Love Hultén Deckard’s Dream X2 : la plus belle réinterprétation moderne du Yamaha CS ?

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Dans l’univers déjà très niche des clones de Yamaha CS-80 et des synthés MPE haut de gamme, le Love Hultén Deckard’s Dream X2 ne se contente pas d’être un « bel objet ». C’est une station de jeu complète, pensée comme un instrument unique plutôt qu’un simple empilement de machines : deux Deckard’s Dream, un contrôleur MPE Expressive E Osmose, deux effets haut de vol, un oscilloscope et un châssis sur-mesure inspiré des Yamaha CS-50/CS-80.

L’objectif est clair : recréer l’expérience sensorielle d’un grand synthé analogique de légende, mais avec la précision, la fiabilité et l’expressivité des outils actuels.

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Un instrument pensé pour le jeu expressif, pas juste pour la collection

Sur le papier, le Deckard’s Dream X2 est un « simple » regroupement de trois synthés et deux effets dans un coffret sur mesure. En pratique, le choix des éléments et leur intégration montrent une intention très précise : offrir une alternative moderne et crédible à un CS-80 complet, autant sur le plan du son que du jeu.

  • Deux Black Corporation Deckard’s Dream comme moteur sonore principal, soit une double couche de clone de CS-80.
  • Un Expressive E Osmose comme clavier maître, pour profiter à fond du polyphonic aftertouch et des capacités MPE.
  • Un Meris Mercury 7 et un Soma Cosmos intégrés et re-carrossés pour coller au look Yamaha CS.
  • Un oscilloscope sur piédestal, signature visuelle de Love Hultén.

Ce n’est donc pas seulement un synthé « beautiful » pour Instagram : c’est un poste de jeu entièrement optimisé pour le sound design cinématique à la Vangelis, le jeu expressif et les grandes nappes d’analogique luxuriant.

Le cœur du système : deux Deckard’s Dream pour retrouver la démesure du CS-80

La base sonore du Deckard’s Dream X2, ce sont deux unités Deckard’s Dream de Black Corporation. Ces racks sont connus pour être parmi les interprétations les plus abouties du Yamaha CS-80 : architecture proche, filtres, envelopes, detune, et cette fameuse capacité à générer des couches épaisses et expressives. On est dans la même famille sonore que le CS-50 et le CS-80, mais avec :

  • un format rack plus fiable et entretenable que les CS vintage ;
  • des fonctionnalités modernes (MIDI, mémoires de presets, stabilité thermique) ;
  • une compatibilité naturelle avec les contrôleurs poly-aftertouch et MPE.
Black Corporation Deckard's Dream Mk2
Expressive E Omose

 

Deux unités, cela signifie :

  • bi-timbralité extrême (deux sons indépendants, stackés ou splités) ;
  • nappes plus larges, avec des micro-décalages, des détunings et des modulations croisés ;
  • un vrai terrain de jeu pour le layering à la Blade Runner : pad principal + couche de bruit ou de brass, par exemple.

En termes de marché, on est sur une alternative à la fois au CS-80 original (introuvable, instable, hors de prix) et aux recréations modernes comme le GX-1 / CS virtuel dans des plug-ins. Ici, l’approche est clairement hardware haut de gamme : présence physique, sliders, instantanéité. On sacrifie la flexibilité totale du logiciel pour retrouver le rapport direct à l’instrument.

Pourquoi l’Osmose change vraiment la donne pour ce type de synthé

Le choix de l’Expressive E Osmose comme clavier principal n’est pas décoratif. Les Deckard’s Dream prennent toute leur dimension lorsqu’ils sont pilotés en polyphonic aftertouch ou via un contrôleur MPE. Là où un CS-80 original disposait de touches sensibles à la pression et d’un ruban, l’Osmose va plus loin :

  • chaque note peut avoir sa propre dynamique, son propre aftertouch, ses propres courbes de pitch et de timbre ;
  • les mouvements verticaux et latéraux des touches permettent des vibratos et des bends ultra naturels ;
  • le jeu à une main sur un pad prend immédiatement des couleurs « expressives » impossibles avec un clavier MIDI standard.

Concrètement, cela rapproche davantage encore cette station de jeu de l’esprit du CS-80 : un instrument que l’on « joue » comme un violon ou un sax, et pas seulement comme un piano électrique. Pour un compositeur de BO, de musique ambient ou de sound design, c’est un gain qualitatif énorme sur la nuance et la vivacité du son.

Effets intégrés : une machine à nappes cinématiques clé en main

Au-delà des synthés, Love Hultén a intégré deux effets qui, à eux seuls, racontent le projet : Meris Mercury 7 et Soma Cosmos. Ils ne sont pas seulement vissés sur un pedalboard, ils sont ouverts, reconfigurés, et leurs contrôles sont replacés en façade avec des sliders et interrupteurs à bascule colorés dans l’esprit Yamaha CS.

Meris Mercury 7 reverb pedal
SOMA Cosmos

 

Meris Mercury 7 : c’est une référence directe à la BO de Blade Runner. Ce reverb est conçu dès l’origine pour les grands espaces cinématiques, les pitch-shifts atmosphériques et les queues de reverb infinies. Par rapport à une reverb « classique » type Lexicon PCM ou Valhalla en plug-in, Mercury 7 a un grain très dense et musical, parfait pour des pads CS-80/Deckard’s Dream.

Soma Cosmos : c’est le contrepoint plus expérimental. Looper « drifting memory station », il permet de créer des nappes en constante évolution, des textures quasi modulaires sans patch cables. Là où un simple looper de guitare enregistre et rejoue, le Cosmos déforme, étire, réinjecte le signal dans des nappes mouvantes – idéal pour les intros lentes, les interludes ambient et les soundscapes.

L’intégration des deux effets dans le panneau, avec des sliders assortis aux Deckard’s Dream et des basculeurs à la CS-50/CS-80, fait que ces traitements deviennent partie intégrante de l’instrument, et non des ajouts périphériques. On pense autant à la console d’un synthé modulaire qu’à un piano numérique classique.

Design inspiré des Yamaha CS : plus qu’un hommage, une ergonomie

Love Hultén est connu pour sa capacité à transformer des matériels existants en objets cohérents, presque muséaux. Ici, le Yamaha CS-50 sert de matrice esthétique : bois, lignes anguleuses, larges panneaux de contrôle, et ces fameux rocker switches colorés qui donnaient tant de personnalité aux CS de l’époque.

On retrouve également un élément récurrent de ses créations : l’oscilloscope monté sur un petit piédestal. Au-delà du clin d’œil rétro, c’est un outil pratique pour visualiser les formes d’onde, les modulations ou simplement donner un retour visuel au public en live. Dans un contexte de studio, cela ajoute aussi un côté « instrument scientifique » qui colle bien à l’imaginaire analogique.

 

Pour qui ce genre de machine fait-il réellement sens ?

Le Love Hultén Deckard’s Dream X2 est un one-off, réalisé sur mesure pour un client. Il ne s’adresse pas à tout le monde, même si l’on pouvait en commander un équivalent. En pratique, ce type d’installation a du sens si vous êtes :

  • Compositeur de musique de film ou de série : vous cherchez une « machine à atmosphères » avec un workflow direct, capable de couvrir à elle seule un registre ambient, dramatique, SF, romantique, etc.
  • Artiste live ou performance audiovisuelle : un objet visuellement fort, immédiatement identifiable, avec un son emblématique CS-80 et une expressivité digne d’un instrument acoustique.
  • Studio haut de gamme / collectionneur actif : vous n’achetez pas seulement un synthé, mais un instrument signé, unique, qui pourra devenir une pièce centrale de votre identité sonore et visuelle.

À l’inverse, si votre priorité est la polyvalence, le rappel total en DAW et un budget rationnel, un combo de plug-ins (Arturia CS-80 V, Cherry Audio GX-80, etc.) + un bon clavier poly-aftertouch vous donnera une partie du chemin pour une fraction du coût.

Budget et alternatives réalistes pour se rapprocher de ce setup

Le prix de ce Deckard’s Dream X2 n’est pas communiqué : c’est du 100 % custom, il faut contacter Love Hultén pour un devis. Mais on peut estimer l’ordre de grandeur en additionnant les éléments « stock » :

  • Black Corporation Deckard’s Dream MkII : environ 4 949,00 € pièce, soit déjà près de 10 000 €.
  • Expressive E Osmose : environ 1 769,00 €.
  • Soma Cosmos : environ 669,00 €.
  • Meris Mercury 7 : environ 349,00 €.

Rien qu’en matériel « brut », on se situe déjà largement au-dessus des 12 000 €, sans compter :

  • le meuble custom, le câblage interne et la main d’œuvre de design industriel ;
  • la modification physique des pédales et des interfaces ;
  • l’intégration de l’oscilloscope et des panneaux sur mesure.

On peut donc raisonnablement imaginer un budget global comparable à celui d’un CS-80 entretenu ou d’un piano de concert haut de gamme. En revanche, rien ne vous empêche de reproduire l’esprit du système de manière plus modulaire :

  • un seul Deckard’s Dream MkII ;
  • un Osmose ou tout autre clavier poly-aftertouch/MPE ;
  • un Mercury 7 et/ou un Cosmos restés au format pédale ;
  • un meuble de studio ou un rack bien conçu pour tout réunir.

Vous perdrez l’unicité esthétique, mais vous garderez l’essentiel : le grain du Deckard’s Dream, l’expressivité de l’Osmose, et le caractère des effets.

 

Section FAQ

Le Deckard’s Dream X2 sonne-t-il vraiment comme un Yamaha CS-80 ?

Le double Deckard’s Dream se rapproche très sérieusement du CS-80 en termes de timbre, de comportement du filtre et de richesse de modulations. Ce n’est pas un clone 1:1 — aucun ne l’est — mais on est clairement dans le haut du panier des recréations modernes. Avec deux unités et un bon contrôleur poly-aftertouch, vous obtenez une expérience sonore plus crédible qu’avec la plupart des alternatives hardware actuelles.

Ai-je besoin de l’Osmose pour profiter d’un Deckard’s Dream ?

Non, le Deckard’s Dream fonctionne avec n’importe quel clavier MIDI, mais un contrôleur comme l’Osmose ou tout autre clavier poly-aftertouch/MPE débloque réellement son potentiel. Sans aftertouch polyphonique, vous aurez le grain CS-80, mais pas toute l’expressivité note par note qui fait la magie de ce type d’instrument.

Ce type de setup a-t-il un intérêt face aux plug-ins modernes ?

Si votre priorité est le rapport fonctionnalités/prix, les plug-ins de CS-80 sont imbattables. En revanche, pour le jeu live, la sensation physique, la spontanéité du sound design et l’impact visuel, une station hardware comme ce Deckard’s Dream X2 offre une expérience impossible à reproduire intégralement dans une DAW. C’est un choix d’« instrument » plus que d’outil.

Peut-on commander un Deckard’s Dream X2 identique chez Love Hultén ?

Le modèle présenté est une pièce sur mesure pour un client précis. Pour un projet similaire, il faut contacter directement Love Hultén afin de définir un cahier des charges et obtenir un devis. Le concept est reproductible, mais chaque création est généralement unique par son design, ses finitions et parfois sa configuration exacte.

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Born in digital era, I have worked for years as Audio engineer. Now, the web is my first job. I suppose you need the best digital audio news ?

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