Avec le TH2, Écoute pousse encore plus loin une idée qui avait fait trembler le petit monde des casques audiophiles en 2023 : intégrer un véritable préampli à tubes et une amplification dual-mono directement dans un casque. Le TH1 avait prouvé que c’était possible. Le TH2 promet, lui, d’en gommer les limites pour se rapprocher encore davantage d’une écoute de chaîne hi‑fi de salon, mais en version nomade.

À qui s’adresse vraiment le casque Écoute TH2 ?
Le TH2 vise trois publics que les casques Bluetooth « grand public » ne satisfont pas complètement :
- Audiophiles nomades qui utilisent déjà des DAC/amps portables (FiiO, iFi, Chord, etc.) et veulent retrouver une écoute très analogique, chaleureuse, sans trimballer un stack complet de matériel.
- Professionnels du son (ingés son, réalisateurs artistiques, musiciens exigeants) qui veulent un outil de contrôle « musical » plutôt que chirurgical pour l’écoute critique, la pré-prod ou le travail d’arrangement, en parallèle de casques de référence neutres comme le HD 600 ou le DT 1990.
- Amateurs de hi‑fi à tubes qui sont habitués à un ampli casque à lampes sédentaire (Feliks, Woo Audio, Cayin…) et refusent d’écouter sur un simple casque à réduction de bruit quand ils quittent leur salon.
Le positionnement du TH2 est donc très différent d’un Sony WH‑1000XM5 ou d’un Bose QuietComfort Ultra : là où ces références misent sur le confort, l’ANC et les fonctions connectées, Écoute mise sur la qualité de la chaîne analogique interne, avec un gain stage assuré par des triodes réelles et lumineuses.
Ce que change vraiment l’amplification à tubes intégrée
Écoute garde la même philosophie que sur le TH1 : un préampli à tubes embarqué qui assure le gain de tension, suivi d’une amplification dual-mono. Concrètement :
- Les triodes assurent la partie du circuit où le signal est le plus facilement dégradé : le gain. C’est là que microdynamique, structure harmonique et image stéréo peuvent être préservées… ou écrasées.
- Le dual-mono (un chemin d’amplification distinct par oreille) limite la diaphonie et vise une meilleure séparation gauche/droite que sur beaucoup de casques alimentés par un unique module stéréo.
Sur le marché, ce choix est quasiment unique. Certains casques haut de gamme se contentent d’un traitement DSP poussé (Sennheiser Momentum, Apple AirPods Max) ou d’algorithmes de spatialisation, mais restent sur une amplification à transistors classique. Le TH2, lui, reprend l’approche « chaîne hi‑fi » : un vrai chemin de signal analogique avec tubes pour la signature sonore, puis amplification.
En pratique, par rapport à une écoute sur ampli casque neutre à transistors, on peut s’attendre à :
- une microdynamique plus expressive (les petits écarts de niveau mieux mis en relief) ;
- une harmonique plus riche et une perception de chaleur, typique des étages à tubes bien conçus ;
- une scène sonore plus « large » ou plus aérée, là où certains casques à DSP donnent une scène plus frontale.
Les vraies nouveautés du TH2 face au TH1
Sur le papier, Écoute insiste : « c’est la même architecture, juste affinée pour une expérience encore plus musicale et réaliste ». Autrement dit, pas de révolution de concept, mais une série d’améliorations ciblées sur les points qui limitaient le TH1.
Signature sonore : plus de grave, plus d’air, plus de résolution
L’une des critiques classiques adressées aux premiers casques à vocation audiophile « nomades » (y compris certains modèles à tubes ou hybrides) concerne le contrôle du grave et l’extension dans les hautes fréquences. Écoute annonce sur le TH2 :
- un grave plus profond, ce qui le rapproche davantage d’over-ear sédentaires comme certains Audeze ou Focal pour les musiques électroniques, le hip‑hop ou les bandes originales très chargées en sub-bass ;
- un aigu plus étendu, donc plus de détails dans les cymbales, les réverbérations et les ambiances de salle ;
- une résolution accrue sur tout le spectre, signe probable d’une meilleure gestion des distorsions et d’un contrôle plus fin des transducteurs.
On reste dans le domaine des déclarations constructeur, mais ces axes d’amélioration sont cohérents avec une seconde génération : le TH1 avait déjà posé les bases techniques, le TH2 vise à resserrer la marge de performance vis-à-vis des références hi‑fi sédentaires.

Châssis, confort et durabilité : un vrai point clé pour l’usage quotidien
Un casque à tubes est, par nature, plus complexe qu’un simple modèle Bluetooth : composants supplémentaires, dissipation thermique à gérer, poids. Pour être crédible au quotidien, le TH2 devait progresser sur l’ergonomie. Écoute annonce :
- un châssis et un arceau repensés pour une meilleure répartition du poids, donc moins de points de pression sur le sommet du crâne lors de longues sessions ;
- une durabilité renforcée, ce qui est crucial pour un produit bourré d’électronique analogique sensible ;
- une conception modulaire permettant de remplacer facilement les coussinets et les habillages d’arceau.
Ce dernier point est loin d’être anecdotique : sur un casque hi‑fi classique, les pads sont consommables. Sur un casque intégrant des tubes, la durée de vie visée est plus longue, car le cœur du produit est plus coûteux à remplacer. La modularité rejoint donc une logique éco-responsable et économique : garder le cœur électronique, changer les éléments d’usure.

Réduction de bruit, transparence et isolation : un casque hi‑fi… qui sait aussi voyager
Là où le TH2 se rapproche davantage des standards des casques nomades modernes, c’est sur la gestion du bruit ambiant. Écoute annonce :
- un bruit de fond réduit en mode ANC (réduction de bruit active), ce qui signifie moins de souffle et de coloration quand la réduction est enclenchée ;
- un mode transparence plus naturel, destiné à laisser passer les sons extérieurs sans les rendre artificiels ou agressifs ;
- une isolation passive améliorée, grâce au design des oreillettes et des coussinets.
On peut difficilement attendre du TH2 qu’il rivalise avec les meilleurs casques ANC purement orientés grand public, mais ces améliorations en font un compagnon de transport beaucoup plus crédible que ne l’était un TH1 perçu surtout comme un concept audiophile.
Personnalisation sonore : un EQ de précision plutôt qu’un simple « mode bass boost »
Écoute ne se contente pas de définir une unique signature sonore : le TH2 intègre un égaliseur 8 bandes, avec ± 12 dB par bande. C’est un niveau de contrôle inhabituel sur un casque à tubes, plus proche de ce que proposent certains DAC/amps audiophiles ou applications logicielles dédiées (Equalizer APO, Roon, etc.).
Pour l’utilisateur, cela permet :
- d’adapter le casque à son type de musique (par exemple, calmer un haut-médium un peu en avant pour des écoutes longues, ou pousser légèrement les sub-basses pour de l’électro) ;
- de corriger la courbe cible pour se rapprocher d’une réponse plus neutre en vue de l’utilisation semi-professionnelle (pré-mixage, montage son) ;
- de compenser d’éventuelles particularités d’audition (légère perte d’aigu, sensibilité aux sifflantes).
TH2 vs TH1 : que gagne-t-on en pratique ?
Le TH1, financé sur Kickstarter et ayant dépassé les 200 000 dollars, avait démontré qu’un casque à tubes portable intéressait réellement la communauté audiophile. Mais il restait un produit de première génération, avec tout ce que cela implique parfois en termes de finition, de confort et de réglages.
Le TH2 se positionne clairement comme une itération de maturité :
- même architecture analogique (préampli à tubes + dual-mono) ;
- mais voicing sonore retravaillé (grave, aigu, résolution) ;
- confort et robustesse renforcés pour un usage quotidien plus réaliste ;
- gestion du bruit et de la transparence améliorée, ce qui en fait un casque plus polyvalent ;
- personnalisation sonore bien plus poussée avec 8 bandes d’EQ.
Pour les possesseurs de TH1, la question n’est donc pas tant « le TH2 est-il différent ? », mais « répond-il aux limitations que j’ai rencontrées sur le premier modèle ? ». Sur la base des éléments communiqués, la réponse semble aller vers un oui pragmatique : même philosophie sonore, mais mieux maîtrisée et plus exploitable hors du salon.
Quel intérêt pour un studio ou un pro de l’audio ?
Un casque à tubes comme le TH2 ne remplacera pas un casque de référence neutre type HD 650, DT 770/990 ou un modèle de monitoring fermé de studio. En revanche, il peut remplir plusieurs rôles intéressants :
- Outil de validation musicale : écouter des mix ou des masters sur un système volontairement musical, proche d’une chaîne hi‑fi de qualité, pour vérifier la « désirabilité » du son pour un auditeur final exigeant.
- Casque de composition / arrangement : la mise en avant de la microdynamique et des informations spatiales peut aider à sculpter des arrangements plus vivants, en particulier en musique acoustique, jazz ou bande originale.
- Casque de plaisir contrôlé : alterner entre un monitoring froidement neutre et un TH2 plus flatteur peut éviter la fatigue décisionnelle tout en gardant un repère cohérent, surtout si l’on exploite l’EQ 8 bandes pour se rapprocher d’une courbe cible connue.
Enfin, pour les créateurs de contenu, musiciens en home studio ou ingénieurs qui voyagent beaucoup, le TH2 offre un compromis rare : un écosystème hi‑fi à tubes transportable sans avoir à emporter ampli, alimentation et casque séparés.
Un projet qui reste porté par la communauté
Comme le TH1, le TH2 s’inscrit dans une logique de financement participatif. Le premier modèle avait récolté plus de 200 000 dollars, ce qui, pour un produit audio de niche, témoigne d’un intérêt réel au-delà de la simple curiosité technologique.
Avec cette deuxième génération, Écoute semble vouloir passer de la preuve de concept au produit de référence pour les amateurs de casques à tubes. Reste à voir, à l’écoute, si les promesses de scène plus large, de grave plus profond et de confort amélioré se confirment et si le TH2 parvient à concurrencer, non pas tant les casques Bluetooth grand public, mais plutôt les couples casque + ampli à tubes séparé qui règnent aujourd’hui sur la haute-fidélité domestique.
Le constructeur résume lui-même l’ambition : permettre aux auditeurs de « quitter la salle d’écoute sans quitter le son qu’ils aiment ». C’est précisément sur cette promesse qu’il faudra juger le TH2.
FAQ : bien comprendre le casque Écoute TH2 avant de l’acheter
Le TH2 peut-il remplacer un ampli casque à tubes de salon et un bon casque hi‑fi séparé ?
Pour beaucoup d’usages, oui. Le TH2 embarque un véritable préampli à tubes et une amplification dual-mono, ce qui en fait un système complet. En revanche, un combo ampli + casque hi‑fi sédentaire haut de gamme gardera l’avantage en pure capacité de scène sonore et de puissance, notamment pour des casques très difficiles à driver. Le TH2 est pensé comme une alternative hautement qualitative et portable, pas comme un remplaçant universel de tous les systèmes de salon.
La présence de tubes rend-elle le TH2 fragile au quotidien ?
Les tubes restent des composants sensibles, mais la conception du TH2 est annoncée comme plus robuste que celle du TH1, avec un châssis renforcé et une meilleure gestion de la durabilité. Le casque n’est pas à traiter comme un simple modèle grand public à 200 € : il faudra éviter les chocs violents et les températures extrêmes, mais il est pensé pour un usage nomade raisonné, pas seulement pour rester sur un support dans un salon.
Le TH2 est-il adapté au mixage ou au mastering professionnel ?
Ce n’est pas son rôle premier. Le TH2 privilégie une écoute musicale et analogique, ce qui est idéal pour la composition, l’arrangement, la vérification « plaisir » d’un mix ou d’un master. Pour le travail de décision technique (équilibres précis, phase, correction chirurgicale), mieux vaut un casque de monitoring neutre. En complément, le TH2 est extrêmement pertinent pour juger comment un projet sonnera sur un système hi‑fi haut de gamme orienté plaisir.
Quelle différence concrète avec un casque Bluetooth à réduction de bruit classique ?
Les casques Bluetooth grand public misent sur la réduction de bruit, le confort et les fonctions connectées avec une amplification et un traitement du signal largement numériques. Le TH2 se distingue par un chemin de signal analogique à base de vrais tubes en gain de tension et d’une amplification dual-mono, visant une texture sonore plus proche d’une chaîne hi‑fi à lampes. Il offre aussi un EQ 8 bandes ± 12 dB bien plus fin que les profils sonores prédéfinis de la plupart des casques ANC. En contrepartie, il est plus pointu, plus exigeant et vise clairement un public audiophile ou professionnel.