Moog quitte pour la première fois le terrain des synthétiseurs et des pédales pour celui de la diffusion. La marque d’Asheville lance deux amplificateurs d’instrument, les Model 112 et Model 210, disponibles depuis le 27 octobre 2026 chez les revendeurs agréés. Le parti pris est clair : ne pas ajouter de caractère, mais rendre fidèlement un son déjà façonné en amont.
Des amplis à réponse plate, pas des combos colorés
Les deux modèles sont annoncés en plein spectre et réponse plate, un principe que l’industrie résume par le sigle FRFR (full-range, flat response). La logique diffère de celle d’un combo de clavier classique, qui impose sa signature. Pour un synthétiseur, un orgue virtuel ou une boîte à rythmes dont le timbre est déjà travaillé, un rendu neutre tient debout : vous entendez votre patch, pas l’enceinte. Le chemin d’amplification est entièrement analogique, et chaque amplificateur est bi-amplifié, une architecture proche de celle décrite dans notre guide des classes d’amplification en sonorisation.

Model 112 et Model 210, les différences
Le Model 112 est le format transportable : un haut-parleur de 12 pouces, un moteur de compression d’un pouce, 440 W RMS et une poignée sur le dessus. Le Model 210 vise la scène plus exigeante avec une conception 2,5 voies, deux haut-parleurs de 10 pouces dont un descend à 35 Hz, un moteur de compression d’un pouce, 550 W RMS, des poignées latérales et des roulettes amovibles. Lui seul propose le Stereo Link, qui relie deux Model 210 pour une vraie paire stéréo.
| Caractéristique | Model 112 | Model 210 |
|---|---|---|
| Puissance | 440 W RMS, bi-amplifié | 550 W RMS, bi-amplifié 2,5 voies |
| Haut-parleurs | 12 pouces + moteur 1 pouce | deux 10 pouces + moteur 1 pouce |
| Grave | 40 Hz à 20 kHz | descend à 35 Hz |
| Transport | poignée supérieure | poignées latérales, roulettes amovibles |
| Stereo Link | non | oui (deux unités) |
| Prix | 799 dollars | 999 dollars |

Un mixeur quatre voies dans l’ampli
Les deux enceintes partagent la même section de mélange : quatre entrées stéréo, un mixeur quatre canaux intégré, et un préampli micro sur la voie 1 avec entrée XLR. L’égalisation générale passe par un correcteur Baxandall trois bandes, doux et musical. Côté sorties, Moog a prévu des départs stéréo symétriques en XLR et en TRS pour alimenter la façade, plus un retour de scène dédié et une écoute au casque. Le Bluetooth 6.0 permet d’envoyer une source d’appoint sans câble. Autrement dit, un clavieriste peut faire tenir plusieurs instruments et une piste d’accompagnement dans un seul boîtier, sans console externe, un principe de tout-en-un portable déjà croisé avec le Teenage Engineering EP-35 K.O. Amp.
Leur place sur le marché
L’ampli de clavier plein spectre n’est pas un territoire neuf, mais rares sont les fabricants d’instruments électroniques à le couvrir eux-mêmes. En posant son nom sur deux boîtiers soignés, avec mixeur et sorties symétriques propres, Moog vise les clavieristes de scène et les configurations électroniques qui veulent s’entendre correctement sans déployer une petite sono. Les tarifs, 799 et 999 dollars (799,99 et 999,99 euros, 679,99 et 849,99 livres), les placent au niveau d’enceintes actives sérieuses plutôt que d’un combo d’appoint. Plus d’informations sur le site de Moog.
Mon avis
L’idée est juste. Un synthé passe par cent décisions de sound design avant d’arriver à l’ampli, et le dernier maillon n’a aucune raison de tout repeindre. Le mixeur embarqué et le préampli micro font de ces boîtiers de vrais couteaux suisses de scène pour un clavieriste seul. Le Model 210 et son Stereo Link tirent leur épingle du jeu pour qui joue vraiment en stéréo. Reste la question du poids et de l’encombrement réel sur les petites scènes, que seul un essai en salle tranchera.