Teenage Engineering EP-40 Riddim : la groovebox sound system qui embarque enfin un vrai synthé

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Teenage Engineering a pris l’habitude de tailler des versions thématiques de ses machines de poche. Avec l’EP-40 Riddim, la marque suédoise ne se contente pas d’habiller son sampler EP-133 aux couleurs du sound system : elle lui ajoute, pour la première fois de la gamme, un véritable moteur de synthèse baptisé Supertone. C’est ce détail, plus que la bibliothèque estampillée reggae, qui transforme un objet de niche en instrument à part entière.

Une plateforme EP-133 recentrée sur la culture sound system

Sur le plan matériel, l’EP-40 reprend l’ossature du K.O. II : douze pads sensibles à la pression, un séquenceur à pas, un haut-parleur et un micro intégrés, une alimentation par piles ou par USB-C. On reste dans ce format de bloc-notes rythmique que Teenage Engineering a popularisé, pensé pour composer partout, sans écran d’ordinateur ni interface. La mémoire interne de 128 Mo, extensible à 256 Mo, laisse de la marge pour empiler des boucles et des multisamples.

Détail des douze pads sensibles à la pression de l'EP-40 Riddim
Crédit : Teenage Engineering

Le classement de la banque de sons dit tout de l’intention : les percussions occupent les emplacements 001 à 399, les basses de 400 à 499, les claviers de 500 à 599 et les effets de 600 à 699. On y trouve des kits de batterie, des lignes de basse, des stabs d’accords, des bruitages, des shouts vocaux, mais aussi des claviers multiéchantillonnés, un melodica et une guitare — tout le vocabulaire d’un studio jamaïcain condensé dans un boîtier.

Supertone : le premier synthé maison de la gamme EP

C’est la vraie information technique de cette sortie. Jusqu’ici, les machines EP-133 et K.O. II étaient strictement des samplers : pas de synthèse, seulement de la lecture d’échantillons retravaillés. Supertone introduit un moteur soustractif simple, doté de neuf presets, capable de produire des basses et des leads de facture reggae, ainsi qu’une sirène de dub sensible à la pression. Rien de révolutionnaire dans la structure — un oscillateur, un filtre, une enveloppe — mais l’ajout change la nature de la machine : on ne se contente plus de rejouer des samples figés, on génère des sons.

EP-40 Riddim en situation, moteur Supertone et écran
Crédit : Teenage Engineering

Cette sirène de dub réactive à la pression des pads est un choix d’ergonomie astucieux : dans une performance, c’est exactement le geste que l’on veut pouvoir doser en direct, sans passer par un menu. Un mode de jeu en boucle permet d’ailleurs d’empiler les couches à la volée, ce qui rapproche l’EP-40 d’un petit instrument de scène plutôt que d’un simple bloc de production.

Une bibliothèque calibrée par les architectes du dub

Teenage Engineering a fait appel à King Jammy et à Mad Professor pour la curation sonore. Plus de 300 échantillons ont été taillés pour le reggae, le dub et le dancehall, accompagnés de huit morceaux d’artistes entièrement remixables — de quoi disséquer une production existante et la reconstruire. On peut discuter la démarche marketing du produit à thème ; on ne peut pas reprocher à ces sons leur pertinence stylistique, ils viennent des bonnes personnes.

Fiche technique en bref

ÉlémentDétail
Polyphonie12 voix stéréo / 16 voix mono
Mémoire128 Mo interne, extensible à 256 Mo
Échantillonnage16 bits, 46 kHz
SynthèseSupertone, moteur soustractif, 9 presets
Effets7 effets principaux + 12 effets punch-in
Projets9 projets éditables
Connectiqueentrée/sortie stéréo, MIDI, sync, USB-C
Alimentationpiles AAA ou USB-C
Connectique et haut-parleur intégré de l'EP-40 Riddim
Crédit : Teenage Engineering

Côté traitement, sept effets principaux et douze effets punch-in couvrent l’essentiel de ce qu’exige la mise en onde d’un morceau dub : delay, réverbération, filtres et saturations que l’on déclenche du bout du doigt. Rien d’exotique, mais un jeu d’outils cohérent avec l’usage visé.

Mon avis

Teenage Engineering excelle dans l’objet désirable, parfois au détriment de la profondeur. Le reproche que l’on adressait aux déclinaisons thématiques — un joli gadget mono-usage — tombe en partie ici, précisément grâce à Supertone. Une machine qui génère ses propres basses et ses propres leads n’est plus prisonnière de sa bibliothèque : elle peut servir en dehors du reggae, dès lors qu’on aime son ergonomie immédiate. C’est le genre de produit bien pensé, sans esbroufe technique, qui trouve sa place dans un sac de scène à côté d’un sampler compact comme le 1010music blackbox 2 ou d’une boîte à rythmes analogique. Le vrai test sera l’endurance du concept : un synthé, même simple, ouvre bien plus de portes qu’une énième banque de samples.

Prix et disponibilité

L’EP-40 Riddim est proposé à 349 € (299 £), et Teenage Engineering l’accompagne pour une durée limitée du micro EP-2350 Ting offert. La machine est disponible dès à présent. Pour explorer d’autres pistes sonores autour de la synthèse abordable, vous pouvez aussi jeter un œil à notre sélection de synthétiseurs virtuels gratuits.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.