Certains produits se font attendre. Annoncé début 2021, le Behringer BCR32 vient enfin d’ouvrir ses précommandes, à 169 €. Cinq ans, donc, pour voir aboutir la réédition modernisée du BCR2000, ce boîtier à encodeurs rotatifs devenu culte dans les studios électroniques des années 2000. L’attente valait-elle le coup ? Sur le papier, la copie a été soignée.
Un mur d’encodeurs, version 2026
Le BCR32 reprend la formule qui a fait le succès de son aïeul : 32 encodeurs sans fin, à couronne de LED, répartis sur quatre rangées. Nouveauté ergonomique, la rangée supérieure a été abaissée pour rejoindre les trois autres, ce qui rend le travail en mode séquenceur plus intuitif. S’ajoutent 16 boutons librement assignables — pensés pour la hauteur, la vélocité, le mute, le shuffle — et quatre touches de sélection de piste. Les boutons plastique d’origine cèdent la place à des versions caoutchoutées, plus agréables et plus fiables dans le temps.

Un petit écran OLED, épaulé d’un encodeur de sélection et de touches de fonction, vient afficher l’essentiel. Rien de spectaculaire, mais l’ensemble respire la machine à tout faire pensée pour la main plus que pour l’œil.
Le vrai atout : le Zaquencer dans le firmware
Voilà ce qui change tout. À l’époque, le BCR2000 était devenu un séquenceur autonome grâce à un firmware tiers, le Zaquencer, qu’il fallait flasher soi-même. Behringer a cette fois intégré ce séquenceur 4 pistes directement dans la machine, en collaboration avec son développeur d’origine. On bascule entre mode contrôleur et mode séquenceur d’une simple pression de bouton, sans reflasher quoi que ce soit. Le séquenceur travaille sur 32 pas, en quatre pistes, et stocke jusqu’à 192 patterns.

Surtout, le BCR32 sort du monde purement MIDI. Quatre sorties CV/Gate, plus une entrée et une sortie de sync, en font un véritable cerveau pour un setup modulaire ou un rack de machines analogiques. C’est le pont qui manquait à l’original.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Encodeurs | 32 sans fin, à couronne de LED, sur 4 rangées |
| Boutons | 16 assignables + 4 sélection de piste, caoutchoutés |
| Séquenceur | Zaquencer 4 pistes, 32 pas, jusqu’à 192 patterns |
| USB | 2 ports USB-C |
| MIDI | DIN 5 broches : IN, OUT A, OUT B/THRU |
| CV / Sync | 4 sorties CV/Gate, sync in/out, 2 entrées footswitch |
| Prix | 169 € (précommande) |

Behringer, la stratégie de la réédition utile
La marque a bâti une partie de sa notoriété récente sur les clones et les rééditions, du synthé de poche AKS Mini à la boîte à rythmes Mini Pops 7. Le BCR32 relève d’une autre logique, plus intéressante à mon sens : il ne copie pas un instrument mythique, il remet au goût du jour un outil qui avait disparu du catalogue et dont personne n’avait vraiment pris la relève. Face à des contrôleurs à pads comme les récents Fender Motion, le BCR32 défend une autre école : celle du bouton physique, un par paramètre, pour qui pilote des synthés ou un semi-modulaire à la main.
À 169 €, un contrôleur à encodeurs sans fin robuste, doublé d’un séquenceur hardware avec CV/Gate, tient un rapport qualité-prix difficile à prendre en défaut — et c’est exactement le terrain où Behringer est le plus convaincant. Ma seule réserve tient à ces cinq années d’attente : la finition et la disponibilité réelle restent à vérifier une fois les premières unités livrées. Mais l’idée, elle, est juste. La fiche produit est en ligne.