Polyend dévoile la Loop, un instrument compact qui réunit quatre loopers stéréo, une boîte à rythmes et plus de cent effets. Annoncée au Guitar Summit 2026, elle est en précommande à 599 € et commence à être expédiée en octobre.
Polyend a pris l’habitude de fabriquer des machines qui refusent les cases. La Loop ne déroge pas à la règle : ni pédale de looping classique, ni groovebox pur jus, elle se présente comme une « machine à idées » pensée pour capturer une trouvaille avant qu’elle ne s’évapore. Le pari est clair : offrir juste ce qu’il faut pour construire un morceau, sans la profondeur intimidante d’un séquenceur complet.
Quatre loopers, une boîte à rythmes et des effets à revendre
Au centre, quatre pistes de looping indépendantes, chacune mono ou stéréo, avec une durée maximale de 52 secondes par piste. On enregistre à la volée via l’entrée stéréo, ou l’on charge des boucles préparées depuis une carte microSD. Chaque piste se cale sur le tempo — interne ou reçu en MIDI — ou tourne en roue libre, et propose des lectures avant, arrière et ping-pong pour détourner la matière sonore.

À côté des loopers, une boîte à rythmes à quatre pistes fournit la colonne vertébrale. Polyend annonce plus de 350 motifs rythmiques, plus de 500 kits de batterie et plus de 180 boucles audio, le tout programmable directement depuis la machine, sans écran d’ordinateur. Enfin, un processeur multi-effets embarque plus de cent traitements pour colorer, triturer ou spatialiser les pistes. L’ensemble accepte des sources instrument et ligne, ainsi qu’un microphone dynamique.
Pour qui, et à quel prix
Polyend vise large : guitaristes, auteurs-compositeurs et musiciens électroniques. C’est cohérent avec l’objet, à mi-chemin entre la pédale de scène et l’instrument de composition. La Loop est proposée en précommande à 599 €, avec des expéditions annoncées pour octobre 2026. Un positionnement qui la place face aux grooveboxes compactes plutôt qu’aux simples loopers de pédalier.
Dans cet esprit, elle prolonge une lignée que l’on suit de près : la Teenage Engineering EP-40 Riddim, le 1010music blackbox 2 ou le tracker Dirtywave M8 occupent tous ce terrain de la fabrique d’idées portable. La Loop y ajoute sa signature : la contrainte comme moteur de créativité. La marque détaille les spécifications complètes sur sa page produit.
Mon avis
La Loop assume sa limite, et c’est précisément ce qui la rend intéressante. Quatre pistes de 52 secondes, une boîte à rythmes et des effets : c’est assez pour poser une idée complète, trop peu pour se perdre. Cette frugalité volontaire est un antidote à la page blanche, et elle colle au public visé, du guitariste qui superpose des couches au producteur qui cherche un croquis rapide. Reste à voir le grain des effets et l’ergonomie sans écran, mais l’objet est malin. À 599 €, il devra convaincre face à des grooveboxes plus complètes — sa promesse de spontanéité pourrait suffire.