Comment brancher un retour dans une table de mixage ?

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Brancher un retour de scène est une opération simple, à condition de partir du bon endroit. La plupart des erreurs viennent du même geste : on cherche une prise libre à l’arrière de la console au lieu de se demander quel départ doit alimenter ce retour. Ce guide donne le schéma complet du branchement, du bus de mixage jusqu’au haut-parleur posé au sol, dans les deux cas de figure — enceinte amplifiée ou enceinte passive avec son amplificateur.

L’essentiel

  • Un retour part d’un bus auxiliaire réglé en pré-fader, jamais de la sortie générale ni de la sortie casque.
  • La liaison console-plateau se fait en niveau ligne symétrique, en XLR ou en jack TRS.
  • Avec une enceinte amplifiée, ce câble va directement au retour. Avec une enceinte passive, il passe d’abord par un amplificateur, puis un câble haut-parleur rejoint le retour.
  • Un câble d’enceinte passive n’est pas un câble de ligne, et l’inverse est un aller simple vers la panne.

Le schéma de branchement, du bus au haut-parleur

Tout part d’un bus auxiliaire de la console — appelé aux, mix ou monitor selon les marques. Ce bus construit un mélange indépendant de celui envoyé au public, et ce mélange sort par une prise dédiée à l’arrière de la console. C’est cette prise, et aucune autre, qui alimente le retour.

Console bus AUX 1 en pré-fader niveau ligne Sortie AUX OUT XLR ou jack TRS Cas 1 — enceinte amplifiée Retour actif ampli intégré un seul câble Cas 2 — enceinte passive Amplificateur câble HP Retour passif Le point de départ est toujours le même : un bus auxiliaire. Seule la fin de chaîne change selon le type d’enceinte.
Le schéma complet. Entre la console et l’enceinte amplifiée, un seul câble de ligne ; avec une enceinte passive, un câble de ligne jusqu’à l’amplificateur puis un câble de haut-parleur jusqu’au retour.

Trois précisions rendent ce schéma exploitable sur le terrain. Le câble entre la console et l’enceinte amplifiée est un câble micro symétrique ordinaire, en XLR mâle-femelle ; les longueurs de vingt ou trente mètres ne posent aucun problème. Le câble entre l’amplificateur et l’enceinte passive est un câble de haut-parleur, de section bien supérieure, généralement terminé en Speakon : il transporte de la puissance, pas un signal. Enfin, si vous utilisez un boîtier de scène, le retour se branche dans les voies de retour du boîtier — les embases repérées par des lettres plutôt que par des chiffres.

Multipaire de scène déroulé avec son boîtier et ses voies de retour repérées
Sur un multipaire, les voies de retour sont repérées par des lettres et vont dans le sens régie vers plateau. Crédit : Hosa

Trouver la bonne sortie sur la console

C’est l’étape où l’on se trompe. Les prises à l’arrière d’une console se ressemblent toutes, et trois d’entre elles semblent convenir alors qu’une seule est correcte.

SortieConvient ?Pourquoi
AUX OUT / MIX OUTOuiMélange indépendant, réglable par tranche, insensible au fader façade en pré-fader
MAIN OUT / L-RNonC’est le mix du public : le musicien entendrait exactement la salle, sans dosage propre
Sortie casqueNonNiveau et impédance inadaptés, et le moindre réglage de casque en régie modifie le plateau
InsertNonPoint de rupture d’une tranche unique, pas une sortie de mélange

Sur une console analogique, la sortie auxiliaire est une prise physique repérée AUX 1, AUX 2, etc. Sur une console numérique, il faut passer par le patch de sortie pour affecter le bus à une prise — une étape supplémentaire que notre guide du routage et des bus sur une console numérique détaille.

Console de mixage analogique de grand format avec ses sections de départs auxiliaires
Sur une console analogique de scène, chaque bus auxiliaire dispose de son niveau général et de sa propre prise de sortie. Crédit : Soundcraft

La séquence de branchement, dans l’ordre

L’ordre compte, essentiellement pour éviter les à-coups dans les haut-parleurs. Tout est éteint et tous les niveaux sont au minimum avant le premier câble. On relie ensuite la console au retour — directement s’il est amplifié, en passant par l’amplificateur s’il est passif. On allume dans le sens du signal : console d’abord, amplification en dernier. On monte le niveau général du bus auxiliaire à sa position nominale, puis on dose source par source depuis les départs de tranche.

À l’extinction, on procède exactement à l’inverse : l’amplification d’abord, la console en dernier. C’est le seul moyen sûr d’éviter le claquement caractéristique qui, à la longue, abîme les haut-parleurs.

L’erreur qui coûte un amplificateur

Ne branchez jamais un câble de haut-parleur sur une sortie de ligne, et jamais un câble micro entre un amplificateur et une enceinte passive. Le premier ne produira rien du tout ; le second, avec ses conducteurs fins, chauffe et peut lâcher en pleine puissance. Les connecteurs Speakon existent précisément pour rendre la confusion impossible — quand les deux extrémités sont en jack six-trente-cinq, en revanche, rien ne vous protège. Étiquetez vos câbles.

Régler le niveau sans se piéger

Une fois le câblage fait, la structure de gain se règle du général vers le particulier. Placez le niveau général du bus auxiliaire à son repère nominal — pas à fond, pas à moitié fermé. Sur une enceinte amplifiée, mettez le gain d’entrée du retour à son repère constructeur également. Puis construisez le mélange en montant les départs des sources dont le musicien a besoin, en commençant par sa propre voix ou son propre instrument.

Le réflexe à prendre dès la première minute : vérifier que le départ est bien en pré-fader. Un retour construit en post-fader fonctionne parfaitement pendant les balances puis disparaît dès que vous baissez la tranche en façade. Le mécanisme et ses conséquences sont détaillés dans notre article sur les auxiliaires d’une console de mixage.

Vu en régie

Sur un plateau qui tourne, le temps ne se perd pas au branchement mais à la recherche de quel câble va où. Une convention tenue vaut tous les schémas : les retours toujours sur les premiers bus, le même ordre de gauche à droite que sur le plateau, et un repérage physique aux deux extrémités de chaque câble. Le jour où quelqu’un d’autre reprend le montage, c’est cette discipline qui fait la différence entre dix minutes et une heure.

Une fois branché

Le câblage n’est que le début. Reste à choisir le matériel adapté — notre comparatif des retours actifs et passifs aide à trancher —, puis à construire des mélanges qui tiennent la route, ce que couvre notre guide du mixage des retours pour un groupe. Et si rien ne sort à la première mise sous tension, notre diagnostic d’un retour qui ne fonctionne pas reprend les causes une par une.

Questions fréquentes

Peut-on brancher un retour sur la sortie générale de la table ?

Techniquement oui, musicalement non. Le musicien recevrait alors le mix destiné au public, avec les mêmes proportions — donc sans sa voix mise en avant et avec des sources qu’il n’a aucun besoin d’entendre. Un bus auxiliaire existe précisément pour éviter cela.

Combien de retours peut-on brancher sur une table ?

Autant que la console a de bus auxiliaires, à condition d’avoir les sorties physiques correspondantes. Une console à quatre auxiliaires permet quatre mélanges différents — mais rien n’empêche de brancher deux wedges sur le même bus si deux musiciens partagent le même besoin.

Faut-il un câble XLR ou un jack pour brancher un retour ?

Le XLR est préférable : il est verrouillé, symétrique et robuste. Le jack TRS convient également s’il est symétrique. Évitez le jack mono asymétrique sur les longueurs importantes, il capte tout ce qui traîne comme parasites.

Le retour ne sort pas alors que tout est branché : par où commencer ?

Par l’état pré/post du départ, puis par le niveau général du bus auxiliaire, souvent laissé à zéro. Ce sont les deux causes les plus fréquentes, avant même de suspecter un câble.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.