À qui s’adresse vraiment la Behringer Ring Stinger ?
La Behringer Ring Stinger n’est pas une simple distorsion ni un overdrive « tout public ». C’est un clone assumé de la Lovetone Ring Stinger originale, ce gros boîtier rose des années 90 devenu culte chez les fans de sons expérimentaux, de rock bruitiste, de musique électronique ou de sound design. Si vous cherchez une pédale pour booster un solo blues, passez votre chemin. Si en revanche vous voulez faire hurler une guitare, faire parler un synthé ou pulvériser une boîte à rythmes, elle mérite clairement votre attention.
Positionnée à 98 € / £84 / 98,00 €, la Ring Stinger se place dans une zone de prix habituellement occupée par des fuzz et ring mods beaucoup plus simples, sans LFO complexe, sans VCO intégré ni autant de contrôles. C’est précisément ce qui la rend intéressante : un accès bon marché à une architecture de pédale qui, sur le marché de l’occasion en version Lovetone originale, atteint aujourd’hui des tarifs stratosphériques.
Ce que fait vraiment la Ring Stinger sur un pedalboard moderne
Sur un pedalboard de guitariste ou de bassiste, la Ring Stinger joue un rôle très différent d’une fuzz classique :
- Ring mod agressif et métallique : elle génère des textures froides, robotiques, parfois complètement atonales, idéales pour des plans industriels, noise, post-rock ou soundtracks.
- Fuzz octaver : l’octave footswitchable permet des textures épaisses et synthétiques proches de certains octavers analogiques extrêmes, mais avec une granulosité typique des circuits Lovetone.
- Effets rythmiques : grâce au LFO et au VCO intégrés, on peut transformer un simple accord en motif pulsé, trémolo hystérique ou balayage de hauteur quasi synthé.
Concrètement, elle remplit le même type de rôle « destructeur créatif » qu’une combinaison de pédales de fuzz + ring mod + trémolo modulé, mais dans un seul boîtier, avec une logique de contrôle pensée dès l’origine pour explorer le chaos plutôt que pour le dompter.
Architecture sonore : ce qu’apporte le clone Behringer par rapport aux autres pédales du marché
- Ring modulator : cœur de la pédale, il multiplie votre signal avec un oscillateur interne ou une source externe, créant ces fameuses sonorités métalliques et inharmoniques.
- Fuzz / Drive : un circuit de drive permet de générer des harmoniques supplémentaires avant traitement, ce qui densifie fortement le résultat avec des sons proches d’un synthé monophonique saturé.
- Octave footswitchable : un effet d’octave (typiquement une octave inférieure granuleuse et sale) activable au pied, pour basculer instantanément entre textures plus fines et murs de son écrasés.
- LFO interne : modulable via les contrôles Rate, Depth et Waveform, il permet de faire varier les paramètres de manière cyclique – d’un léger tremblement à un bégaiement audio complet.
- VCO intégré : un oscillateur contrôlable, qui permet d’obtenir des modulations de hauteur et de timbre très extrêmes, bien au-delà d’une simple ring mod « utilitaire ».
Sur le marché actuel, la plupart des ring modulators de pédalboard offrent au mieux un mix, un contrôle de fréquence et parfois un LFO simple. Ici, on se rapproche davantage d’un petit module de synthé modulaire enfermé dans une pédale de sol, avec un vrai travail possible sur les interactions LFO / VCO / fuzz.
Contrôles : comment exploiter la Ring Stinger dans un contexte pro
La force de cette pédale est d’offrir des contrôles permettant un usage réellement sculpté, y compris en studio :
- Rate, Depth, Waveform : ces trois contrôles pilotent le LFO. Le Rate gère la vitesse, le Depth l’intensité de la modulation, et Waveform donne accès à différentes courbes (douces ou abruptes) qui changent radicalement la perception rythmique.
- Timbre : ce réglage façonne le contenu spectral, permettant de passer de textures plus brillantes et métalliques à des sons plus sombres et bourdonnants. C’est un paramètre clé pour éviter que le ring mod ne devienne inutilisable dans un mix.
- Drive : la section de drive génère des harmoniques avant le traitement, ce qui rend la pédale très réactive à la dynamique de jeu. En studio, on peut ainsi doser l’agressivité en fonction du niveau d’entrée, comme avec un préampli colorant.
- Blend : le contrôle de mix wet/dry est essentiel pour un usage musical. Il permet d’ajouter « juste ce qu’il faut » de chaos au signal d’origine, très utile pour les producteurs et ingés son qui veulent texturer une prise sans la rendre méconnaissable.
Ajoutez à cela une fonction octave au pied, et vous obtenez une pédale qui peut, en live comme en studio, passer d’un traitement subtil à un carnage intégral en une seule pression.
Expression, VCO externe et intégration en studio ou live électronique
La Ring Stinger ne se limite pas au monde de la guitare. Elle devient particulièrement intéressante dès qu’on la branche dans un set hybride guitare / synthé / boîtes à rythmes :
- Entrées pour pédales d’expression sur la profondeur du LFO et la fréquence du VCO : cela permet de « jouer » la pédale comme un instrument, en contrôlant en temps réel l’intensité de la modulation et la hauteur de l’oscillateur. Parfait pour des sweeps dramatiques ou des montées noise en live.
- Entrée de porteuse externe : vous pouvez envoyer un signal externe comme carrier (par exemple un synthé, une piste de bruit ou une séquence) pour moduler votre instrument. C’est une fonction rare sur une pédale à ce prix, et c’est ce qui la rapproche le plus de techniques de studio plus sophistiquées (AM/RM complexes, cross-modulation entre sources).
Sur un setup orienté musique électronique ou post-production, la Ring Stinger peut ainsi servir de processeur d’effets radical pour :
- déformer des voix ou des dialogues;
- traiter des stems de batteries pour des textures glitch / industrielles;
- ajouter une couche « analogique folle » sur des synthés déjà programmés dans le DAW.
Construction, format et ergonomie sur scène
Behringer a repris le format de sa récente clone Meatball : un boîtier métal lourd, dense, avec un layout très proche de l’original Lovetone. Ceux qui ont déjà manipulé la Meatball savent qu’on est loin de la petite pédale compacte : c’est du format « unité centrale » pour pedalboard, ce qui a deux conséquences :
- Solide et stable : le poids et le châssis métal inspirent confiance pour une utilisation intensive sur scène.
- Encombrant : il faudra lui réserver un vrai espace sur le board. Pour un guitariste minimaliste, ce ne sera pas le choix le plus logique. Pour un bruitiste ou un bidouilleur qui construit son pedalboard autour de quelques machines de caractère, ça se défend totalement.
La pédale intègre un true bypass, ce qui garantit le respect du signal lorsqu’elle est désactivée, un point important pour les musiciens exigeants qui jonglent entre sons ultra-propres et textures détruites.
Design, identité sonore et comparaison avec la Lovetone originale
Visuellement, la Ring Stinger assume l’héritage Lovetone : rose vif, graphisme rétro, typographie chargée. Sur un pedalboard, elle est impossible à rater – ce qui est cohérent avec son rôle : on sait exactement où se trouve « la boîte à chaos ».
Sur le plan sonore, l’objectif de Behringer est clair : proposer l’ADN du « 90s boutique madness » à un tarif accessible. Là où la Lovetone d’origine est devenue un objet de collection difficilement trouvable, la Ring Stinger version Behringer vise les musiciens qui veulent le comportement global et l’approche sonore de cette pédale culte sans y consacrer un budget de collectionneur.
Il faut néanmoins garder en tête :
- On reste sur une pédale complexe, volontairement déroutante : on n’en fait pas le tour en cinq minutes.
- C’est une machine à expérimentation plus qu’un outil « plug and play » : idéale pour ceux qui aiment passer du temps à trouver des sweet spots, moins adaptée à ceux qui veulent un son utilisable immédiatement sur chaque preset.
Pour comprendre jusqu’où elle peut aller, la meilleure approche reste d’écouter des démonstrations détaillées et de se renseigner sur la Lovetone Ring Stinger originale, tant les possibilités dépassent ce qu’une simple fiche technique laisse entrevoir.
Positionnement prix et disponibilité : un accès low-cost à un mythe
La Behringer Ring Stinger est annoncée à 98,00 €, un tarif très agressif pour une pédale combinant ring mod, fuzz, octave, LFO complet, VCO et entrées d’expression. À l’époque Lovetone, ce type de pédale était clairement positionné comme un produit boutique haut de gamme. Aujourd’hui, Behringer la place dans une gamme de prix équivalente à une fuzz milieu de gamme ou une simple modulation.
Elle est actuellement disponible en précommande, avec un délai de quelques mois annoncé. Pour les musiciens qui rêvent depuis longtemps d’un clone de Lovetone sans exploser leur budget, il peut être pertinent de se positionner rapidement, surtout si la demande suit la même courbe que pour la Meatball.
FAQ : bien choisir et utiliser la Behringer Ring Stinger
La Ring Stinger est-elle adaptée à une utilisation « standard » en rock ou pop ?
Pas vraiment. Elle peut servir ponctuellement pour colorer un passage ou une intro, mais son terrain de jeu naturel reste l’expérimental, le noise, l’indus, le post-rock ou le sound design. Pour un usage rock/pop classique, une fuzz ou overdrive plus conventionnelle sera beaucoup plus simple à intégrer dans le mix.
Est-ce qu’elle convient uniquement à la guitare ?
Non. Elle fonctionne très bien avec des synthés, boîtes à rythmes, basses, violons électriques et même des pistes déjà enregistrées si vous l’insérez dans une boucle d’effet d’un préampli ou d’une interface. Les entrées d’expression et la possibilité d’utiliser un carrier externe en font un outil intéressant pour les producteurs et sound designers.
La pédale est-elle difficile à prendre en main ?
Oui, c’est une pédale exigeante. Entre le ring mod, le fuzz, l’octave, le LFO, le VCO et les contrôles d’expression, il y a beaucoup d’interactions. Il faut accepter une phase d’apprentissage et d’expérimentation. En contrepartie, elle offre un spectre sonore beaucoup plus large que la majorité des pédales à ce prix.
À ce tarif, vaut-elle le coup par rapport à d’autres ring modulators ?
Si vous cherchez un ring mod simple et discret, d’autres modèles plus minimalistes feront l’affaire. Si vous voulez une machine créative complète (ring mod + fuzz + octave + modulations avancées) inspirée d’une pédale boutique culte, alors à moins de 100 €, la Ring Stinger est difficile à concurrencer. Le rapport fonctionnalités / prix est clairement en sa faveur.

