Neuf ans après un premier modèle devenu culte chez les producteurs nomades et les musiciens de scène, 1010music ne se contente pas d’un lifting : la marque texane repart d’une feuille blanche. Le blackbox 2 conserve la silhouette de cartouche que l’on glisse dans une poche, mais tout ce qui compte a changé dessous. Processeur deux fois plus rapide, écran tactile couleur de 4 pouces, batterie interne, nouveau moteur granulaire : l’objet est disponible immédiatement au tarif de 649 dollars, soit environ 759 euros.
Un boîtier de poche remis à plat
Le premier blackbox avait imposé une idée simple : un sampler complet, autonome, sans ordinateur ni logiciel, tenant dans la main. Le blackbox 2 pousse cette logique bien plus loin. L’afficheur monochrome exigu a laissé place à une dalle tactile couleur haute résolution de 4 pouces, surmontée de quatre encodeurs et flanquée de raccourcis dédiés pour naviguer entre pistes, instruments, séquenceur, mixeur, effets et lecture. On passe d’un appareil que l’on apprivoisait à un appareil que l’on pilote.

Le changement le plus attendu se cache à l’intérieur : une batterie rechargeable offre environ trois heures d’autonomie. Cela peut paraître anecdotique sur le papier ; c’est en réalité ce qui transforme le blackbox 2 en véritable carnet d’esquisses portable, dans le train, dans un canapé ou en coulisses, sans câble d’alimentation à traîner. La conversion reste en 24 bits à l’entrée comme à la sortie, dans un châssis de 22 cm de large pour environ 600 grammes.
Le moteur Shredder et les six types de piste
Le cœur de l’instrument reste sa grille de pads, mais chaque emplacement peut désormais accueillir l’un de six moteurs : one-shot, boucle, slicer, multisample, source externe et surtout le nouveau Shredder, qui mêle synthèse granulaire et découpe rythmique. C’est le vrai apport créatif de cette version : étirer un souffle en nappe, granuliser une voix, faire vibrer un field recording sans jamais quitter le boîtier.

Autour, 1010music a soigné le geste de scène. Une section d’effets DJ (filtre, delay, EQ, gate, repeater) se pilote au doigt sur une surface XY, le séquenceur à pas passe de la grille au piano roll et gère la probabilité, et le multi-échantillonnage automatique permet de cartographier un synthé externe touche par touche sans y passer l’après-midi. Le rééchantillonnage interne, avec superposition de couches, autorise enfin la construction de textures denses directement dans la machine.
Connectique et intégration studio comme scène
La face arrière acte la montée en gamme. Deux ports USB-C, l’un hôte et l’autre périphérique, ouvrent la porte à l’audio multicanal et au MIDI vers un ordinateur ou une tablette : le blackbox 2 devient une interface à part entière dans un set. On y trouve une entrée stéréo, trois sorties stéréo, une prise casque et un lecteur de carte microSD dont la capacité n’est plus le facteur limitant, grâce au streaming des échantillons WAV directement depuis la carte.

Ce détail technique en dit long sur la philosophie du produit : le blackbox 2 vise autant le musicien qui bâtit un live hybride, calé entre une groovebox et un ordinateur, que le sound designer qui veut trois heures d’autonomie pour capturer et transformer des sons sur le terrain.
Prix, disponibilité et positionnement
Le blackbox 2 est proposé à 649 dollars (environ 759 euros) et expédié dès maintenant après une phase de précommande ouverte au printemps. À ce tarif, il ne joue plus dans la cour des samplers d’entrée de gamme : il affronte frontalement les grooveboxes compactes les plus abouties. Sur ce terrain, on pense forcément aux machines de studio nomade comme la Yamaha SEQTRAK 2.0, avec une approche différente : ici, tout part de l’échantillon.
On notera aussi que la logique de moteur Shredder rejoint celle déployée récemment sur le grand frère Bento via son firmware 1.5 : 1010music unifie clairement son écosystème autour de la granulation et du geste tactile.
Mon avis
Je me méfie des « saison 2 » qui se contentent d’un nouvel écran et d’un logo. Ce n’est pas le cas ici. La batterie et le doublement de puissance corrigent les deux vraies frustrations du premier modèle, et le moteur granulaire donne enfin une raison musicale, pas seulement marketing, de racheter la machine. Le seul point de vigilance est le tarif : à ce niveau, le blackbox 2 doit être jugé comme un instrument principal, pas comme un gadget d’appoint. À mes oreilles, il en a désormais les épaules.