Le line array compact actif est devenu le format de référence pour les petites et moyennes jauges : léger, rapide à déployer, il remplace peu à peu les vieilles colonnes et les paires d’enceintes sur pied. Yorkville pousse ses pions sur ce terrain avec une nouvelle génération de sa série Paraline, composée de quatre enceintes actives conçues pour l’accroche comme pour le montage au sol.
Deux têtes, deux caissons
La gamme s’articule autour de deux modules full-range, le PSA26 (deux haut-parleurs de 6 pouces) et le PSA28 (deux de 8 pouces), complétés par deux caissons de basses, les PSA15S et PSA18S équipés respectivement d’un 15 et d’un 18 pouces. Côté puissance, Yorkville annonce 850 W crête pour le PSA26 et 1400 W crête pour le PSA28, les caissons montant jusqu’à 3000 W.
Tous les transducteurs sont à aimant néodyme, ce qui allège sensiblement des boîtes déjà pensées pour le transport. On trouve des contrôles de mise en forme tonale, un limiteur embarqué et une accroche intégrée qui évite l’accessoirisation à rallonge.

La signature Tom Danley sur un format abordable
L’argument technique tient en deux noms : la Paraline Lens et le Synergy Horn, deux technologies brevetées du concepteur Tom Danley. La première aligne les sorties pour se comporter comme une vraie source ligne ; la seconde regroupe les voies dans un pavillon commun. L’objectif affiché est de minimiser le comb filtering — ces peignes de filtrage qui naissent du couplage imparfait entre haut-parleurs voisins — tout en maximisant le rendement et la directivité.
C’est précisément ce qui distingue un line array réussi d’un simple empilement d’enceintes : la maîtrise de la couverture verticale et la cohérence de phase entre éléments. Retrouver ce type d’ingénierie sur un format compact et à un tarif contenu n’est pas anodin. Pour comprendre pourquoi une source ligne se comporte différemment d’une enceinte ponctuelle, nous y avions consacré un guide complet sur le fonctionnement d’un système à source ligne.

Pensé pour l’extérieur et la polyvalence
Les quatre modèles sont certifiés IP54, donc utilisables en extérieur sous des conditions raisonnables — un vrai plus pour les prestations en plein air et les installations semi-permanentes. Ils sont fabriqués dans l’usine Yorkville de Pickering, en Ontario. Côté tarifs, le PSA26 est annoncé autour de 1999 dollars et le PSA28 autour de 2199 dollars (prix de rue indicatifs aux États-Unis), les enceintes étant disponibles à la livraison immédiate dans le monde.
L’intérêt d’une gamme ainsi structurée, c’est la montée en charge : on part d’une ou deux boîtes par côté sur pied pour un club, puis l’on empile davantage de modules et l’on ajoute des caissons à mesure que la jauge grandit, sans changer de système ni de logique de calage. C’est ce qui distingue un vrai module de line array d’une simple enceinte active : la cohérence est pensée pour un empilement, pas pour une boîte isolée.
Yorkville n’est pas un inconnu sur le segment scénique : la marque avait déjà fait parler d’elle avec un caisson actif hors norme, que nous avions couvert lorsque le EL24S et son 24 pouces ont débarqué sur le marché live.
Notre avis
Je reste attaché aux grandes signatures de la diffusion, et j’assume ma préférence pour Meyer Sound. Mais ce qui compte sur le terrain, c’est qu’un système règle un vrai problème, pas le logo sur la grille. Le couplage et le comb filtering sont exactement ce qui plombe le rendu des petits systèmes bon marché : entendre Yorkville s’appuyer sur la géométrie Danley pour maîtriser la directivité d’un compact actif à ce prix, c’est le genre de choix d’ingénierie qui s’entend. Reste que la certification IP54 n’est pas un permis de tout faire sous la pluie, et qu’un compact ne remplacera jamais un vrai système accroché sur une grosse jauge. Pour ce qu’il vise — clubs, salles moyennes, prestations mobiles —, le pari est crédible. Comme toujours, le résultat dépendra du calage du système autant que de la boîte elle-même.
