Waves Tracks Live 2.0 : la capture multipiste et le virtual soundcheck repensés pour la scène

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Waves remet à plat l’un des outils les plus discrets mais les plus utiles de la régie moderne. Tracks Live 2.0 est une refonte de son logiciel de captation multipiste pensé pour la scène : enregistrer un concert en coulisse, rejouer la session en virtual soundcheck le lendemain, puis exporter le tout vers un DAW pour le mix. La version 2.0 monte à 128 pistes, s’ouvre à n’importe quelle interface Core Audio ou ASIO, et se synchronise en profondeur avec l’écosystème eMotion LV1. Prix annoncé : 49 $.

Capturer le show, puis le rejouer comme s’il était live

Le principe d’un enregistreur de scène est simple à énoncer, plus délicat à tenir sur la durée d’un festival : prendre proprement toutes les entrées de la console, sans clic ni décrochage, pendant des heures. Tracks Live 2.0 capture jusqu’à 128 canaux en simultané et sert ensuite de source de lecture pour un virtual soundcheck : vous renvoyez les pistes enregistrées dans la console, aux mêmes entrées, et vous calez votre mix sur un vrai concert pendant que la salle est vide. Pour un ingénieur façade qui hérite d’un plateau qu’il n’a pas répété, c’est la différence entre découvrir un groupe au premier morceau et arriver avec une balance déjà dégrossie.

La nouveauté de fond, c’est la fluidité de ce cycle capture / relecture. Les changements de scène de la LV1 se déposent automatiquement sous forme de marqueurs sur la timeline : on retrouve d’un coup d’œil l’endroit où le set a basculé, ce qui est précieux sur une soirée à plusieurs groupes ou un one-shot que l’on ne pourra pas refaire.

La synchronisation LV1 fait le gros du travail

C’est là que la version 2.0 marque le plus de points. Sur un système eMotion LV1, un simple bouton Sync importe l’ensemble du routage : canaux patchés, noms de pistes, assignations mono/stéréo et même les couleurs de tranche. Autrement dit, la préparation fastidieuse d’une session multipiste — nommer 64 pistes à la main, vérifier le patch un par un — disparaît presque entièrement. Ceux qui ont déjà monté une captation en urgence entre deux balances savent ce que représentent ces dix minutes gagnées.

Hors LV1, Tracks Live 2.0 reste utilisable avec n’importe quelle interface Core Audio ou ASIO : on branche une carte MADI, Dante ou USB multicanal et on enregistre. La synchro automatique du patch, elle, reste réservée à la maison Waves, ce qui est de bonne guerre.

Après le concert : édition légère et passage au DAW

Une fois le show capté, le logiciel ne s’arrête pas à un dossier de fichiers WAV. Il autorise des retouches simples — nettoyer un début, aligner un départ, bouncer un mix rapide — puis exporte la session comme projet de DAW pour continuer le travail en studio. Le pont entre la captation live et la production est explicite : on enregistre sur le terrain, on finit au calme. C’est un flux que beaucoup bricolaient jusqu’ici avec un Reaper monté à la va-vite ; l’avoir intégré, propre, dans l’outil de scène change le confort au quotidien.

Ce qu’il faut retenir

  • 128 pistes de capture simultanée, macOS (Apple Silicon inclus) et Windows.
  • Virtual soundcheck avec relecture vers la console et marqueurs de scènes automatiques.
  • Sync LV1 en un clic : patch, noms, mono/stéréo et couleurs importés d’un coup.
  • Compatible Core Audio / ASIO hors écosystème Waves.
  • Export projet DAW pour le mix et la post-production. Prix : 49 $.

À qui cela s’adresse-t-il ? Aux prestataires et aux ingénieurs de tournée qui veulent une captation fiable sans trimballer un second ordinateur mal configuré, et à tous ceux qui exploitent une LV1 et perdaient du temps à répliquer leur patch. Le virtual soundcheck n’est pas un gadget : c’est l’outil qui permet de préparer un mix quand on n’a pas la chance de répéter avec le groupe. Pour aller plus loin sur la captation de scène, voir aussi nos guides pour enregistrer un concert en multipiste sur X32 / M32 et sur XR18 / MR18, ainsi que nos rappels sur l’audio sur IP pour acheminer ces canaux, et sur l’organisation d’une surface avec groupes et VCA. Fiche produit sur le site de Waves.

Mon avis

À 49 $, Waves transforme une corvée de tournée en réflexe. Le virtual soundcheck n’a rien de neuf, mais l’avoir dans un logiciel qui aspire tout le patch d’une LV1 en un clic, c’est exactement le genre de détail qui fait gagner une balance. Les 128 pistes couvrent large, l’export DAW ferme proprement la boucle scène-studio, et le tarif est presque anecdotique au regard du temps sauvé un soir de festival. La contrepartie est claire : la magie de la synchro s’exprime pleinement dans l’écosystème Waves. Hors LV1, l’outil reste bon, mais il redevient un enregistreur multipiste parmi d’autres. Si vous mixez sur LV1, la question ne se pose même pas.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.