United Studio Technologies débarque avec le UT Tube67, un micro à lampe qui assume clairement son héritage : celui du mythique Neumann U67. Mais au-delà du clin d’œil vintage, ce modèle cherche surtout à proposer un véritable « micro de travail » polyvalent, exploitable aussi bien sur des voix modernes façon C‑800G que dans un registre studio plus classique.
Pour quels usages le United UT Tube67 est-il vraiment pertinent ?
Historiquement, le U67 a été conçu comme successeur du U47, avec une capsule K 67 et une lampe EF86, notamment pour mieux gérer l’effet de proximité en prise de son rapprochée. Le UT Tube67 s’inscrit dans cette continuité : c’est un large membrane à lampe pensé pour rester maîtrisé en close-miking, là où beaucoup de clones « U47/U67 like » deviennent vite baveux dans le bas.
Concrètement, le UT Tube67 se positionne comme un candidat sérieux pour :
- Voix lead en studio : prise très proche sans grave hors contrôle grâce aux filtres acoustiques intégrés inspirés du U67.
- Ensembles et chœurs : directivité variable (cardioïde, figure‑8, omni) pour adapter la largeur du champ capté.
- Prises instrumentales polyvalentes : guitares acoustiques, amplis guitare, bois, cordes, cuivres, batterie, piano… avec la possibilité de passer d’un son « classique » à un profil plus brillant via le AIR MOD.
Sur le marché, il vient clairement se frotter aux interprétations modernes du U67 (Warm Audio WA‑67, Lauten, Telefunken, etc.) mais avec une particularité : la volonté affichée de proposer, dans un seul micro, à la fois un caractère « U67 » et une option plus proche de la signature très en avant d’un C‑800G pour la voix pop/rap contemporaine.
Un micro à lampe pensé comme un « cheval de bataille » studio
Le cahier des charges du UT Tube67 est de devenir votre large membrane principal, pas seulement un « micro couleur » qu’on ne sort que pour la ballade jazzy annuelle. United Studio Technologies a donc travaillé chaque brique du circuit en se calant sur les composants clés du U67 d’origine.
On retrouve ainsi :
- Une capsule double diaphragme custom en mylar, or pulvérisé, dans l’esprit de la K 67.
- Un transformateur UT-BV12, élément déterminant du grain et de la gestion du bas-médium.
- Un blindage de type Faraday pour limiter les interférences RF, point crucial dans les home studios remplis de Wi-Fi, smartphones et alimentations à découpage.
Le résultat visé : un micro à lampe capable de délivrer une image chaude et détaillée, mais suffisamment propre et silencieuse pour tenir la comparaison avec les standards modernes d’enregistrement, y compris en production « in the box » très compressée.
Mode AIR MOD : du U67 au profil C‑800G sur un simple switch
L’élément différenciant du UT Tube67, par rapport à beaucoup de micros « inspirés U67 », c’est son switch AIR MOD. Quand il est activé, le micro se rapproche davantage d’un profil à la C‑800G, très prisé sur les voix Pop, Hip-Hop et RnB :
- Aigus mis en avant, pour percer dans un mix dense sans forcer avec l’EQ.
- Definition accrue sur l’articulation, le « air » et les consonnes.
- Un rendu plus « moderne studio vocal », là où le mode normal reste fidèle à un équilibre plus typé U67, plus doux sur le haut du spectre.
En pratique, cela permet à un ingénieur du son ou à un producteur de couvrir, avec le même micro, deux gros standards d’esthétique vocale :
- Le son classique studio (ballades, jazz, chanson, folk, voix rock maîtrisée, voix off exigeante).
- Le son très brillant et présent apprécié sur les productions Pop/RnB actuelles, souvent référencées au C‑800G.
Ce double visage en fait un outil particulièrement intéressant pour les studios à budget serré qui ne peuvent pas multiplier les grandes références vintage, mais veulent malgré tout offrir plusieurs couleurs convaincantes à leurs clients.
Polyvalence de prise de son : directivités, pad et filtre
Le UT Tube67 reste fidèle au cahier des charges d’un micro studio haut de gamme :
- Trois directivités sélectionnables directement sur le corps du micro : cardioïde, figure‑8, omnidirectionnelle.
- Filtre passe‑haut 80 Hz pour nettoyer les rumbles, bruits de pas, climatisation, etc.
- Pad -10 dB pour gérer les sources très fortes (ampli guitare poussé, cuivres, overhead batterie proches, etc.).
Ces fonctions ne sont pas là pour le marketing : ce sont des outils concrets pour élargir le champ d’utilisation du UT Tube67. Par exemple :
- En omni dans une pièce qui sonne bien, sur un piano ou un ensemble de cordes.
- En figure‑8 pour une prise de deux chanteurs en face‑à‑face ou un duo guitare/voix en Mid/Side avec un autre cardioïde.
- En cardioïde + filtre 80 Hz sur une voix très proche, pour réduire les vibrations du pied de micro sans toucher (ou peu) à l’EQ en mix.
Construction, alimentation et accessoires
Le UT Tube67 est livré avec :
- Une alimentation externe dédiée (PSU), connectée au micro via un câble XLR 7 broches.
- Une suspension (shockmount) pour l’utilisation en studio, indispensable pour tirer pleinement parti du faible bruit du micro et éviter les vibrations mécaniques.

La présence d’un blindage de type Faraday dans la conception n’est pas un détail : les micros à lampe sont sensibles aux perturbations RF, et les environnements de home studio modernes sont souvent plus pollués que les studios broadcast d’hier. C’est un point concret à prendre en compte si vous travaillez près d’ordinateurs, routeurs, écrans et consoles numériques.
Positionnement prix : un « modern classic » accessible ?
Le UT Tube67 est annoncé à 1 379,00 € et est disponible sur demande chez les revendeurs. À ce niveau de tarif, on n’est plus sur l’entrée de gamme, mais très loin aussi du prix d’un U67 vintage ou d’un C‑800G original.
Dans cette fourchette, le micro se place dans le segment des larges membranes à lampe « de travail » pour studios sérieux, écoles, home studios pros et petits studios commerciaux qui veulent :
- Un micro à la fois référence polyvalente et marqueur de caractère.
- Une alternative crédible aux grandes icônes historiques, sans basculer dans le fétichisme de collectionneur.
- Un outil capable de couvrir du jazz au rap moderne en changeant simplement un switch.
Pour un ingénieur du son ou un producteur travaillant avec des voix variées, ce mix de polyvalence et de caractère ciblé en fait une proposition particulièrement intéressante à ce prix.
FAQ : le United UT Tube67 en questions clés
Le UT Tube67 peut-il vraiment remplacer un U67 dans un studio pro ?
Il ne remplace pas un U67 vintage en termes de valeur de collection ou de prestige de marque, mais son objectif est de s’en approcher en usage réel : gestion de l’effet de proximité, équilibre tonal chaud et détaillé, et polyvalence sur voix/instruments. Pour un studio qui a besoin d’un « cheval de bataille » crédible sans investir dans un original, il peut jouer ce rôle sans complexe.
Est-ce un bon choix pour voix rap, pop ou RnB actuelles ?
Oui, c’est même un des points forts du modèle. Grâce au switch AIR MOD, le UT Tube67 adopte un profil plus proche d’un C‑800G, avec des aigus plus présents et un « air » plus marqué. Pour des voix très produites, compressées et mises en avant dans le mix, ce mode est clairement pensé pour les esthétiques modernes.
Faut-il une pièce traitée acoustiquement pour en profiter ?
Idéalement, oui. Comme tout large diaphragme à lampe de ce niveau, le UT Tube67 est très sensible à l’acoustique de la pièce. En home studio non traité, on pourra limiter les dégâts en cardioïde, avec filtre 80 Hz et en travaillant la distance, mais il donnera tout son potentiel dans une pièce correctement traitée, surtout en omni ou figure‑8.
Par rapport à un micro à transistor, le tube est-il vraiment un avantage ?
Le tube n’est pas « meilleur » en soi, mais il apporte une façon de gérer la saturation subtile, le bas‑médium et la dynamique qui reste très prisée sur les voix et les sources riches en harmoniques. Le UT Tube67 vise précisément ce rendu chaleureux et musical, tout en restant suffisamment propre pour ne pas imposer un « voile » constant comme certains micros à lampe d’entrée de gamme.