Steinberg Cubase 16 : Instrument Stacks, séparation de stems et moteur vocal Yamaha

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Steinberg vient de publier Cubase 16, la nouvelle mouture de son séquenceur phare. La maison de Hambourg tient son rythme annuel et concentre cette fois ses efforts sur l’instrument jouable, le façonnage du son et quelques automatismes qui faisaient défaut. Tour d’horizon de ce qui change vraiment pour celles et ceux qui travaillent dans Cubase au quotidien.

Instrument Stacks : empiler des instruments pour n’en jouer qu’un

La nouveauté la plus structurante s’appelle Instrument Stacks. L’idée est simple et attendue de longue date : regrouper plusieurs instruments VST, pistes d’échantillonneur (Sampler Tracks) et pistes de batterie (Drum Tracks) dans un seul objet jouable. On construit ainsi une nappe ou un patch composite — une couche de piano, un pad, une sous-basse — et on le pilote depuis un seul clavier, une seule piste, sans jongler entre les fenêtres. Pour le travail de composition et de sound design, c’est le genre de confort qui change la façon de poser les idées.

Interface de Steinberg Cubase 16 en production musicale
Crédit : Steinberg

DrumChain, Module FM et un moteur vocal signé Yamaha

Côté son, Cubase 16 arrive avec DrumChain, un processeur multi-effets pensé spécifiquement pour sculpter les sons de batterie : tout est regroupé dans une chaîne cohérente plutôt que dispersé sur une poignée de plug-ins. La bibliothèque Module FM ajoute plus de 200 presets bâtis sur le moteur FM Lab développé par l’équipe HALion, de quoi réconcilier avec la synthèse FM ceux qu’elle rebutait.

Plus inattendu, Omnivocal Basic fait son entrée : cette brique de synthèse vocale s’appuie sur le nouveau moteur Omnivocal NX de Yamaha, maison mère de Steinberg. On reste sur une version d’initiation, mais l’arrivée d’une voix de synthèse directement dans le séquenceur dit bien où va le marché.

Nouvelle fonction d'édition MIDI dans Cubase 16
Crédit : Steinberg

Édition, time-stretch et MIDI 2.0

Le travail sur l’audio et le MIDI n’est pas oublié. Le Spectral AudioWarp introduit de nouveaux algorithmes de time-stretch et de transposition à base d’analyse spectrale, eux aussi issus de l’équipe HALion ; la détection de tempo repose sur un algorithme plus fin. Dans le Key Editor, la fonction Strum introduit des décalages temporels sur un accord pour imiter un gratté, détail qui en dit long sur le soin apporté aux micro-timings. Enfin, Cubase 16 élargit sa prise en charge du MIDI 2.0, et les plug-ins compatibles gagnent une randomisation de paramètres pour explorer rapidement des variantes.

Ce qui est réservé à l’édition Pro

Comme souvent, une partie des nouveautés reste cantonnée au haut de la gamme. La séparation de stems améliorée — isoler voix, batterie, basse et le reste à partir d’un mixage — est exclusive à Cubase Pro 16. L’édition Pro double par ailleurs le nombre de départs audio par voie, qui passe à seize.

Traitement du son dans Steinberg Cubase 16
Crédit : Steinberg

Éditions et mise à jour

Cubase 16 conserve la structure habituelle en trois éditions — Pro, Artist et Elements —, les fonctions les plus avancées étant logées dans Pro. Les possesseurs d’une version récente disposent comme à chaque cycle d’une mise à jour payante vers la nouvelle mouture. Pour le tarif exact de chaque édition, mieux vaut se reporter à la page officielle de Steinberg, les grilles bougeant souvent au gré des promotions.

Dans l’écosystème des stations de travail, cette version s’inscrit dans un mouvement de fond : l’instrument composite jouable, la synthèse vocale intégrée et la séparation de sources par apprentissage deviennent des cases à cocher d’un séquenceur moderne, au même titre que la gestion MIDI. On retrouvait déjà une partie de ces logiques chez la concurrence côté DAW comme dans des outils d’aide à l’écriture tels que zplane TONIC 2.

Session de mixage sous Cubase 16
Crédit : Steinberg

Mon avis

Instrument Stacks est la fonction qu’on attendait depuis des versions : empiler des instruments pour n’en jouer qu’un, c’est gagner du temps à l’endroit où l’inspiration se perd, dans la plomberie. DrumChain et le Spectral AudioWarp sont de vrais apports pour le façonnage, pas du vernis. La synthèse vocale maison, elle, reste à surveiller : une version Basic ouvre la porte sans engager. Reste la vieille frustration de voir la séparation de stems verrouillée sur l’édition Pro. Si vous vivez déjà dans Cubase, la mise à jour se justifie ; si vous hésitez encore de séquenceur, elle ne tranchera pas le débat.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un Instrument Stack dans Cubase 16 ?

C’est un instrument composite qui regroupe plusieurs instruments VST, pistes d’échantillonneur et pistes de batterie en un seul objet jouable. Vous le déclenchez depuis un clavier et une piste uniques, sans avoir à router manuellement plusieurs instruments.

La séparation de stems est-elle disponible dans toutes les éditions ?

Non. La séparation de stems améliorée est réservée à Cubase Pro 16. Les éditions Artist et Elements n’en bénéficient pas.

Cubase 16 gère-t-il le MIDI 2.0 ?

Oui, la version étend la prise en charge du MIDI 2.0. Les plug-ins compatibles reçoivent aussi une fonction de randomisation de paramètres pour explorer des réglages rapidement.

Qu’apporte DrumChain ?

DrumChain est un processeur multi-effets dédié au façonnage des sons de batterie. Il regroupe les traitements utiles dans une seule chaîne cohérente plutôt que de les disperser sur plusieurs plug-ins distincts.

Faut-il racheter le logiciel quand on possède une version précédente ?

Non, Steinberg propose comme à chaque cycle une mise à jour payante depuis les versions récentes, moins chère que la licence complète. Le montant dépend de l’édition et de la version de départ.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.