À l’approche de l’IBC 2026 (Amsterdam, 11-14 septembre), le fabricant allemand DHD prépare ce qu’il présente comme l’une des avancées les plus radicales de ses trente ans d’histoire : une console de mixage audio de troisième génération. Le nom exact reste sous embargo jusqu’au premier jour du salon, mais l’orientation est claire — modulaire, pilotable en IP, et surtout conçue pour ne pas envoyer à la casse les investissements existants.
Une troisième génération sans rupture d’investissement
C’est le point le plus significatif pour les exploitants : la nouvelle console reste compatible avec les cœurs de traitement numérique déployés par DHD depuis 2020. Autrement dit, une radio ou une chaîne qui a installé un cœur DHD ces dernières années peut faire évoluer sa surface de mixage sans remplacer toute l’infrastructure. Dans un secteur où l’on raisonne en cycles d’investissement de quinze ans et en exploitation 24 heures sur 24, cette continuité vaut souvent plus qu’une liste de nouveautés.

La console s’inscrit dans une architecture modulaire pensée pour la production audio en réseau : capacité de traitement extensible, contrôle sur IP, intégration avec les cœurs de traitement existants. DHD relie explicitement cette démarche à la vision de la Dynamic Media Facility portée par l’EBU — l’idée d’une régie logicielle où les ressources se répartissent dynamiquement plutôt que d’être figées dans du matériel dédié.
Un matériel pour tous les points de la chaîne
Le champ d’application visé couvre l’essentiel des maillons d’une infrastructure broadcast : studios de mise en onde, régies principales, cars de reportage (OB) et camions SNG, stations d’ingest et salles de montage. C’est la logique de DHD depuis ses gammes actuelles — du compact SX2 au RX2 grand format, avec des cœurs DSP autonomes sans PC ni ventilateur — portée à une nouvelle génération de surface.
Le pari de la longévité
Le fabricant résume sa philosophie d’une formule : être conçu pour durer ne signifie pas rester identique, mais faire évoluer les choses de manière efficace et économe. C’est exactement le discours qu’attend un directeur technique de radio ou de télé : pas la promesse d’une révolution annuelle, mais l’assurance qu’un parc installé pourra être modernisé par étapes.
Mon avis
J’ai assez fréquenté les régies et les directions techniques pour savoir qu’en broadcast, la vraie valeur ne se mesure pas au nombre de fonctions d’une console, mais à sa fiabilité sur la durée et à la douleur — ou l’absence de douleur — d’une migration. Une antenne ne s’arrête pas ; on ne remplace pas un cœur de régie comme on change un plugin. En misant sur la rétrocompatibilité plutôt que sur la table rase, DHD parle à ceux qui exploitent, pas seulement à ceux qui achètent. Reste à voir la surface elle-même, réservée pour le premier jour de l’IBC.
Cette annonce s’inscrit dans un mouvement de fond du broadcast vers la régie logicielle et l’audio-sur-IP, déjà illustré par Wheatstone VMX et le stagebox Lawo Edge One. Pour les fondations techniques, voir notre guide Audio sur IP : Dante, AES67 et SMPTE ST 2110. Le programme du fabricant est sur le site de DHD.