Behringer s’attaque à un monument. La marque a annoncé le SP1200X, un clone de l’E-mu SP-1200, le sampleur-boîte à rythmes dessiné par Dave Rossum qui a marqué le hip-hop de la fin des années 1980. Objectif affiché : deux cents dollars et un firmware open source. L’appareil est encore en développement, mais les premières images donnent déjà le ton.
Un hommage assumé au SP-1200
Le SP1200X reprend l’organisation de l’original, avec ses huit curseurs, ses pads, son pavé numérique et son agencement général. La grande différence visible tient à l’écran, désormais plus grand et en couleur, loin de l’afficheur minimaliste d’époque. Behringer ne cache pas la filiation : il s’agit de remettre entre les mains du plus grand nombre une machine devenue rare et chère sur le marché de l’occasion.
L’E-mu SP-1200 doit sa légende à son grain. Son échantillonnage en douze bits et son moteur rythmique ont donné aux producteurs une texture reconnaissable, granuleuse, que beaucoup recherchent encore aujourd’hui. Behringer promet de retrouver cet esprit, sans détailler pour l’instant la profondeur d’échantillonnage ni le filtre analogique de sa version : prudence, donc, sur les specs sonores tant que la marque ne les a pas confirmées.

Une connectique généreuse
Le panneau arrière, lui, est déjà bien documenté. On y trouve une sortie de mix stéréo, des entrées stéréo pour l’échantillonnage, des prises phono, huit sorties individuelles, une entrée-sortie de synchronisation, du MIDI DIN cinq broches complet avec IN, OUT et THRU, des ports USB-C et l’embase d’alimentation. Les huit sorties séparées comptent pour qui veut traiter chaque son dans sa console ou son interface, une souplesse que l’original ne proposait pas aussi largement.
Le pari de l’open source est l’autre point marquant. En ouvrant le firmware, Behringer laisse la communauté prolonger la machine, ajouter des fonctions et corriger le tir, une approche déjà vue sur ses récents prototypes. Reste la question du calendrier : la disponibilité et le prix définitif ne sont pas arrêtés, la marque parlant d’une mise sur le marché « au plus vite ».
Dans la lignée des clones Behringer
Le SP1200X s’inscrit dans une série nourrie de rééditions à bas coût. Ces dernières semaines, la marque a montré la RD-765, qui fond plusieurs boîtes à rythmes Roland et un sampleur, ainsi que le Kick, un clone de MPC One lui aussi à firmware ouvert. Le SP1200X complète ce front sur le terrain du sampling classique. Pour entendre ce que le grain et le swing apportent à un groove, notre article sur le groove, le swing et la quantification éclaire le sujet, et le récent passage de Koala Sampler en plugin montre l’appétit actuel pour le sampling de poche.
Mon avis
Un SP-1200 neuf à deux cents dollars, l’idée a de quoi séduire une génération entière de beatmakers qui n’a connu la machine qu’en vidéo ou en plugin. La connectique moderne et les huit sorties séparées en font un outil de studio crédible, pas une simple curiosité nostalgique. Le vrai juge de paix sera le grain : tout l’intérêt du SP-1200 tient à sa texture, et c’est là que Behringer est attendu. Le firmware ouvert est une promesse maligne, à condition que la communauté suive. On attend surtout une date.