Acid Rain Technology ajoute à son catalogue eurorack le Ziggurat, un quantificateur à quatre canaux qui ne se contente pas de coller les tensions sur la bonne note. Le fabricant américain le présente comme un terrain de jeu mélodique : on y explore des relations harmoniques en combinant masques de notes, signaux d’entrée, plages et transpositions jusqu’à ce que quelque chose accroche l’oreille — puis on mémorise le tout.
Un quantificateur pensé pour l’exploration
Sur le papier, un quantificateur force une tension de commande à tomber sur les notes d’une gamme. Le Ziggurat prend le sujet par l’angle de la performance. Ses quatre canaux transforment n’importe quelle combinaison de tensions de commande et de gates en lignes mélodiques, et tout le module respire l’improvisation guidée plutôt que la simple correction de justesse. C’est un compagnon pour qui fait dialoguer plusieurs sources de tension dans un patch et cherche des idées, pas seulement de la propreté.
Quatre canaux, un masque de notes
Chaque canal s’appuie sur un clavier de douze notes qui sert de masque : on active ou désactive les notes autorisées pour dessiner la couleur harmonique voulue. Trois gestes structurent le jeu :
- Lien de canaux : maintenez plusieurs boutons de canal une seconde pour les lier et explorer des accords polyphoniques, puis déliez aussi vite.
- Slew par note : un temps de glissando réglable de 0,1 à 5 secondes s’applique à des notes précises du masque, pour des tenues et des glissés ciblés.
- Root, Offset et Range : une transposition en demi-tons après quantification change la tonalité, un décalage avant quantification déplace la matière, et la plage de sortie se règle en octaves de -4 V à +7 V, simplement en pressant les deux bornes voulues.

Chain mode : un séquenceur façon SH-101
Le mode Chain rapproche le Ziggurat d’un petit séquenceur : on saisit une suite de notes, un gate les fait défiler dans l’ordre, et une tension de 0 à 5 V permet de parcourir la séquence dans un sens comme dans l’autre. L’entrée Mod, enfin, s’assigne à un paramètre — chargement d’un instantané, slew, root, offset ou range — pour le moduler dynamiquement en cours de jeu. On est là au croisement du quantificateur, du séquenceur et du contrôleur, un terrain que connaissent bien ceux qui manient déjà le CV/Gate au quotidien.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Canaux | 4, liables pour la polyphonie |
| Mémoires | 35 emplacements (5 banques de 7) |
| Largeur / profondeur | 14 HP / 25 mm |
| Consommation | 90 mA en +12 V, 10 mA en -12 V |
| Prix indicatif | autour de 350 € |
Questions fréquentes
Le Ziggurat est-il polyphonique ?
Il gère quatre canaux indépendants que l’on peut lier à la volée en maintenant leurs boutons enfoncés une seconde. Une fois liés, les canaux se pilotent ensemble pour explorer des mouvements d’accords, puis se délient tout aussi vite.
Peut-on rappeler ses réglages ?
Oui. Le module offre 35 emplacements de mémoire répartis en 5 banques de 7, qui sauvegardent l’intégralité des réglages d’un canal : masque, plage, offsets et slew inclus. C’est central dans une logique d’exploration où l’on veut retrouver une trouvaille.
En quoi diffère-t-il d’un quantificateur classique ?
Au-delà de la mise sur gamme, il ajoute le slew par note, le lien de canaux, un mode Chain façon séquenceur SH-101 et une entrée Mod assignable à plusieurs paramètres. On passe de la correction de justesse à un véritable générateur d’idées mélodiques.
Quels sont l’encombrement et l’alimentation ?
Il occupe 14 HP pour 25 mm de profondeur et consomme 90 mA sur le rail +12 V et 10 mA sur le -12 V, sans tirer sur le +5 V. De quoi l’intégrer sans souci dans un boîtier eurorack standard.
Mon avis
Le quantificateur est le module qu’on achète en dernier et qu’on finit par utiliser tout le temps. Le Ziggurat a la bonne idée de traiter la justesse comme un point de départ, pas comme une fin : le slew par note et le mode Chain le font basculer du côté du jeu, et les 35 mémoires évitent de perdre la belle idée trouvée à 2 h du matin. À ce tarif, il vise le musicien modulaire qui veut composer dans le patch plutôt que réparer des tensions. Reste à voir comment quatre canaux tiennent la route dans un système déjà chargé, mais l’angle mélodique est convaincant.