À rebours des synthés qui multiplient les menus, le RND fait le pari inverse : un seul bouton, et chaque pression invente un morceau. Né d’une collaboration entre le fabricant Cyma Forma et l’artiste français Bambounou, cet instrument compact tient dans une main et propose un marché simple à son utilisateur — échanger le contrôle contre l’inspiration.
Un bouton, plus de quatre milliards de possibilités
Le principe est radical. À chaque appui sur l’unique bouton, le RND tire au sort l’intégralité de ses paramètres : sons, réglages de synthèse et données de séquence changent d’un coup, pour une idée musicale entièrement neuve. Un patch peut contenir jusqu’à quatre instruments simultanés, chacun avec sa propre séquence sur quatre pistes. Cyma Forma annonce plus de quatre milliards de combinaisons possibles : autant dire qu’on n’entendra jamais deux fois la même chose par hasard.

Huit moteurs de synthèse sous le capot
Derrière cette apparente simplicité se cache une vraie boîte à sons : huit moteurs de synthèse — soustractive, FM, acid, bruit, voix (speech), Karplus-Strong, supersaw et additive — couvrent un spectre large, du grain analogique à la corde pincée modélisée. On y ajoute vingt gammes, cinq types de filtre et des modes MIDI et de synchronisation. Côté sorties, le RND transmet quatre pistes audio en USB-C, dispose d’une sortie stéréo sur mini-jack, d’une entrée/sortie MIDI en USB-C et d’une synchronisation analogique. Chaque piste d’instrument peut même sortir séparément en USB pour l’enregistrement ou un traitement individuel.
Ce que ça change concrètement
Le RND n’est pas une machine de précision, c’est une machine à idées — un déclencheur de départ quand la page blanche menace, ou un partenaire de jeu qui vous emmène là où vous ne seriez pas allé. À 125 € hors taxes, le ticket d’entrée est volontairement bas pour un objet aussi singulier. Il rejoint la famille des instruments pensés pour la spontanéité, comme la groovebox Teenage Engineering EP-40 Riddim, et son moteur supersaw fait écho au Super*Saw de Native Instruments. La fiche est sur le site de Cyma Forma.
Mon avis
L’idée est aussi culottée que réjouissante : confier la création au hasard et ne garder qu’un geste, appuyer. Le risque d’un tel concept, c’est de lasser une fois l’effet de surprise passé ; les huit moteurs et la sortie multipiste en USB sauvent la mise, parce qu’ils permettent de capturer une pépite et de la retravailler sérieusement en DAW. À 125 €, le RND se prend moins comme un instrument central que comme un starter de séances, un objet qu’on dégaine quand l’inspiration manque. Pour qui aime se laisser surprendre, c’est une invitation difficile à refuser — et la caution de Bambounou n’est pas qu’un argument marketing.
Questions fréquentes
Comment fonctionne le bouton unique ?
Chaque pression randomise tous les paramètres de l’instrument — sons, réglages de synthèse et séquences — pour générer une idée musicale complète et inédite. C’est le cœur du concept : on déclenche la surprise plutôt que de régler chaque paramètre.
Quels moteurs de synthèse propose-t-il ?
Huit : soustractive, FM, acid, bruit, voix, Karplus-Strong, supersaw et additive. S’y ajoutent vingt gammes et cinq types de filtre, de quoi couvrir un large éventail de timbres.
Peut-on enregistrer les pistes séparément ?
Oui. Le RND transmet quatre pistes audio en USB-C et chaque piste d’instrument peut sortir indépendamment, pour l’enregistrement multipiste ou un traitement individuel en DAW.
Est-ce un instrument autonome ?
Il dispose d’une sortie stéréo sur mini-jack, d’une synchronisation analogique et du MIDI, ce qui lui permet de jouer seul ou dans un setup. L’USB-C ouvre en plus la voie à l’enregistrement multipiste sur ordinateur.