Behringer D Mini : le Minimoog Model D miniaturisé à 99 € arrive enfin

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Behringer a fait de la démocratisation du synthé analogique une véritable ligne de conduite, et le D Mini en est une nouvelle illustration. Après une annonce au printemps qui avait fait parler, l’instrument est enfin disponible : un condensé de Minimoog Model D vendu 99 €, à ranger dans la même famille compacte que les autres machines de poche de la marque. L’idée n’est pas de cloner à l’identique le monstre de 1970, mais d’en extraire l’essentiel et de le faire tenir dans un boîtier minuscule, avec quelques ajouts bienvenus pour l’époque.

Trois oscillateurs, un filtre en échelle

Le cœur sonore reste fidèle à l’esprit Model D : trois oscillateurs, chacun proposant cinq formes d’onde, dent de scie, triangle, sharktooth, carrée et impulsion. Contrairement au grand frère, les trois oscillateurs ne se réglent pas chacun de leur côté mais se pilotent ensemble, un choix d’ergonomie dicté par la taille de la façade. Le fameux filtre en échelle façon Moog, responsable d’une bonne part de la chaleur de ces machines, est bien là pour sculpter les basses rondes et les leads liquides que l’on attend d’un tel instrument.

Là où le Model D d’origine aligne deux enveloppes, le D Mini se contente d’une seule enveloppe ADS, un compromis logique sur un appareil de cette taille et de ce prix. En revanche, Behringer a soigné la polyvalence de jeu avec plusieurs modes de voix : paraphonique à trois voix, unisson, modulation en anneau et d’autres variations. En paraphonique, les trois oscillateurs se répartissent trois notes distinctes tout en partageant le même filtre et la même enveloppe, ce qui autorise de petits accords, une souplesse rare à ce tarif.

Synthétiseur analogique compact Behringer D Mini inspiré du Minimoog Model D
Crédit : Behringer

Un séquenceur et un clavier tactile

C’est sans doute l’ajout le plus intéressant : le D Mini intègre un séquenceur pas-à-pas avec enregistrement de mouvements. Vous pouvez donc inscrire dans un motif non seulement les notes, mais aussi les gestes sur les potentiomètres, pour des séquences qui évoluent toutes seules. Un scaler intégré aide à rester dans une gamme, pratique pour improviser sans fausses notes. À la place d’un clavier traditionnel, on trouve 27 touches capacitives, dans le même esprit que le MicroFreak d’Arturia, un compromis assumé pour gagner en compacité tout en gardant une surface jouable.

Fiche technique

CaractéristiqueDétail
TypeSynthétiseur analogique paraphonique 3 voix
Oscillateurs3 VCO, 5 formes d’onde chacun, accord commun
FiltreFiltre en échelle façon Moog
Enveloppe1 enveloppe ADS
Modes de voixParaphonique 3 voix, unisson, modulation en anneau, etc.
SéquenceurPas-à-pas avec enregistrement de mouvements, scaler intégré
Clavier27 touches capacitives
Prix99 € (environ 120 $)
Behringer D Mini vu de dessus avec ses 27 touches capacitives et son séquenceur
Crédit : Behringer

Ce que j’en pense

Je ne suis pas dogmatique sur Behringer : quand la marque conçoit bien un produit, je le dis. Et le D Mini me paraît malin. Pour 99 €, on n’attend évidemment pas la présence et la dynamique d’un Model D original ou d’un Moog actuel, mais on obtient un vrai analogique paraphonique, avec un filtre qui a du grain, un séquenceur qui donne envie de jouer et un format qui se glisse partout. C’est exactement le genre d’appareil qui met le pied à l’étrier à un débutant ou qui sert de bac à sable à un producteur confirmé, sans culpabiliser sur le budget. Le vrai risque, à ce prix, c’est la finition et la longévité des touches capacitives, deux points qu’un test en profondeur devra confirmer. Behringer continue en tout cas d’alimenter son catalogue à cadence soutenue, entre le contrôleur-séquenceur BCR32 et le clone de boîte à rythmes Mini Pops 7. Pour situer ce petit synthé dans la grande histoire des écoles de synthèse, notre article sur la synthèse East Coast et West Coast remet le Model D à sa juste place.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.