DHD MX3 : la console broadcast modulaire de troisième génération lève enfin le voile à l’IBC 2026

0

La démonstration était attendue, la voici concrète. Après avoir annoncé sans la nommer sa surface de troisième génération, DHD a officialisé la MX3 au premier jour de l’IBC 2026. Le fabricant allemand, qui fête ses trente ans et revendique plus de 10 000 installations, en fait le successeur direct de ses surfaces Series 52, sans rupture pour les studios déjà équipés.

Une console entièrement modulaire, jusqu’au réseau

Le principe de la MX3 tient en une phrase : chaque module est un équipement réseau autonome. Les éléments se relient en Ethernet standard avec alimentation PoE+, à raison d’un seul câble par colonne de console. On assemble une surface à partir de briques — typiquement un module central entouré de modules d’extension de six faders, dans un châssis livré avec ou sans ponts de bargraphes (over-bridge), avec des écrans optionnels au-dessus. Les modules s’ajoutent, s’échangent ou se réparent en cours d’exploitation, et l’affectation entre la surface et le core de traitement n’est plus figée.

La console DHD MX3 examinee sur le stand DHD a l IBC 2026
Crédit : DHD audio

Ce qui change vraiment sous le capot

Le vrai saut technique est protocolaire. Les Series 52 actuelles reposent sur le protocole maison APC (audio/alimentation/contrôle) ; la MX3 le remplace par du réseau IP standard sécurisé entre les panneaux de commande de bureau et les cores de traitement, qu’ils soient locaux ou distants. L’audio-sur-IP, lui, reste dans la lignée de la maison : compatibilité AES67, Dante, Ravenna et SMPTE ST 2110 pour encaisser de très grandes capacités de canaux. L’ergonomie suit un principe simple, « ce que vous voyez est ce que vous contrôlez » : les afficheurs répartis sur la surface indiquent en permanence la fonction des commandes voisines selon la vue sélectionnée.

Investir sans tout remplacer

C’est l’argument que DHD martèle, et il vise juste à l’heure où les effectifs des régies se réduisent : la MX3 est pleinement compatible avec les cores de traitement numériques externes qui équipent déjà les installations DHD. On peut donc faire évoluer une infrastructure existante par ajout de modules ciblés plutôt que par remplacement complet du système. DHD parle d’une réponse à ce que l’UER appelle la Dynamic Media Facility : des formats qui changent, des équipes polyvalentes, et une technologie censée suivre sans réinvestissement massif à chaque cycle. La MX3 s’adresse aux régies radio et télé, aux studios auto-opérés, aux cars-régie et véhicules SNG, aux stations d’ingest et aux salles de montage. Comme la Calrec Type RT côté format compact, elle illustre la bascule du broadcast vers des surfaces découplées de leur traitement et pilotées par le réseau.

Mon avis

Le passage de l’APC maison à un réseau IP standard est le vrai gros mot de cette annonce, et une excellente nouvelle : il décloisonne la surface du core et ouvre la porte au contrôle distant sans bricolage. L’autre force, c’est la continuité : garder les cores en place quand on change de surface, voilà qui parle à toute régie qui a amorti son parc. Le pari « modules réseau autonomes en PoE+ » simplifie le câblage autant qu’il déplace la fiabilité vers le réseau — c’est désormais lui le maillon à soigner. Pour un diffuseur qui pense son studio sur dix ans plutôt que sur un cycle d’achat, la MX3 coche les bonnes cases. Reste à voir les tarifs et les configurations réelles, encore discrets.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui distingue la MX3 des Series 52 actuelles ?

La MX3 est la troisième génération des surfaces Series 52. Principal changement : elle abandonne le protocole maison APC (audio/alimentation/contrôle) au profit d’un réseau IP standard sécurisé entre les panneaux de commande et les cores de traitement, locaux ou distants.

Faut-il remplacer les cores de traitement existants ?

Non. La MX3 est pleinement compatible avec les cores de traitement numériques externes DHD déjà déployés. L’idée est de faire évoluer une installation par ajout de modules, sans remplacer tout le système.

Comment les modules sont-ils reliés et alimentés ?

Chaque module est un équipement réseau autonome relié en Ethernet standard avec PoE+, un seul câble par colonne de console. Les modules peuvent être ajoutés, échangés ou réparés pendant l’exploitation.

Quels réseaux audio-sur-IP la MX3 prend-elle en charge ?

Elle reste compatible avec AES67, Dante, Ravenna et SMPTE ST 2110, dans la continuité des Series 52, pour gérer si besoin de très grandes capacités de canaux.

Comment se compose une console MX3 ?

À partir de briques modulaires : généralement un module central et des modules d’extension de six faders, dans un châssis avec ou sans ponts de bargraphes, avec des écrans optionnels montés au-dessus.

Partager.

À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.