DHD dévoile à l’IBC 2026 sa console broadcast de troisième génération, compatible avec les cores existants

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Dans le petit monde des consoles broadcast, DHD n’a pas le panache médiatique d’un Lawo ou d’un Calrec, mais l’allemand tient depuis trente ans une place solide dans les régies radio, les cars-régie et les studios de mise en onde. Pour l’IBC 2026, le fabricant promet ce qu’il présente comme l’une des avancées les plus radicales de son histoire : une surface de mixage audio de troisième génération. La console restera sous cloche jusqu’au premier jour du salon, mais l’angle stratégique, lui, est déjà parfaitement lisible.

Une console de production audio modulaire DHD reliée à ses cores de traitement
Crédit : DHD

Une surface neuve sur des cores déjà en place

Le message central de DHD tient en une idée : on change la surface, pas toute l’infrastructure. La nouvelle console de troisième génération est annoncée compatible avec les cores de traitement DHD existants, y compris ceux installés depuis 2020. Pour un diffuseur, cela veut dire moderniser l’interface de travail des opérateurs sans jeter le moteur audio ni refaire tout le câblage réseau. Dans un secteur où l’on raisonne en cycles d’investissement de quinze ans, sur des installations qui tournent 24 heures sur 24 et avec des budgets qui se resserrent, ce genre de continuité n’est pas un détail marketing : c’est souvent ce qui décide un achat.

DHD résume sa philosophie par une formule de son directeur général Marc Herrmann : « Conçu pour durer ne veut pas dire rester identique. Cela veut dire faire évoluer les choses de façon efficace et économique. » L’architecture reste fidèle au principe maison — des consoles modulaires reliées par le réseau à des cores de traitement, eux aussi modulaires. On ajoute des modules pour couvrir un flux de production nouveau ou élargi, on reconfigure la console pour de nouvelles tâches, et l’on échange un core pour gagner en puissance de traitement. La longévité, ici, n’est pas un argument nostalgique : c’est une méthode d’upgrade par briques.

Calée sur la Dynamic Media Facility de l’EBU

DHD positionne explicitement cette console pour accompagner l’évolution des flux de production incarnée par l’initiative Dynamic Media Facility de l’EBU. Derrière le sigle, il y a une bascule de fond du broadcast : passer d’équipements figés, dédiés à une tâche, à des ressources logicielles et réseau que l’on alloue et réalloue à la demande, dans une logique très proche de l’informatique de datacenter. Une surface qui pilote des cores échangeables et reconfigurables colle exactement à cette trajectoire — c’est le même mouvement de fond que l’on retrouve dans la virtualisation du moteur audio Calrec ImPulseV ou dans les consoles radio qui basculent au tout-IP, comme l’AEQ Forum IP Plus.

Le champ d’application visé reste large : régies de diffusion, studios radio, cars-régie et véhicules SNG, stations d’ingest, salles de montage. C’est le cœur de métier de DHD, et c’est aussi ce qui explique sa prudence : ces clients ne rachètent pas une console tous les trois ans, ils veulent une plateforme qui absorbe dix ans de changements de workflow sans repartir de zéro.

Ce qu’il reste à voir

Pour l’instant, DHD communique sur une intention et une architecture, pas sur une fiche technique : le nombre de faders, l’ergonomie réelle de la surface, la finesse des écrans et la latence de bout en bout ne seront jugés que sur le stand 8.B46, à l’ouverture de l’IBC, du 11 au 14 septembre à Amsterdam. C’est la partie qui compte vraiment pour un opérateur, celle qui se juge les mains sur les faders après huit heures de direct.

Reste que l’angle est le bon. Après des années passées en régie, j’ai vu trop d’installations condamnées par une surface que le constructeur avait cessé de suivre, alors que le moteur audio, lui, tournait encore parfaitement. Une console pensée pour être mise à jour par modules, sans sacrifier les cores, répond à un problème très concret des diffuseurs. Si l’ergonomie suit la promesse d’ouverture, DHD pourrait rappeler qu’en broadcast, la vraie innovation n’est pas toujours la plus tapageuse. Pour comprendre où s’insère une console dans la chaîne, notre guide sur la mise en onde pose les bases. Détails à venir sur le site de DHD.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.