Korg Collection 6 : une suite de synthés virtuelle brillante mais inégale

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Avec Korg Collection 6, l’éditeur japonais regroupe une vingtaine d’instruments et d’effets logiciels en un seul bundle, en ajoutant trois nouveaux poids lourds à son arsenal virtuel : une émulation du PS-3300 semi-modulaire, le TRINITY en version station de travail multitimbrale, et le logiciel de piano SGX-2. L’ensemble forme une palette sonore couvrant plusieurs décennies, pensée autant pour la production musicale que pour la composition à l’image ou le jeu vidéo.

Installation et prise en main : une suite simple à déployer

L’installation de Korg Collection 6 se déroule de manière étonnamment fluide. Il est possible de choisir précisément les instruments que l’on souhaite installer, sans être obligé de tout télécharger d’un bloc. L’activation se fait ensuite en quelques clics, ce qui permet de se concentrer rapidement sur l’exploration sonore.

Une fois les plug-ins lancés, on retrouve ce qui fait la force du design matériel de Korg : des interfaces globalement claires, conçues pour guider l’utilisateur vers un large éventail de sons sans se perdre dans des sous-menus interminables. Dans l’ensemble, l’expérience est agréable et inspirante.

Mais cette logique d’interface très « hardware » montre aussi ses limites. Certaines recréations sont parfaitement ergonomiques, tandis que d’autres, plus complexes, deviennent difficiles à apprivoiser, en particulier sur un écran de portable où chaque contrôle compte.

Les instruments qui donnent envie de composer

Pour tirer le meilleur parti de Korg Collection 6, il est utile de savoir à l’avance quels types de synthés et d’effets correspondent à son flux de travail et au style de musique visé. Parmi les plug-ins qui se distinguent immédiatement, le Polysix occupe une place de choix : son caractère sonore reconnaissable et une interface épurée facilitent la création de patches originaux sans passer son temps dans la bibliothèque de presets.

Dans un registre voisin, la recréation de l’ARP Odyssey réussit à retranscrire le charme de l’original tout en apportant un confort moderne. L’interface peut être redimensionnée, le clavier masqué, et l’on dispose d’un arpégiateur et d’une section d’effets qui ouvrent de nouvelles possibilités par rapport à la machine d’époque.

Autre point fort incontournable : la version plug-in du microKORG. Cet instrument est l’un des synthés matériels les plus vendus de l’histoire, et la déclinaison logicielle tire pleinement parti de cette popularité. L’équipe Korg a livré ici une version particulièrement accessible et ludique, qui s’impose comme l’une des recréations logicielles les plus immédiates de la Collection.

Plus largement, nombre de synthés virtuels à modélisation analogique ou à tables d’ondes de la suite prennent une nouvelle dimension au format plug-in. Des instruments historiquement moins ergonomiques, à cause de menus profonds ou d’interfaces chargées, comme le Prophecy, le TRINITY ou le KAOSS PAD, deviennent beaucoup plus confortables à utiliser sur ordinateur. Le travail de sound design y gagne en rapidité, et l’utilisateur passe moins de temps à fouiller les banques de sons, plus de temps à exploiter les « sweet spots » de chaque moteur sonore.

Pour les passionnés de la marque, l’ELECTRIBE-R fait également figure de petite pépite. Son interface est loin des outils ultra sophistiqués d’aujourd’hui, mais c’est justement ce qui la rend intéressante : elle agit comme une machine à remonter le temps qui replonge instantanément dans une esthétique de production d’il y a une vingtaine d’années. Dans le même esprit, des instruments comme le M1 ou le WAVESTATION proposent des sonorités typées, difficiles à retrouver ailleurs, idéales autant pour une quête volontaire de sonorités rétro que pour assouvir une simple envie de nostalgie.

TRINITY. 

Une suite coupée en deux : modernité vs héritage

Lorsque l’on navigue d’un instrument à l’autre, une fracture nette apparaît entre les créations les plus récentes et certains classiques historiques de la collection. Sur le plan sonore, le niveau reste très élevé, mais l’écart se ressent sur le plan visuel et ergonomique.

Les références emblématiques comme le MS20, le Mono/Poly ou le Polysix montrent leurs rides face à des recréations plus modernes comme le miniKORG 700S, le microKORG ou l’ARP Odyssey. Ces derniers bénéficient d’un design beaucoup plus contemporain, tant dans le look que dans le ressenti au quotidien.

Le problème devient flagrant avec les synthés semi-modulaires à l’interface très dense, notamment le nouveau PS-3300, l’ARP 2600 ou encore le MS20. Tous leurs paramètres sont exposés sur une seule page, ce qui, au-delà de l’exploit technique, aboutit à une expérience peu musicale. L’utilisateur se retrouve face à un mur de contrôles qui nuit à la spontanéité.

Rien n’empêcherait pourtant Korg de conserver l’authenticité sonore tout en repensant ces interfaces pour les adapter à un usage logiciel moderne, comme cela a été fait sur d’autres instruments de la Collection. Une approche plus segmentée, avec des vues mieux organisées, pourrait transformer ces synthés d’exception en outils bien plus invitants.

À l’inverse, les plug-ins moins axés sur la synthèse complexe tirent clairement leur épingle du jeu. Des instruments comme EP-1, VOX Super Continental ou le nouveau SGX-2 rendent la recherche de son et la mise en forme dynamique très immédiates. On se surprend à sculpter des timbres rapidement, sans lutter contre l’interface.

SGX-2.

Pourquoi envisager Korg Collection 6 aujourd’hui ?

Malgré son focus exclusif sur l’univers d’un seul constructeur, Korg Collection 6 couvre un spectre musical étonnamment large. En quelques clics, on peut voyager des sonorités des années 1970 et 1980 à celles des années 1990 et au-delà, à condition de savoir quels instruments cibler.

Les moteurs de synthèse, analogiques comme numériques, comptent clairement parmi les points forts de la suite. Pourtant, le terrain de jeu est très concurrentiel, entre les offres d’autres éditeurs spécialisés dans les recréations d’icônes du synthé. Face à cette concurrence, Korg doit redoubler d’efforts pour mettre pleinement en avant l’héritage musical de ses instruments au sein de sa propre Collection.

Avec quelques refontes graphiques de ses classiques les plus datés et l’intégration de références supplémentaires issues de son catalogue historique, la marque aurait largement de quoi remettre son vaisseau amiral dans l’axe. Le potentiel est là : il ne manque qu’une modernisation de certains modules pour rendre l’ensemble réellement cohérent.

Caractéristiques principales de Korg Collection 6

  • Suite de 20 instruments et effets au format AU, VST3 et AAX
  • PS-3300, ARP 2600 et MS-20 modélisés via Component Modeling Technology (CMT)
  • Bibliothèques de sons issues des matériels d’origine
  • Trois nouveaux ajouts dans cette version : PS-3300, SGX-2, TRINITY

FAQ

Quels sont les nouveaux instruments ajoutés dans Korg Collection 6 ?

Korg Collection 6 introduit trois nouveaux instruments : une version plug-in du PS-3300 semi-modulaire, le TRINITY en tant que synthé station de travail multitimbrale, et le logiciel de piano SGX-2.

Combien d’instruments et d’effets sont inclus au total ?

La suite regroupe 20 instruments et effets au format AU, VST3 et AAX, couvrant à la fois des synthés analogiques et numériques, ainsi que des claviers et pianos virtuels.

Quels sont les principaux points faibles de la Collection 6 ?

Les critiques portent principalement sur l’incohérence des interfaces. Certains synthés, notamment les semi-modulaires comme le PS-3300, l’ARP 2600 ou le MS20, affichent tous leurs paramètres sur une seule page, ce qui rend l’expérience peu fluide et peut décourager sur un écran de portable.

À qui s’adresse en priorité Korg Collection 6 ?

La Collection 6 vise à la fois les fans de la marque à la recherche de ses instruments emblématiques en version logicielle, et les producteurs ou compositeurs qui veulent accéder rapidement à des sonorités couvrant plusieurs décennies, des années 1970 aux années 1990 et au-delà.

 

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