue course. Chaque voie reçoit son propre amplificateur ICEpower en classe D : sept cents watts pour le grave, trois cents pour le médium, trois cents pour l’aigu. Seul, ce Main descend à vingt hertz à moins trois décibels et dépasse cent huit décibels SPL à un mètre à cinquante hertz, ce que le banc d’essai de Tape Op confirme. L’ébénisterie est close, sans évent, pour un grave tenu.
Les modules XTD, le grave à la carte
La vraie nouveauté tient dans l’extension. Vous ajoutez jusqu’à trois modules XTD par voie, empilés sous le Main, aux mêmes dimensions de caisson. Chaque XTD embarque un grave de dix pouces trois quarts à forte excursion et son ampli classe D de sept cents watts. Quatre modes de fonctionnement sont proposés : frontal à évent, frontal clos, cardioïde à évent et cardioïde clos.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En frontal à évent, le gain de SPL à cinquante hertz atteint six décibels avec un XTD, douze avec deux, quinze avec trois. En mode cardioïde, le système réduit l’énergie arrière d’environ dix décibels, et c’est là que l’empilement prend tout son intérêt dans une pièce difficile : un grave qui frappe devant sans exciter le mur du fond. Pour qui veut comprendre le principe, nos articles sur le traitement acoustique du studio et sur les caissons cardioïdes posent les bases.
Le DSP HEDD Lineariser au cœur
Tout le système est piloté par un DSP interne qui tourne à quatre-vingt-seize kilohertz et embarque le HEDD Lineariser, la correction de phase maison. Trois modes de calage temporel sont disponibles : phase zéro, plat sans linéarisation de phase, et off pour la latence la plus basse. S’ajoutent des filtres en plateau aigu et grave, avec fréquence de coude réglable, et un filtre de bureau pour corriger la réflexion sur la console. Le logiciel HEDD CTRL gère les presets et l’adaptation à la pièce par Ethernet.

Connectique et disponibilité
Côté entrées, le Main propose du XLR symétrique analogique avec report, et de l’AES/EBU en XLR, lui aussi reporté, du 44,1 au 192 kilohertz. La construction reste fidèle à la maison : caisson en MDF, peinture noire satinée, points de montage M10 sur les flancs, et chaque unité testée avant expédition à Berlin. Sur la boutique officielle, le module Main s’affiche à 6 999 € en prix promotionnel, contre 13 998 € hors promotion, et le système complet grimpe selon le nombre de XTD et la paire stéréo retenue. Pour situer le TYPE 40 dans la gamme, voyez notre comparatif pour choisir ses moniteurs de studio et les récents Neumann KH 310 II et KH 350.
Mon avis
L’approche modulaire est la bonne idée. Au lieu de choisir une taille d’enceinte et de la subir, vous ajustez le grave à votre pièce et à vos besoins, du mastering serré au fond de salle qui bouge l’air. Le mode cardioïde change vraiment la vie dans une régie où le mur arrière renvoie tout. Le ticket d’entrée reste celui d’un système haut de gamme, et le calcul se fait à la paire complète, pas au module isolé. Pour un studio qui mixe en immersif ou qui veut une référence évolutive, c’est un investissement qui se défend.