Entre le boom des home-studios, l’arrivée des formats immersifs et la généralisation du mixage à domicile, la question de la correction acoustique est devenue centrale en 2025. Avec l’ORIA Mini, Audient propose un boîtier de correction de pièce qui se place entre l’interface audio et les enceintes, et applique directement en interne un profil de calibration issu de Sonarworks SoundID Reference.
Annoncé fin septembre 2025 et déjà testé par plusieurs médias spécialisés, l’ORIA Mini vise clairement les home-studios et les régies de projet qui ne peuvent pas transformer leur pièce en studio traité, mais qui souhaitent disposer d’une écoute fiable pour mixer et livrer des masters cohérents sur tous les systèmes.

Cet article présente le contexte de la correction de pièce en 2025, décrit le fonctionnement de l’ORIA Mini, détaille des cas d’usage concrets pour le home-studio, le compare aux solutions concurrentes et rappelle les limites à garder en tête avant d’investir.
Pourquoi la correction de pièce n’est plus optionnelle en 2025
Pièces non traitées, basses difficiles et écart entre casque et enceintes
La majorité des home-studios fonctionnent dans des chambres, des salons ou des bureaux qui n’ont pas été conçus pour l’audio. Ces pièces présentent souvent des murs parallèles, des surfaces vitrées, des meubles volumineux et des volumes réduits. Ces caractéristiques créent des modes de pièce prononcés, des creux et bosses dans le grave, une image stéréo instable et une dureté dans certaines zones de fréquences, en particulier dans le haut médium.
Dans ces conditions, même de très bons moniteurs de proximité ne peuvent pas compenser entièrement la pièce. Beaucoup de producteurs et beatmakers se tournent alors vers une écoute au casque, qui contourne certains problèmes de pièce mais introduit d’autres biais : scène sonore peu naturelle, perception du grave particulière, fatigue auditive plus rapide et difficulté à juger la taille réelle du mix dans l’espace. La correction acoustique de monitoring a précisément pour objectif de rendre l’écoute sur enceintes plus fiable, y compris dans un home-studio non traité.
Limites des solutions purement logicielles
Depuis une dizaine d’années, des solutions comme Sonarworks SoundID Reference ou IK Multimedia ARC ont démocratisé la correction de pièce sous forme de plugin ou d’application système. Le principe est simple : l’utilisateur mesure la réponse de la pièce avec un micro de mesure, le logiciel calcule une courbe de compensation, puis cette courbe est appliquée sur le bus de monitoring ou au niveau global du système.
Ces outils ont prouvé leur efficacité, mais ils présentent plusieurs limites importantes pour le home-studio :
- Latence supplémentaire : la convolution et les filtres ajoutent un délai qui peut gêner le jeu en direct ou le chant en monitoring.
- Dépendance au logiciel : la correction disparaît si le plugin n’est pas chargé, si l’application système est désactivée ou si le driver pose problème.
- Gestion complexe des sorties : la correction s’applique parfois à toutes les sorties (DAW, navigateur, lecteur vidéo) alors que le profil a été calculé pour une paire d’enceintes précise. Il faut alors activer ou désactiver la correction en permanence selon la source.
Les boîtiers de correction hardware comme l’Audient ORIA Mini répondent précisément à ces limitations en déportant le traitement dans un DSP dédié, placé après l’interface audio et indépendamment de la configuration logicielle de l’ordinateur.

Audient ORIA Mini : comment fonctionne ce boîtier de correction hardware
Placement dans la chaîne : entre interface audio et enceintes de monitoring
L’ORIA Mini se présente comme un boîtier rectangulaire compact, alimenté par USB, qui joue à la fois le rôle de contrôleur de monitoring stéréo et de processeur de correction de pièce. Il se place en aval de l’interface audio : les sorties de l’interface sont connectées aux entrées de l’ORIA Mini, puis les sorties de l’ORIA Mini alimentent les enceintes de monitoring et, le cas échéant, un caisson de basses.
Sur le panneau arrière, l’ORIA Mini propose :
- deux entrées analogiques symétriques sur jack TRS (gauche et droite) ;
- une entrée numérique S/PDIF permettant, si l’interface le propose, d’éviter une conversion supplémentaire ;
- trois sorties analogiques TRS (gauche, droite, sub) pour une configuration 2.1.
Le boîtier fonctionne jusqu’à 96 kHz et utilise des convertisseurs 32 bits avec une plage dynamique annoncée de 127 dB. Audient met en avant une conversion neutre, pensée pour ne pas dégrader le signal tout en offrant une correction précise. Ce point est important, car le signal traverse l’ORIA Mini en conversion aller-retour.

Mesure de la pièce et profil SoundID Reference appliqué en DSP interne
L’ORIA Mini s’appuie sur SoundID Reference de Sonarworks pour la partie mesure et génération de la courbe de correction. Le bundle complet inclut un micro de mesure calibré et une licence SoundID Reference pour enceintes et casques. La procédure de calibration suit les grandes étapes suivantes :
- Branchement du micro de mesure fourni et lancement de l’assistant de calibration dans SoundID Reference.
- Réalisation de balayages de fréquences à de nombreux points autour du sweet spot, afin de mesurer la réponse de la pièce et des enceintes dans la zone d’écoute.
- Calcul par SoundID Reference d’une courbe cible et d’un profil de correction adapté à la configuration (enceintes seules ou système 2.1).
- Export du profil dans le logiciel ORIA Control, qui transfère ensuite la courbe de correction dans le DSP de l’ORIA Mini.
Une fois cette étape réalisée, la correction est appliquée directement dans le boîtier, sans nécessité de lancer le plugin ou l’application SoundID sur l’ordinateur. Plusieurs profils peuvent être stockés dans la mémoire interne, et quatre emplacements favoris sont accessibles instantanément depuis la façade grâce au bouton « Profile » et à ses voyants correspondants.



Avantages : pas de plugin, pas de configuration système globale, compatibilité large
Une fois le profil chargé, l’ORIA Mini fonctionne comme un maillon autonome de la chaîne de monitoring. La correction de pièce reste active :
- quel que soit le logiciel utilisé (station audionumérique, lecteur vidéo, navigateur, plateforme de streaming, console de jeux reliée à l’interface, etc.) ;
- sans plugin sur le master bus, ce qui simplifie les sessions de mixage et évite les erreurs d’export avec une correction oubliée ;
- sans charge supplémentaire sur le processeur de l’ordinateur et avec une latence très faible, car le traitement est réalisé dans le DSP interne.
L’ORIA Mini reste par ailleurs compatible avec la plupart des interfaces dotées de sorties ligne et avec la plupart des systèmes de monitoring 2.0 ou 2.1. Le logiciel ORIA Control permet également de réaliser une calibration manuelle grâce à des réglages d’égalisation, de délai, de niveau et de gestion du caisson de basses, pour les utilisateurs qui souhaitent travailler avec d’autres logiciels de mesure.

Cas d’usage concrets pour un home-studio
Enregistrer et mixer dans une chambre ou un salon
Dans un home-studio installé dans une chambre, un bureau ou un salon, l’espace est souvent partagé avec la vie quotidienne. Il est difficile de multiplier les bass traps et les panneaux épais sur tous les murs. Dans ce contexte, l’ORIA Mini apporte une amélioration notable :
- la réponse en fréquence au point d’écoute devient plus linéaire, ce qui facilite les décisions sur le grave, le bas-médium et la brillance ;
- l’image stéréo gagne en stabilité, ce qui aide à placer voix, instruments et effets dans le champ ;
- les mixes se rapprochent davantage de ce que l’on obtient sur d’autres systèmes (voiture, enceinte Bluetooth, écouteurs). Cela réduit les allers-retours entre différents systèmes d’écoute.
Pour un home-studio qui ne peut pas traiter la pièce de manière permanente, cette correction de monitoring hardware constitue une solution intermédiaire intéressante entre un simple plugin et une rénovation complète de l’acoustique.
Passer d’une écoute de travail à une écoute « client » à la volée
Les quatre profils favoris rappelables depuis la façade permettent d’organiser plusieurs types d’écoute sans modifier la configuration du DAW :
- un profil de référence neutre pour le mixage ;
- un profil simulant une écoute voiture ou systèmes de type « small speaker » pour vérifier la lisibilité du bas-médium ;
- un profil plus « hifi » pour se rapprocher d’une écoute grand public ;
- un profil dédié à une autre paire d’enceintes ou à des enceintes secondaires.
Cette bascule rapide entre plusieurs profils permet de vérifier la translation du mix sans multiplier les systèmes physiques. Pour un producteur ou un ingénieur qui travaille seul, cela facilite les allers-retours entre écoute analytique et écoute plus confortable de type « client ».
Emmener l’ORIA Mini en résidence ou dans une régie de projet
Grâce à son format compact et à son alimentation USB, l’ORIA Mini s’intègre facilement dans une configuration mobile. Il est possible de l’emporter pour une résidence d’écriture, une session chez un groupe ou une régie de projet, avec une interface audio et une paire de moniteurs. Une fois sur place, il suffit de réaliser une nouvelle mesure de pièce avec SoundID Reference, de charger le profil dans l’ORIA Mini et de retrouver une écoute calibrée dans un environnement différent.
Pour un ingénieur du son live qui prépare des mixes à la maison, ce type d’outil permet de fiabiliser une écoute de bureau sans engager un budget important en traitement acoustique fixe, tout en conservant ses enceintes et son interface habituelles.
Comparaison avec les solutions concurrentes
Sonarworks logiciel seul vs Audient ORIA Mini hardware
La première comparaison concerne l’usage de SoundID Reference en version purement logicielle par rapport à l’intégration dans l’ORIA Mini.
Utiliser Sonarworks SoundID Reference uniquement en logiciel présente plusieurs avantages :
- un coût d’entrée plus faible si l’on possède déjà une interface et un micro de mesure ;
- une grande souplesse pour modifier la courbe cible, ajuster le taux d’application de la correction et calibrer à la fois les enceintes et le casque.
En contrepartie, cette approche impose de gérer la latence, de surveiller la présence du plugin sur le bus de monitoring et de configurer l’application système pour éviter d’appliquer la correction à des sorties qui ne devraient pas l’être.
Avec Audient ORIA Mini + SoundID Reference, la logique est différente :
- le coût est plus élevé, car il faut compter le boîtier (environ 299 €) et éventuellement la licence SoundID Reference et le micro de mesure si l’on n’en dispose pas déjà ;
- la correction de pièce devient un traitement autonome dans la chaîne audio, sans dépendre du DAW ou du système d’exploitation ;
- le boîtier joue également le rôle de contrôleur de monitoring simple, avec gestion de sub et profils d’écoute, ce qui peut éviter l’achat d’un contrôleur dédié.
Dirac, Trinnov et autres systèmes de correction
Sur le marché des solutions de correction matérielles, plusieurs types de produits coexistent :
- Systèmes haut de gamme comme Trinnov Nova, orientés studios professionnels et broadcast, avec des options avancées mais un tarif nettement plus élevé, qui se chiffre en milliers d’euros.
- Boîtiers de correction abordables, par exemple IK Multimedia ARC Studio, qui se placent eux aussi entre l’interface et les enceintes et embarquent leur propre moteur de correction.
- Correction intégrée dans les moniteurs, proposée par certains constructeurs (Genelec, Neumann, etc.), mais réservée à des modèles spécifiques et impliquant parfois le renouvellement complet de la paire d’enceintes.
L’ORIA Mini se positionne entre ces différentes catégories : il reprend le principe du boîtier dédié comme ARC Studio, tout en bénéficiant de l’algorithme de Sonarworks SoundID Reference et d’une conversion audio de niveau professionnel, domaine dans lequel Audient est déjà implanté avec ses interfaces.
Dans quels cas l’ORIA Mini est-il le meilleur compromis ?
L’Audient ORIA Mini apparaît comme un compromis pertinent dans plusieurs situations typiques pour un home-studio ou une régie de projet :
- l’utilisateur possède déjà une interface audio satisfaisante et une paire d’enceintes de monitoring qu’il ne souhaite pas remplacer ;
- la pièce de travail présente des défauts acoustiques réels, mais reste exploitable avec un minimum de traitement et de correction ;
- la priorité est de disposer d’une correction acoustique fiable, toujours active, sans plugin sur le master bus et sans surcharge CPU ;
- un contrôleur de monitoring simple avec plusieurs profils d’écoute apporte un bénéfice concret au quotidien.

Limites et points de vigilance
Ce que la correction ne peut pas compenser dans un home-studio
Même un système de correction performant comme l’ORIA Mini ne peut pas transformer une pièce très défavorable en environnement de mixage idéal. Les algorithmes de correction agissent principalement sur la réponse en fréquence et, dans une certaine mesure, sur la phase. Ils ne peuvent pas supprimer les réflexions précoces très marquées, les échos flottants ou une réverbération trop longue.
Dans une petite pièce encombrée (lit superposé, baie vitrée proche, mobilier imposant), la correction de monitoring améliore la situation, mais elle ne remplace pas un minimum de traitement passif et de réflexion sur l’implantation du poste de travail. Dans des cas extrêmes, une écoute casque de référence reste souvent plus fiable que des enceintes fortement pénalisées par la pièce.
Importance du placement des enceintes et du traitement passif
Avant de lancer une calibration avec SoundID Reference, il reste important de :
- placer correctement les enceintes de monitoring (symétrie par rapport à la pièce, distance par rapport aux murs, orientation vers le point d’écoute) ;
- traiter les premières réflexions sur les murs latéraux et au plafond, au niveau du point d’écoute, avec des panneaux absorbants ou des solutions DIY ;
- réduire autant que possible la réverbération excessive et les résonances les plus marquées.
La correction appliquée par l’ORIA Mini sera plus naturelle et plus efficace si ces prérequis sont remplis. Un autre point de vigilance concerne le niveau de sortie de l’interface audio : l’ORIA Mini accepte un niveau d’entrée maximal d’environ +18 dBu. Si les sorties de l’interface dépassent ce niveau, il est nécessaire de réduire le niveau de sortie ou de modifier le réglage de référence pour éviter tout écrêtage au niveau du boîtier.
FAQ : Audient ORIA Mini et correction acoustique home-studio
Faut-il quand même traiter la pièce si l’on utilise l’ORIA Mini ?
Oui. L’ORIA Mini corrige principalement la réponse en fréquence et l’équilibre global du système de monitoring au point d’écoute. Il ne remplace pas le traitement passif, qui contrôle les réflexions, le temps de réverbération et les résonances les plus marquées. Quelques panneaux aux premières réflexions et un agencement réfléchi de la pièce restent indispensables pour tirer le meilleur parti de la correction acoustique hardware.
L’ORIA Mini est-il compatible avec n’importe quelle interface audio et n’importe quelles enceintes ?
L’ORIA Mini est compatible avec la plupart des interfaces audio qui disposent de sorties ligne analogiques ou d’une sortie S/PDIF, ainsi qu’avec la majorité des enceintes de monitoring équipées d’entrées ligne symétriques. Le boîtier est conçu pour des configurations 2.0 ou 2.1. Il suffit de l’insérer entre les sorties de l’interface et les entrées des enceintes pour que la correction soit appliquée.
Peut-on stocker plusieurs profils de pièce ou d’enceintes dans l’ORIA Mini ?
Oui. Il est possible de créer plusieurs profils de correction avec SoundID Reference, par exemple pour différentes paires d’enceintes, avec ou sans caisson de basses, ou avec des courbes cibles distinctes. Ces profils peuvent ensuite être importés dans l’ORIA Mini et stockés dans sa mémoire interne. Quatre profils favoris sont rappelables directement depuis la façade.
L’ORIA Mini ajoute-t-il de la latence perceptible ?
La correction est réalisée dans le DSP interne de l’ORIA Mini et ne dépend pas du processeur de l’ordinateur. Dans un contexte d’enregistrement et de mixage en home-studio, la latence ajoutée par le traitement de correction reste négligeable et n’entrave pas le jeu en direct ni le chant en monitoring. L’interface audio conserve ses performances habituelles en termes de latence globale.
Que comprennent les différentes versions de l’ORIA Mini disponibles dans le commerce ?
Audient et Sonarworks proposent plusieurs configurations autour de l’ORIA Mini :
- une version hardware seule, centrée sur le boîtier de correction, pour les utilisateurs qui possèdent déjà une licence SoundID Reference et un micro de mesure ;
- un bundle « Add-on » qui associe l’ORIA Mini à SoundID Reference pour les utilisateurs déjà équipés en partie ;
- un bundle complet comprenant l’ORIA Mini, la licence SoundID Reference pour enceintes et casques, ainsi qu’un micro de mesure calibré.
Le choix dépendra du matériel déjà présent dans le home-studio : si l’utilisateur dispose déjà de SoundID Reference, la version boîtier seul ou l’Add-on seront les plus adaptés ; dans le cas contraire, le bundle complet offre une solution clé en main pour calibrer ses enceintes de monitoring.
