On connaissait Ohma World pour ses micros colorés et modulaires, repérables au premier coup d’œil. La petite marque d’East Los Angeles change de registre avec l’Ohmie, son premier statique sans transformateur — et elle y glisse une idée qu’on voit rarement à ce prix : un commutateur qui modifie la tension de polarisation de la capsule.
Concrètement, l’Ohmie est un statique cardioïde à capsule à terminaison périphérique, monté dans une suspension interne pour limiter les bruits de pied de micro. L’électronique, à faible bruit et fort niveau de sortie, se passe de transformateur de sortie. Jusque-là, rien d’exotique. La nouveauté tient dans le petit interrupteur qui le fait sonner de deux façons.

48V ou 80V : deux micros dans un seul
Le sélecteur Dual Voltage change la tension appliquée à la capsule, sans rien demander de spécial au préampli : les deux modes fonctionnent à partir d’une alimentation fantôme 48V standard, une circuiterie interne se chargeant de générer les 80V quand on en a besoin.
- 48V : un rendu décrit comme naturel, doux et posé.
- 80V : plus immédiat, plus incisif et défini, avec environ 5 dB de sensibilité en plus.
Ohma insiste sur un point : il ne s’agit pas de presets pour telle ou telle source, mais de deux timbres distincts entre lesquels on choisit à l’oreille. Sur une voix, on passera volontiers en 48V pour la rondeur ; sur une guitare acoustique ou des percussions, le 80V ira chercher le détail. C’est une façon maligne d’obtenir deux couleurs sans changer de capsule ni de micro — une logique différente de celle des statiques à directivité variable, qui jouent sur le diagramme polaire plutôt que sur la polarisation.

Les chiffres qui comptent
| Caractéristique | En 48V | En 80V |
|---|---|---|
| Sensibilité (1 kHz) | 32 mV/Pa | 57 mV/Pa |
| SPL max (0,5 % THD) | 138 dB | 133 dB |
| Bruit propre | 8 dB-A | |
| Bande passante | 20 Hz – 20 kHz | |
| Sortie | sans transformateur, XLR 3 points, 90 Ω | |
Le micro reste compact (157 x 56,5 x 25 mm, 218 g) et ne tire que 8 mA sur l’alimentation fantôme. Il est livré avec sa pince antichoc ; un filtre anti-pop magnétique, qui se clipse à l’avant sans perche ni col de cygne, est proposé en option.
Où il se situe
L’Ohmie ne cherche pas à concurrencer les grands statiques d’studio sur leur terrain : c’est un micro de caractère, dont la personnalité vient du commutateur plutôt que d’accessoires interchangeables comme sur les autres modèles de la marque. Si vous hésitez encore entre dynamique, statique et ruban, notre guide des types de micros en studio pose les bases. Et parce qu’un bon statique mérite un bon étage d’entrée, la question du préampli se posera vite derrière lui. Pour les usages voix, notre comparatif des micros de voix radio et podcast complète utilement le tableau.

Prix et disponibilité
L’Ohmie est affiché à 349 $ (environ 265 £), vendu via le site de la marque et son réseau de revendeurs, avec expédition annoncée dans les semaines qui viennent. La page officielle est chez Ohma World.
Mon avis
Le commutateur de tension n’est pas un gadget : jouer sur la polarisation de la capsule, c’est toucher au cœur du rendu, pas seulement à un filtre. À 349 $, avoir deux couleurs crédibles dans un seul micro de prise, c’est un vrai argument pour un home-studio qui ne peut pas aligner trois statiques différents. Le pari d’Ohma, c’est que ces deux modes soient assez tranchés pour servir vraiment — et pas deux variations cosmétiques. Le design, lui, est une réussite, et un micro qu’on a envie de poser devant une source, ça compte plus qu’on ne l’admet.