Behringer Ignite, le séquenceur multipiste 64 canaux à firmware open source

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Behringer poursuit sa série d’appareils à code ouvert avec l’Ignite, un séquenceur matériel ambitieux dont les détails viennent d’être publiés. L’engin aligne 64 canaux, un écran tactile, une batterie de connectique et, fait notable, un moteur sonore interne. Tout le logiciel qui l’anime est déposé en open source, une orientation que la marque multiplie ces derniers mois.

Un séquenceur pensé en quatre niveaux

L’Ignite organise son séquençage sur 64 canaux structurés en song, scene, track et pattern. Un pattern tient jusqu’à 16 mesures de 16 pas, une scene jusqu’à 200 mesures, le tout à une résolution d’horloge de 96 PPQN. L’enregistrement se fait en temps réel, avec annulation, transposition et jusqu’à dix gammes définies par l’utilisateur. On est donc loin d’un simple step-sequencer : la hiérarchie song/scene/track permet de monter des morceaux entiers, pas seulement des boucles. Pour qui veut comprendre comment ces outils donnent vie à une séquence, notre guide sur le groove, le swing et la quantification pose les bases.

Le séquenceur Behringer Ignite vu de face avec son écran tactile et ses pads
Crédit : Behringer

De la connectique pour tout piloter

La face arrière ne lésine pas. L’Ignite propose cinq paires de prises MIDI DIN en entrée et sortie, de l’USB MIDI, un port USB hôte capable de gérer jusqu’à cinq appareils, ainsi que huit sorties CV et huit sorties gate avec calibration, de quoi piloter un système modulaire conséquent. S’ajoutent une entrée et une sortie de synchronisation et une liaison Wi-Fi. En façade, on trouve l’écran tactile, seize pads RGB dotés chacun de leur propre encodeur, huit potentiomètres assignables, une molette jog et des encodeurs dédiés aux rangées et aux mesures.

La face arrière du Behringer Ignite avec ses sorties CV, gate et MIDI
Crédit : Behringer

Un moteur sonore à bord

Particularité qui le distingue des séquenceurs purs : l’Ignite embarque un moteur sonore General MIDI. Il peut donc produire du son sans dépendre d’un instrument externe, pratique pour esquisser une idée ou pour servir de boîte à rythmes et de nappe d’appoint. Plusieurs observateurs notent que ce moteur reste basique à ce stade, et c’est précisément là que l’ouverture du code prend son sens.

Le pari de l’open source

Le dépôt public de Music Tribe contient l’application Ignite, son moteur audio, le protocole matériel et l’arbre Buildroot qui construit l’image Linux de la machine. Autrement dit, un développeur peut recompiler le firmware, ajouter des fonctions, voire écrire un autre moteur sonore. C’est la même logique que pour le SP1200X ou le séquenceur 1601 : Behringer livre le matériel et laisse la communauté pousser le logiciel plus loin. Le code est accessible sur le dépôt GitHub de Music Tribe.

Prix et disponibilité

À ce stade, Behringer n’a communiqué ni prix ferme ni date de sortie. L’Ignite a été présenté fin octobre et reste un projet en cours de finalisation, dont les spécifications pourraient encore bouger. La publication détaillée du code et des caractéristiques laisse toutefois penser que la commercialisation n’est plus très loin.

Mon avis

Un séquenceur matériel à 64 canaux avec huit sorties CV et un code entièrement ouvert, voilà qui change la donne pour qui pilote un gros setup. La structure song/scene/track vise sérieux, pas la petite boucle de table de salon. Le moteur General MIDI basique n’est pas le sujet : l’intérêt, c’est que la communauté pourra le remplacer. Reste la grande inconnue de Behringer, la date de sortie réelle, que la marque promet souvent plus vite qu’elle ne livre. Sur le papier, l’outil est très tentant.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.