Nouvelle marque, nouvelle approche du rythme en modulaire : Vostok Instruments fait partie de ces jeunes fabricants d’Eurorack qui misent sur l’analogique multicanal. Son module Sigma, disponible depuis septembre 2026, est un processeur de gates orienté rythme qui transforme quatre signaux d’entrée en une pluie de gates exploitables, jusqu’à vingt-trois sorties simultanées. De quoi animer une batterie modulaire, piloter des séquenceurs et déclencher des enveloppes à partir d’une poignée de déclencheurs.
Quatre entrées, vingt-trois gates en sortie
Le principe du Sigma est aussi simple à énoncer qu’il est riche à l’usage : à partir de quatre entrées de gate, le module génère jusqu’à vingt-trois signaux de gate simultanés. Chaque canal reçoit une entrée de gate, un bouton de durée doté d’une entrée CV, et propose une sortie gate ainsi qu’une sortie NOT (l’inverse logique). On tient déjà là huit sorties pour les seuls quatre canaux, avant même d’entrer dans la section logique.
Un cœur numérique, une logique analogique
Là où le Sigma se distingue, c’est dans son architecture hybride. Un cœur numérique gère les quatre processeurs de longueur de gate, pilotables en tension, pendant qu’une section logique entièrement analogique fabrique de nouveaux événements à latence minimale. Cette section combine chaque paire de gates déjà traités en longueur à l’aide de circuits booléens analogiques, et produit quinze sorties supplémentaires : AND, NAND, OR, NOR et XOR pour chaque paire de canaux. C’est cette combinatoire qui fait exploser le nombre de rythmes disponibles à partir de quelques déclencheurs.
| Caractéristique | Sigma |
|---|---|
| Type | processeur de gates rythmique |
| Entrées / sorties | 4 entrées de gate, jusqu’à 23 sorties de gate simultanées |
| Par canal | entrée gate, durée avec CV, sorties gate et NOT |
| Logique | AND, NAND, OR, NOR, XOR par paire de canaux (15 sorties) |
| Format | Eurorack 12 HP, 30 mm de profondeur, 70 mA (+12 V / -12 V) |
Ce que ça change dans un patch
Dans la pratique, le Sigma est un générateur de polyrythmies et de variations. On envoie une horloge et quelques divisions dans ses entrées, on règle les durées, puis on pioche dans les sorties logiques pour nourrir des percussions, des séquenceurs ou des enveloppes. La richesse vient des combinaisons : un même jeu d’entrées donne des motifs très différents selon qu’on exploite les sorties AND, XOR ou NOT. Pour un modulaire orienté rythme, c’est un concentré de possibilités dans un petit format. Le module est proposé en version assemblée comme en kit à monter soi-même.
Affiché autour de 255 euros, le Sigma s’adresse à ceux qui construisent leur propre boîte à rythmes modulaire plutôt qu’à ceux qui cherchent un son prêt à l’emploi. Il ne produit aucun son par lui-même : c’est un cerveau rythmique, dont tout l’intérêt se révèle une fois branché à des sources sonores. Mais pour animer un système, il ouvre un champ de jeu rare à ce prix.
Questions fréquentes
Le Sigma produit-il du son ?
Non. Le Sigma est un processeur de gates : il génère et combine des signaux de déclenchement, pas du son. Il faut le brancher à des modules de percussion, des enveloppes ou des séquenceurs pour l’entendre. C’est un cerveau rythmique, pas une source sonore.
Comment obtient-on vingt-trois sorties à partir de quatre entrées ?
Chaque canal fournit une sortie gate et une sortie NOT, soit huit sorties pour quatre canaux. La section logique analogique ajoute quinze sorties en combinant les paires de canaux via des opérateurs AND, NAND, OR, NOR et XOR, ce qui porte le total à vingt-trois.
Pourquoi une architecture mi-numérique mi-analogique ?
Le cœur numérique gère précisément la longueur des gates, pilotable en tension, tandis que la logique analogique fabrique les nouveaux événements avec une latence minimale. Cette répartition combine précision de réglage et réactivité du traitement.
Faut-il savoir souder pour l’utiliser ?
Non. Le Sigma existe en version assemblée, prête à patcher. Il est aussi proposé en kit à construire soi-même pour celles et ceux qui préfèrent le montage DIY, mais ce n’est pas une obligation.
Mon avis
Le Sigma mise sur une idée juste : la logique booléenne appliquée aux gates est une mine à polyrythmies, et la faire tourner en analogique garde la réactivité intacte. Transformer quatre entrées en vingt-trois sorties exploitables, c’est beaucoup de matière rythmique au centimètre. Il faut aimer construire ses patterns plutôt que les choisir dans un menu, et accepter qu’il ne sonne pas tout seul. Mais pour qui bâtit une rythmique modulaire, c’est le genre de cerveau discret qui finit par piloter tout le reste du système.