Atomosynth réveille sa lignée Mochika avec la X7, un synthétiseur analogique semi-modulaire pensé pour le patch et la performance. Au programme : deux oscillateurs, un filtre à vactrol, un délai et un séquenceur 32 pas, en version de bureau ou en module Eurorack 48 HP.
Une lignée culte qui ressort de l’atelier
Atomosynth est un petit constructeur péruvien dont la série Mochika accompagne les amateurs de synthèse analogique depuis plus de quinze ans. La X7 en reprend l’esprit — un instrument brut que l’on façonne au patch — tout en y ajoutant les commodités que l’on attend aujourd’hui d’une machine autonome. On reste dans le registre du semi-modulaire analogique à caractère, à mi-chemin entre l’objet d’atelier et l’instrument de scène.
Deux oscillateurs, un filtre à vactrol
Le premier oscillateur (VCO) propose les formes carrée et dent de scie avec modulation de largeur d’impulsion. Le second, un DCO plus stable, ajoute les ondes triangle et sinus et élargit nettement la palette harmonique. Mais le caractère de la machine tient surtout à son filtre à vactrol : à la fois passe-bas et passe-haut, avec une fréquence de coupure et une résonance continûment variables, il apporte ce grain un peu mou et organique qui a fait la réputation des opto-filtres.
Enveloppe, LFO et délai intégré
La modulation repose sur une enveloppe ADSR et un LFO dont la forme se règle en continu entre impulsion et triangle, avec un contrôle de symétrie qui ajuste la largeur d’impulsion ou l’inclinaison de la rampe. La X7 embarque aussi un délai, modulable au CV, qui autorise aussi bien l’écho sage que les dérives franchement expérimentales lorsqu’on le patche sur lui-même.

Un séquenceur 32 pas qui fait le spectacle
C’est la grande nouveauté par rapport aux Mochika précédentes. Le séquenceur offre 32 pas et neuf modes de lecture — avant, arrière, ping-pong, aléatoire, « drunk », déclenchement au pas, « worm », « scrub » et pilotage MIDI. Chaque pas se règle finement : activation de la hauteur, gate, durée et retrigger, répétition ou saut. La machine conserve jusqu’à 100 patterns en mémoire non volatile et se synchronise à une horloge externe, à l’horloge MIDI ou au MIDI USB.
Patch 18 points, OLED et encodeurs
La baie de patch compte 18 points — neuf entrées et neuf sorties — qui exposent les oscillateurs, le filtre, le délai et la modulation. Un écran OLED très contrasté et huit encodeurs cliquables tiennent lieu d’interface : on reste dans l’immédiateté du hardware, sans sombrer dans des menus à rallonge.
Deux formats, un tarif d’attente
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Oscillateurs | VCO (carré, dent de scie, PWM) + DCO (carré, dent de scie, triangle, sinus) |
| Filtre | Vactrol passe-bas et passe-haut, coupure et résonance continues |
| Modulation | Enveloppe ADSR, LFO à forme et symétrie variables |
| Effet | Délai modulable au CV |
| Séquenceur | 32 pas, 9 modes, 100 patterns, synchro horloge/MIDI/USB |
| Interface | Écran OLED, 8 encodeurs cliquables, baie de patch 18 points |
| Formats | Bureau (boîtier imprimé en 3D, alimentation 19 V) ou module Eurorack 48 HP |
La version de bureau est annoncée à 399 $ en tarif de lancement (449 $ ensuite), le module Eurorack à 349 $ (389 $ ensuite). Atomosynth fonctionne sur liste d’attente, avec expédition depuis le Pérou en DHL Express ; aucune date de disponibilité ferme n’est encore communiquée. On peut suivre l’avancement sur le site d’Atomosynth.
Mon avis
La Mochika X7 coche exactement la case qui manquait à la gamme : un semi-modulaire analogique attachant, patchable, mais enfin autonome grâce à son séquenceur. Le filtre à vactrol et le délai modulable promettent ce grain un peu sale qu’un plug-in ne reproduit jamais tout à fait. Reste la rançon de l’artisanat : une liste d’attente, un boîtier imprimé en 3D et une expédition depuis Lima qui demanderont de la patience. Pour qui aime les machines à caractère et accepte d’attendre, le rapport prix-plaisir paraît franchement tentant.