Korg complète discrètement sa gamme Nu:Tekt avec la pièce qui lui manquait : un mixeur. Le NTS-4 est une petite table de performance analogique de six voies, dotée de deux moteurs d’effets numériques, d’une interface audio USB-C et d’une sortie MIDI, le tout en kit à monter sans fer à souder pour 219 €. Sur le papier, c’est le chaînon manquant de l’écosystème desktop de la marque ; à l’usage, c’est surtout une réponse maligne à un problème que connaissent tous ceux qui jouent en live avec plusieurs boîtes.
Le mixeur qui manquait à l’écosystème volca
Depuis des années, la scène des synthétiseurs de bureau, des grooveboxes et des volcas grossit sans qu’aucun mixeur ne soit vraiment pensé pour elle. On bricole avec des petites tables généralistes, on empile un mixeur, une interface et une pédale d’effets, on jongle avec des câbles au format hétéroclite. Le NTS-4 attaque ce point précis : six voies au total, réparties en deux entrées mono et quatre entrées stéréo, toutes en mini-jack 3,5 mm — exactement le format de sortie des volcas, des NTS-1, des Pocket Operators et de l’essentiel du matériel compact. Vous pouvez y injecter jusqu’à dix signaux dans une seule configuration.
Chaque tranche dispose de son niveau, d’un bouton mute, d’un cue pour la pré-écoute au casque et d’un départ d’effet. Détail qui compte pour les modularistes : les deux entrées mono acceptent un atténuateur commutable entre niveau ligne et niveau modulaire, ce qui vous permet de brancher directement une sortie eurorack sans saturer l’étage d’entrée. La sortie principale, elle, passe enfin par des jacks 6,35 mm — de quoi rejoindre un vrai système d’écoute ou une façade sans adaptateur bricolé.

Deux étages d’effets, hérités de la plateforme NTS-1 / NTS-3
C’est là que le NTS-4 dépasse le simple sommateur. Il embarque deux moteurs d’effets stéréo indépendants, articulés en deux logiques complémentaires. Le premier est un départ d’effet par voie (Send FX) qui propose des delays, des réverbérations et un chorus, dosables tranche par tranche. Le second est un étage master (Total FX) qui traite l’ensemble du mix : filtres, flanger, phaser, decimator, drive, distorsion, compresseur et limiteur.
Surtout, ces effets reposent sur la même plateforme programmable que celle des NTS-1 et NTS-3 Kaoss. Autrement dit, le NTS-4 n’est pas un jouet à algorithmes figés : la logithèque d’effets développée autour du kit de développement maison de Korg est, en théorie, exploitable ici aussi. Ceux qui ont déjà chargé des oscillateurs ou des effets tiers sur un NTS-1 voient tout de suite l’intérêt — l’appareil est ouvert, et sa palette sonore peut grandir bien au-delà de ce que la fiche technique annonce aujourd’hui.
| Modèle Nu:Tekt | Rôle | Cœur |
|---|---|---|
| NTS-1 | Synthétiseur | Moteur de synthèse ouvert (oscillateurs custom) |
| NTS-3 | Multi-effets Kaoss | Quatre effets simultanés pilotés au pad X/Y |
| NTS-4 | Mixeur de performance | 6 voies analo + Send FX + Total FX + interface audio |
La cohérence de la gamme saute aux yeux : un synthé, une boîte à effets gestuelle, et désormais le mixeur pour les faire dialoguer. Chacun tient dans la paume de la main et partage le même langage de connectique.
Interface audio et horloge : le NTS-4 parle aussi au DAW
Le port USB-C n’est pas là que pour l’alimentation. Il transporte de l’audio 24 bits dans les deux sens vers un ordinateur ou un appareil mobile, faisant du NTS-4 une interface audio à part entière — vous enregistrez votre setup matériel directement, sans passer par une carte son supplémentaire. S’ajoute une gestion USB-MIDI et une sortie MIDI sur mini-jack TRS, précieuse pour synchroniser vos machines externes à l’horloge de votre station de travail. L’appareil se contente de l’alimentation par le bus USB-C, ou d’une alimentation secteur au choix.

Le montage, enfin, reste dans l’esprit Nu:Tekt : pas de soudure. Le circuit imprimé arrive déjà assemblé, il suffit de l’installer dans le châssis acier. Comptez quelques minutes, un tournevis, et la satisfaction discrète d’avoir « construit » sa machine.
Mon avis
J’ai passé assez d’années en régie et en direction technique de studio pour me méfier des appareils qui prétendent tout faire. Ici, la promesse est plus honnête : le NTS-4 ne remplace pas une console, il résout une friction réelle. Le petit setup électronique de scène — deux grooveboxes, un synthé, un module — a toujours souffert de l’absence d’un point de sommation propre, au bon format, avec des effets utilisables sans ordinateur. À 219 €, avec une interface audio et une horloge MIDI en prime, Korg coche ces cases sans esbroufe. Je resterai prudent sur un point : la qualité sonore de l’étage analogique et le confort réel des mini-faders se jugeront à la main, pas sur une fiche. Mais l’ouverture des effets, héritée du NTS-1, est ce qui distingue vraiment ce mixeur d’un énième produit d’entrée de gamme — et c’est exactement le genre de conception intelligente qui mérite qu’on s’y arrête.
Dans le même esprit desktop, ce NTS-4 trouvera naturellement sa place à côté d’une groovebox comme la Teenage Engineering EP-133 K.O. II ou d’un effet de bureau tel que l’Erica Synths Razornator. Ceux qui cherchent plutôt une surface de mixage pour le studio regarderont du côté de la Softube Console 1 Compact, qui joue dans une catégorie et à un prix très différents.
Prix et disponibilité
Le Korg NTS-4 est disponible dès maintenant au tarif de 219 € (209 $ / 190 £), en kit à monter. La fiche produit officielle est consultable sur le site de Korg.