Avec le SDS-3, Behringer remet en circulation un morceau d’histoire de la batterie électronique : le célèbre drum synth Simmons SDS-3 de 1978, recréé sous la forme d’un drum synth analogique moderne, au format Eurorack et proposé autour de 249 $, pour un prix public d’environ 250 € à un peu moins de 300 € chez les revendeurs européens. Le module vise clairement les beatmakers, les batteurs hybrides et les utilisateurs de systèmes modulaires qui recherchent des sons de drums 80’s sans passer par des banques de samples.
Ce clone du Simmons SDS-3 adopte une approche très directe : quatre voix de synthèse de batterie analogique, un canal d’effets, une façade remplie de potentiomètres et de faders, sans écran ni menus, et une connectique qui facilite l’intégration autant en home studio qu’en live ou dans un module Eurorack batterie.

De Simmons à Behringer : petite histoire du SDS-3
Le SDS-3 original, précurseur du SDS-V et des kits Simmons 80’s
Le SDS-3 original est apparu en 1978 comme l’un des premiers synthétiseurs de batterie analogique signés Simmons. Il s’agissait d’un module de bureau à quatre canaux, utilisé avec des pads Premier, qui a servi de base aux développements suivants de la marque et notamment au SDS-V, premier kit complet de batterie électronique Simmons avec les fameux fûts hexagonaux. Le SDS-3 se situe donc au tout début de la lignée des drums Simmons qui marqueront les années 80.
L’architecture de ce premier SDS-3 posait déjà les bases de ce qui fera la réputation de la marque : des sons de toms et de percussions très typés, construits à partir d’oscillateurs analogiques, de générateurs de bruit et d’enveloppes de pitch, capables de produire les glissandos caractéristiques des drums électroniques de l’époque.
Pourquoi le SDS-3 était resté un « graal » difficile à trouver
Le SDS-3 n’a jamais été produit à grande échelle, et son format d’origine, purement desktop, s’accorde mal avec les configurations actuelles centrées sur les racks, le modulaire et les set-ups compacts. À cela s’ajoute l’âge du circuit, la rareté des exemplaires en bon état et la nécessité de maintenance pour un usage intensif, ce qui en faisait davantage un objet de collection qu’un outil de travail quotidien.
En transposant ce concept dans un module moderne, Behringer cherche à rendre le son Simmons SDS-3 de nouveau accessible, cette fois dans un format facile à intégrer, avec une connectique actuelle (MIDI, USB, sorties individuelles, compatibilité Eurorack) et une disponibilité bien plus large via le circuit de distribution habituel de la marque.

Ce que propose le Behringer SDS-3 en 2025
Quatre voix de drum synth analogique et un canal de modulation
Le Behringer SDS-3 reprend l’idée de base du modèle historique : quatre canaux de synthèse de batterie analogique identiques, auxquels s’ajoute un cinquième canal dédié aux effets et à la modulation. Chaque canal peut produire des kicks, toms, percussions, gongs, cloches, cymbales et autres sons percussifs, en fonction du réglage des paramètres. Les revendeurs le présentent clairement comme un drum synth analogique à 4 canaux, capable de constituer à lui seul le cœur d’un kit de batterie électronique.
Diode ladder filter, noise generator, sliders de niveau, pitch, bend, decay, impact click
Sur chaque canal, le SDS-3 met à disposition un ensemble de contrôles inspiré du SDS-3 d’origine, avec plusieurs ajouts modernes. La documentation et les fiches produits des revendeurs mentionnent notamment :
- un réglage de Pitch pour la hauteur principale de la voix ;
- un paramètre Impact Click pour ajouter un clic d’attaque typique des drums Simmons ;
- un contrôle de Decay Time pour définir la durée du son ;
- un réglage Bend Level (positif ou négatif) qui gère l’ampleur du glissando de pitch ;
- un contrôle Noise/Tone Balance pour mélanger la composante bruit et la composante tonale ;
- un paramètre Effect Range qui dose la quantité de modulation (LFO / sample & hold) par canal ;
- un slider de volume de canal pour le mixage direct.
Les fiches produits indiquent également un diode ladder filter et un générateur de bruit analogique, ce qui permet de créer des sons de cymbales et de hi-hats synthétiques, ainsi que des textures percussives plus expérimentales. L’ensemble reste très fidèle à la philosophie originale : un panel très lisible avec des sliders et des boutons pour travailler en temps réel.
LFO, sample & hold et effet Run Time pour des sweeps de pitch continus
Le canal d’effets du SDS-3 regroupe la modulation globale. On y trouve notamment :
- un LFO avec au moins deux formes d’onde (carrée et sinusoïdale) et deux plages de vitesse, capable d’aller jusqu’aux fréquences audio ;
- un circuit de sample & hold pour générer des variations aléatoires de pitch ou de timbre ;
- un contrôle de pitch global affectant l’ensemble des canaux ;
- la fonction Run Time, qui permet d’obtenir des sweeps de pitch continus très marqués, mise en avant dans les descriptions de MusicRadar.
Chaque canal dispose d’un paramètre Effect Range qui détermine la quantité de modulation reçue, ce qui permet de garder certains sons stables et d’autres très animés. Pour les producteurs techno, electro ou synthwave, ce type de modulation est particulièrement intéressant pour faire évoluer des patterns de drums dans le temps.

Intégration en studio et en live : plus qu’un simple « module vintage »
Entrées triggers / mic pour jouer avec de vrais fûts
Le SDS-3 propose pour chaque canal une entrée de type mic/trigger ainsi qu’une sortie audio par canal. Les fiches produits et la news Audiofanzine mentionnent la présence de ces entrées, qui permettent de déclencher les sons à partir de capteurs de fûts, de pads de batterie électronique ou de signaux de déclenchement provenant d’autres machines.
Pour un batteur acoustique qui souhaite hybrider son kit, la configuration typique consiste à placer des capteurs sur les toms et la caisse claire, à router les triggers vers les entrées du SDS-3, puis à récupérer les sorties individuelles vers une table de mixage ou une interface audio. Le module devient alors une extension analogique du kit, centrée sur des sons Simmons, sans avoir à transporter un module vintage fragile.
MIDI, USB, sorties individuelles et sortie master
Côté connectique numérique, le SDS-3 dispose d’une entrée MIDI au format DIN, d’une sortie MIDI Thru et d’un port USB-B pour l’intégration directe dans un ordinateur ou une station audionumérique. Il peut donc être séquencé depuis un DAW, un contrôleur hardware ou une boîte à rythmes compatible MIDI, sans nécessité de passer par les triggers analogiques.
Pour l’audio, les fiches de Thomann et d’autres revendeurs indiquent :
- quatre sorties analogiques individuelles pour les canaux de batterie ;
- une sortie mix en jack 3,5 mm et 6,35 mm, pratique pour envoyer l’ensemble du kit vers une interface ou une console ;
- une entrée pour pédale de pitch (Pitch In) permettant de piloter globalement la hauteur des sons ;
- une entrée Decay Kill pour footswitch, qui coupe instantanément le decay des voix.
Cette combinaison de sorties individuelles et de sortie master rend le module à la fois exploitable en configuration simple (un seul câble vers la carte son) et en configuration plus avancée, avec un traitement séparé pour chaque voix dans le mix.
Utilisation avec un séquenceur ou une boîte à rythmes
Le SDS-3 ne dispose pas de séquenceur interne : il est conçu comme une voix de synthèse de batterie analogique à intégrer dans un système existant. Il peut être déclenché :
- par MIDI ou USB-MIDI depuis un DAW, un séquenceur hardware ou une boîte à rythmes numérique ;
- par les entrées mic/trigger, à partir de pads de batterie ou de signaux de gate issus d’un système modulaire.
Dans un home studio, un scénario courant consiste à utiliser une boîte à rythmes numérique pour séquencer, tout en envoyant certaines pistes (toms, percussions spéciales, layers de kicks) en MIDI vers le SDS-3. Les sorties individuelles du module sont ensuite enregistrées et traitées séparément, ce qui permet de conserver la stabilité du workflow numérique tout en ajoutant la couleur d’un drum synth analogique.

Quels sons peut-on attendre du SDS-3 ?
Kicks, snares, toms, cymbales, hi-hats et textures expérimentales
Les descriptions de Thomann et de Gear4music indiquent clairement que chaque canal du SDS-3 peut générer une grande variété de sons : kicks, toms, percussions, gongs, cloches, cymbales et bien plus. En pratique, la combinaison oscillateur + bruit + enveloppe de pitch permet de couvrir la plupart des éléments d’un kit électronique :
- kicks et toms avec des glissandos de pitch plus ou moins prononcés ;
- snares orientées bruit, avec un mélange noise/tonal ajustable ;
- cymbales et hi-hats synthétiques à base de bruit filtré ;
- sons métalliques et percussions abstraites en jouant sur le pitch et la modulation.
Le caractère « drum synth Simmons » reste très présent : l’attaque cliquée, les envelopes rapides et les transitions de pitch marquées donnent immédiatement un rendu typé années 80, mais le champ d’application dépasse largement ce registre dès que l’on pousse la modulation et la longueur des decays.
Réaction à la saturation et aux effets externes
Grâce aux sorties individuelles, chaque voix du SDS-3 peut être traitée séparément dans un chaînage d’effets externe : compresseur, distortion, delay, reverb, filtres, etc. Les revendeurs mettent en avant l’approche entièrement analogique du module, ce qui signifie que la réaction à la saturation dépendra directement du périphérique placé après la sortie, comme sur une boîte à rythmes analogique classique.
Typiquement, on pourra :
- envoyer un kick vers un compresseur ou un saturateur pour renforcer l’impact ;
- router un canal fortement modulé vers un delay ou une reverb pour créer des textures atmosphériques ;
- rester sur un traitement minimal pour garder des transitoires très franches dans un mix techno ou electro.

Alternatives et complémentarités
Autres drum synths analogiques (HexDrums, Erica, etc.)
Le SDS-3 s’inscrit dans une tendance plus large de retour des drum synths analogiques. Parmi les alternatives citées dans la presse spécialisée, on retrouve notamment les solutions d’Erica Synths (comme les systèmes HexDrums et divers modules de percussion Eurorack) ou encore d’autres modules analogiques orientés batterie. Ces produits se positionnent souvent plus haut en prix ou dans des formats différents, mais répondent au même besoin : retrouver un contrôle direct sur la synthèse des sons de drums, sans passer par des samples.
Pour un utilisateur Eurorack déjà équipé, le SDS-3 peut aussi venir compléter des modules de percussion existants, en apportant une voix dédiée aux sons Simmons et aux glissandos de toms caractéristiques, tout en laissant les autres modules se charger de kicks plus classiques ou de sons plus expérimentaux.
SDS-3 comme complément à une boîte à rythmes numérique
En home studio, le scénario le plus évident consiste à utiliser le SDS-3 comme complément analogique à une boîte à rythmes ou à un sampler numérique :
- la boîte à rythmes gère le séquenceur, les sons d’échantillons et les kits « généralistes » ;
- le Behringer SDS-3, déclenché en MIDI ou en triggers, fournit les sons Simmons, les toms glissés, les percussions métalliques et les couches analogiques que l’on traite individuellement.
Ce type de configuration permet d’enrichir facilement un set-up existant sans le remettre en cause : la boîte à rythmes continue d’assurer la base rythmique, tandis que le SDS-3 ajoute une signature sonore très reconnaissable, particulièrement adaptée aux productions techno, electro, synthwave et aux set-ups de batteurs hybrides.
FAQ Behringer SDS-3
Le Behringer SDS-3 suffit-il pour remplacer une boîte à rythmes entière ?
Le SDS-3 propose quatre voix de drum synth analogique et un canal d’effets, mais il ne possède pas de séquenceur interne. Il peut devenir le moteur sonore principal d’un kit de batterie électronique, à condition de l’associer à un séquenceur (DAW, boîte à rythmes, séquenceur hardware ou modulaire). Pour remplacer totalement une boîte à rythmes autonome, il faudra donc ajouter au minimum un séquenceur externe.
Peut-on utiliser le SDS-3 sans rack Eurorack complet ?
Oui. Le SDS-3 est livré dans un châssis desktop métallique avec panneaux latéraux en bois et alimentation externe. Il peut être posé directement sur un bureau et utilisé comme appareil autonome. Le module de synthèse interne est transférable dans un boîtier Eurorack standard, ce qui permet, si besoin, de l’intégrer plus tard à un système modulaire sans racheter de matériel.
Le SDS-3 est-il adapté à un batteur acoustique qui veut hybrider son kit ?
Oui. Les entrées mic/trigger par canal permettent de déclencher les sons du SDS-3 à partir de pads ou de fûts équipés de capteurs. Le batteur peut router chaque sortie individuelle vers une table de mixage ou une interface audio, et doser la proportion de son acoustique et de son synthétique dans le mix. C’est une solution pertinente pour ajouter des sons de type Simmons à un kit acoustique sans investir dans un module vintage.
Peut-on utiliser le SDS-3 uniquement en MIDI ou en USB, sans triggers audio ?
Le module accepte les notes MIDI via l’entrée DIN et via le port USB-B. Il est donc parfaitement possible de l’utiliser uniquement en MIDI/USB, séquencé depuis un DAW ou un contrôleur, sans exploiter les entrées mic/trigger. Cette configuration conviendra particulièrement aux producteurs en home studio qui travaillent essentiellement « in the box ».
Quelle est la différence entre la sortie mix et les sorties individuelles ?
La sortie mix regroupe les quatre canaux de drum synth en un seul signal stéréo ou mono, pratique pour les configurations simples ou pour le monitoring. Les sorties individuelles permettent au contraire d’envoyer chaque canal sur une entrée dédiée de la table de mixage ou de l’interface audio, afin d’appliquer un traitement (EQ, compression, saturation, effets) adapté à chaque élément du kit. Pour exploiter pleinement le potentiel du SDS-3 en mixage, les sorties individuelles sont vivement recommandées.