VAEMI Synterra : le synthétiseur génératif qui transforme plantes, lumière et toucher en musique

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On croyait avoir tout vu du côté des instruments génératifs, entre modules Eurorack et applications qui laissent tourner des séquences sans fin. Le VAEMI Synterra ajoute une pièce inattendue au tableau : un petit synthétiseur autonome, en forme de brique colorée, qui va chercher sa matière première dans le monde vivant et physique qui l’entoure. Plante, fruit, champignon, morceau de bois, surface conductrice, lumière ambiante ou peau : tout ce dont les propriétés électriques évoluent dans le temps devient une source de modulation.

Derrière ce concept se cache une idée simple mais élégante. Le Synterra mesure en continu les variations de champ magnétique et électrique captées via des pinces crocodile, un capteur de lumière intégré et une zone tactile en surface. Ces données, par nature imprévisibles et lentes, sont ensuite mises en forme par des structures de probabilité et un quantizer, puis rejouées dans une gamme choisie. Le résultat n’est jamais tout à fait le même d’un instant à l’autre, mais il reste musical.

VAEMI Synterra relié à des plantes via des pinces crocodile pour la synthèse générative
Crédit : VAEMI

Neuf moteurs de synthèse dans une brique

Le Synterra ne se contente pas de générer des notes : il embarque neuf moteurs de synthèse distincts, couvrant un éventail volontairement large. On y trouve de la synthèse soustractive, un moteur à table d’ondes, un résonateur, du Karplus-Strong pour les timbres à corde pincée, un moteur de percussions et un générateur de bruit. De quoi passer d’une nappe évolutive à une ligne rythmique granuleuse sans changer d’instrument.

La partie générative repose sur huit gammes sélectionnables, une organisation des notes en sample and hold et jusqu’à cinq voix de polyphonie sur cinq octaves. En clair, on ne pilote pas chaque note à la main : on cadre le système (gamme, sensibilité, quantité de modulation) et on le laisse composer à l’intérieur de ces limites. C’est toute la philosophie de l’instrument génératif, ici rendue tangible et directement liée au monde réel.

Ce qu’il faut retenir

CaractéristiqueVAEMI Synterra
TypeSynthétiseur génératif bio-interactif autonome
Moteurs9 (soustractif, table d’ondes, résonateur, Karplus-Strong, percussions, bruit…)
CaptationChamp magnétique/électrique via pinces crocodile, capteur de lumière, surface tactile
Séquence8 gammes, probabilité, quantizer, sample and hold
PolyphonieJusqu’à 5 voix, 5 octaves
ConnectiqueMIDI in/out, USB (alimentation et liaison ordinateur/tablette)
AlimentationBatterie ou USB
Prix / dispoenviron 86 EUR HT en précommande (au lieu de ~103 EUR), livraisons en septembre 2026

Instrument autonome ou source de modulation

Là où le Synterra devient réellement intéressant en studio, c’est dans sa double nature. En mode génératif, il vit sa vie et produit des séquences que l’on capte en audio ou que l’on envoie en MIDI vers un autre synthé. Mais son entrée MIDI permet aussi de lui imposer une gamme et une structure harmonique depuis un clavier, et de le jouer comme un instrument classique. Autrement dit, on peut soit le laisser improviser à partir d’un ficus, soit le brider et s’en servir comme d’un moteur sonore un peu particulier.

Détail des commandes et de la surface tactile du VAEMI Synterra
Crédit : VAEMI

Côté intégration, l’essentiel est là : MIDI in/out pour dialoguer avec le reste du setup, USB pour l’alimentation et la liaison à un ordinateur ou une tablette, et une alimentation par batterie qui en fait un compagnon d’exploration sonore hors du studio. Trois potentiomètres seulement gouvernent le niveau de sortie, la quantité de modulation et la sensibilité : la promesse est celle d’un objet immédiat, pas d’un labyrinthe de menus.

Gadget ou vrai outil ?

Soyons honnêtes : un synthé piloté par une banane, ça sent le clin d’oeil autant que l’instrument sérieux. J’ai vu passer assez de curiosités électroniques pour me méfier des concepts qui font un bon buzz et un mauvais quotidien. Mais il y a ici une vraie cohérence : transformer un signal lent, organique et imprévisible en source de modulation, c’est exactement ce que les patcheurs de modulaire recherchent avec leurs générateurs aléatoires et leurs suiveurs d’enveloppe. Le Synterra fait juste entrer le vivant dans la boucle, pour un prix dérisoire. À ce tarif, la question n’est pas de savoir s’il remplacera votre synthé principal, mais s’il vous ouvrira des textures que vous n’auriez pas trouvées autrement. Pour de la musique ambiante, de l’installation ou du sound design, le pari me paraît tenir.

Le Synterra est proposé en précommande sur le site du fabricant, avec des premières livraisons annoncées pour septembre 2026. Dans la même veine exploratoire, on peut le rapprocher du semi-modulaire Pittsburgh Modular Lifeforms SV-2, du synthé génératif Dawesome Abyss II ou de la groovebox portable Teenage Engineering EP-40 Riddim.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.