Sony ECM-W5, le 32 bits flottant enregistré directement dans la caméra

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Présenté le 14 octobre 2026, le Sony ECM-W5 vise les équipes légères de tournage : interviews, captations d’événement, directs sur le terrain. Sur le papier, c’est un micro sans fil de plus dans une catégorie déjà encombrée par DJI, Rode ou Hollyland. Un détail le distingue pourtant nettement : il grave du 32 bits flottant non pas dans l’émetteur, mais dans la caméra elle-même.

Le 32 bits flottant, mais dans la caméra

Le 32 bits flottant a changé la prise de son de terrain. La dynamique est si large qu’il n’y a plus de gain à régler avant de tourner : un passage crié comme un murmure se récupèrent au montage sans saturation ni souffle. La plupart des systèmes récents, le Hollyland LARK M3 par exemple, enregistrent ce 32 bits flottant dans l’émetteur, sur une carte interne, à charge pour vous de resynchroniser le fichier au montage. Sony prend le problème autrement. Quand l’ECM-W5 est posé sur une caméra compatible, l’audio 32 bits flottant passe en numérique par la griffe multi-interface et s’écrit dans le même fichier que l’image. Pas de piste à recoller, pas de double système à gérer.

Les deux émetteurs ECM-W5T et le récepteur ECM-W5R du système Sony
Crédit : Sony

Deux émetteurs, un récepteur, 64 Go de secours

Le kit réunit deux émetteurs ECM-W5T et un récepteur ECM-W5R, de quoi capter jusqu’à quatre canaux dans la caméra. Chaque émetteur dispose d’une entrée micro en mini-jack 3,5 mm, pour y brancher un micro-cravate ou une autre capsule, et surtout de 64 Go de mémoire interne qui tournent en secours. Sony annonce jusqu’à 90 heures d’enregistrement en 32 bits flottant à 48 kHz, ou 60 heures en 24 bits à 96 kHz. Autrement dit, même si la liaison sans fil décroche une seconde, la prise reste gravée en local sur l’émetteur, à récupérer après coup. Pour qui a déjà perdu une interview à cause d’un micro HF capricieux, c’est le genre de filet qui rassure.

La liaison numérique par la griffe multi-interface

Tout repose sur la griffe multi-interface des boîtiers Sony. Le récepteur y puise son alimentation et sa commande de mise sous tension liée au boîtier, et surtout il y transmet l’audio en numérique. Le timecode est de la partie, pour synchroniser plusieurs caméras et enregistreurs sur un même tournage, un sujet que nous avons détaillé dans notre guide du double système son à l’image. On reste loin d’un vrai parc HF de plateau comme le Sony DWX de quatrième génération, qui joue dans une autre catégorie de prix et de robustesse, mais le principe du 32 bits flottant intégré au flux caméra est le même esprit, décliné pour des équipes réduites.

Le récepteur ECM-W5 monté sur la griffe multi-interface d'un appareil Sony
Crédit : Sony

Portée, autonomie et robustesse

Sony revendique une portée en vue directe de 500 mètres et une liaison qui tient dans les environnements radio encombrés. Les émetteurs annoncent jusqu’à 11 heures d’autonomie. Le châssis résiste à la poussière et à l’humidité, un point utile en extérieur. La connectique ne s’arrête pas à la caméra : un adaptateur USB-C fourni relie le système à un smartphone ou à un ordinateur compatibles, une liaison Bluetooth directe permet d’enregistrer sans fil sur un appareil compatible, et les casques sans fil Sony servent au monitoring, voire d’entrée micro sur certains modèles.

Le Sony ECM-W5 en tournage, un émetteur micro-cravate sur un intervenant
Crédit : Sony

Prix, disponibilité et positionnement

Le kit ECM-W5, deux émetteurs, un récepteur et un boîtier de charge, est annoncé à 399,99 dollars aux États-Unis, avec une disponibilité en novembre 2026. Le récepteur ECM-W5R seul est listé à 189,99 dollars. Le système reste pensé pour les créateurs vidéo et les petites équipes, pas pour la régie d’un grand plateau. Mais en portant le 32 bits flottant jusque dans le fichier de la caméra, Sony comble un trou que les concurrents laissaient ouvert.

Mon avis

L’argument qui compte, c’est le 32 bits flottant écrit directement dans la caméra. Les autres systèmes vous font gérer un fichier de secours et un recalage au montage, ici le son arrive déjà dans l’image, prêt à l’emploi. Pour un reportage à deux, une interview, un direct nerveux, c’est un gain de temps réel et une sécurité en plus. Le tarif reste au-dessus de certains rivaux, et la réduction de bruit se dit plutôt discrète. Mais l’automatisme du gain et le filet des 64 Go valent largement la différence pour qui tourne seul ou presque.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.