Behringer UB-1 Micro : le son Oberheim Matrix qui tient dans la poche

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Avec le Behringer UB-1 Micro, on ne parle plus seulement de « clone vintage pas cher », mais d’un vrai concentré de son Oberheim Matrix à moins de 60 €. Pour les producteurs, live performers et sound designers, la question n’est plus de savoir s’il sonne « comme l’original », mais ce que l’on peut réellement faire en studio et sur scène avec ce minuscule synthé analogique.

À qui s’adresse vraiment le Behringer UB-1 Micro ?

Le UB-1 Micro vise trois profils principaux :

  • Les producteurs et beatmakers qui veulent un vrai grain analogique Oberheim dans un setup déjà saturé de plug-ins.
  • Les musiciens live et performers électroniques qui ont besoin d’un module ultra-compact pour des lignes de basses, leads et séquences arpeggiées.
  • Les passionnés de synthés qui veulent retrouver le caractère des Oberheim Matrix 6/1000 sans investir dans du vintage fragile et coûteux.

Le positionnement est clair : c’est probablement la porte d’entrée la plus économique sur un son inspiré Oberheim Matrix aujourd’hui, bien plus abordable qu’un UB-Xa ou même qu’un simple plug-in payant, tout en restant analogique côté oscillateurs et filtre.

Un « baby Oberheim » pour le studio : ce que ça change dans une prod moderne

Sur le marché, le Behringer UB-1 Micro se place face à des solutions comme les Volca (Korg), les modules NTS-1/mini-synthés DIY ou les plug-ins soft synths. Sa différence : il propose un chemin de signal analogique inspiré des Matrix 6/1000, basés sur les célèbres circuits 3396/3397.

Concrètement, pour un producteur orienté pop, synthwave, techno mélodique ou bande originale :

  • Les pads et leads à la Matrix ont cette rondeur et ce léger « smear » harmonique difficiles à retrouver dans un simple VST.
  • Le filtre 24 dB analogique permet des balayages de fréquences très musicaux pour les transitions, sweeps et builds.
  • Le fait que les DCO soient analogiques mais contrôlés numériquement assure un accordage stable, donc moins de temps passé à corriger les dérives en session longue.

Ce n’est pas un remplaçant d’un gros poly Oberheim, mais un module de caractère que l’on peut facilement intégrer à une chaîne d’enregistrement : USB-C pour la connexion rapide au DAW, MIDI CC pour l’automation de tous les paramètres, et édition de 32 presets via SynthTribe pour structurer une palette de sons utilisables projet après projet.

Caractère sonore : ce que promet l’architecture inspirée des Oberheim Matrix

Sur le plan sonore, le Behringer UB-1 Micro ne cherche pas à être un OB-Xa miniature, malgré son look pinstripe. Son ADN vient des circuits 3396 et 3397 des Oberheim Matrix 6 et Matrix 1000, des synthés connus pour leurs timbres riches, parfois plus « hi-fi » et complexes que les premiers Oberheim à VCO.

L’architecture de base :

  • 2 DCO analogiques (oscillateurs contrôlés numériquement) pour la stabilité
  • Sub-oscillateur pour épaissir les basses
  • Générateur de bruit pour percussions synthétiques, effets et textures
  • Filtre analogique 24 dB low-pass (4 pôles), signature classique des polysynthés des années 80

Associé à :

  • 2 enveloppes dédiées VCF et VCA
  • 2 LFO pour moduler oscillateurs et filtre

Cette configuration rapproche le UB-1 Micro plus d’un Matrix 1000 monodique/paraphonique de poche que d’un simple jouet. Pour des lignes de basse arpeggiées, des leads expressifs ou des nappes simples doublées à l’audio, il couvre déjà un spectre très large à ce tarif.

Behringer UB-1 Micro

En live : un module d’appoint ou le cœur d’un mini-setup ?

Le format du UB-1 Micro est le même que celui du JT-4000M Micro : ultra-compact, avec 16 touches tactiles. Pour un jeu de scène sérieux, on le pilotera évidemment :

  • via un clavier maître MIDI
  • ou depuis un séquenceur matériel / groovebox

Behringer a retenu la leçon du JT-4000 Micro : en plus de l’USB-C, on dispose ici d’une entrée MIDI TRS, bien plus pratique pour l’intégrer à un rig live sans passer systématiquement par un ordinateur.

L’arpeggiateur intégré (3 patterns avec fonction Hold) suffit pour créer :

  • des basslines répétitives type techno / EBM
  • des motifs syncopés dans un set ambient ou IDM
  • des nappes rythmiques que l’on filtre en temps réel

Dans un pedalboard de claviériste ou dans un case type fly rig, l’UB-1 Micro devient un bloc Oberheim dédié sur lequel on peut compter pour une couleur sonore immédiatement reconnaissable sans se surcharger en poids ou en câblage.

Interface minimaliste, contrôle maximal : la réalité de l’ergonomie

Comme tous ces micro-synthés, le compromis est clair : format réduit, interface réduite. Les 16 touches tactiles ne remplaceront pas un vrai clavier, et l’accès à tous les paramètres se fait via un nombre limité de boutons et l’éditeur SynthTribe.

En revanche, pour un utilisateur avancé, il y a des points forts :

  • Contrôle MIDI CC complet de tous les paramètres : idéal pour tout mapper sur un contrôleur à faders/knobs ou pour automatiser depuis un DAW.
  • 32 presets sauvegardables et éditables via SynthTribe : ce n’est pas énorme, mais suffisant pour un rôle de synthé spécialisé (basses, leads, FX).
  • La connexion USB-C simplifie l’alimentation et l’intégration informatique, tout en servant de port MIDI.

Face à un plugin soft, l’UB-1 Micro demande plus de discipline à la programmation, mais en échange, il offre une relation “instrument” que beaucoup de producteurs recherchent à nouveau : on prépare quelques presets pointus, on les enregistre en audio, puis on passe à autre chose.

Positionnement face au marché : où se situe le UB-1 Micro ?

Sur un plan purement tarifaire, le Behringer UB-1 Micro est affiché à 59,00 €</strong (58 $ / 50 £). À ce niveau de prix, on le compare généralement à :

  • des plug-ins soft synths d’entrée/milieu de gamme
  • des mini-synthés numériques (Pocket Operator, NTS-1, etc.)
  • de petites boîtes analogiques souvent plus limitées en connectique ou en mémoire

Ce qui le distingue :

  • Un chemin audio analogique inspiré d’une famille de synthés mythiques (Matrix 6/1000).
  • Un prix quasi “impulsif” pour un vrai module dédié au son Oberheim.
  • Une intégration moderne (USB-C, MIDI TRS, contrôle complet en CC) que l’on ne trouve pas sur les machines vintage qu’il s’inspire de remplacer dans un setup courant.

On reste en revanche sur un instrument monotimbral et compact, loin de la polyvalence d’un gros poly-synth moderne. La bonne stratégie consiste donc à le voir comme un bloc de couleur spécifique au sein d’un arsenal plus large, plutôt que comme « le seul synthé du studio ».

Retour sur la genèse : de l’UB-1 Spirit à la version Micro

Le projet UB-1 remonte à près de quatre ans. Annoncé initialement sous le nom de UB-1 Spirit, il apparaissait comme un petit amuse-bouche en attendant le gros UB-Xa. La suite a été plus sinueuse : l’UB-Xa est sorti, le UB-1 a pris du retard, puis est réapparu récemment dans cette forme UB-1 Micro ultra-compacte, dans la lignée du UB-Xa Mini.

Cette évolution est révélatrice de la stratégie actuelle de Behringer :

  • d’un côté, des gros claviers « hommage » (UB-Xa, Pro-800, etc.)
  • de l’autre, une galaxie de mini-modules (JT-4000M Micro, UB-1 Micro, etc.) destinés à être multipliés dans un même setup.

On retrouve d’ailleurs les mêmes réflexions que lors de la présentation du UB-1 en 2022 : certains imaginent déjà un hub audio/MIDI/alimentation type Volca Mix, conçu spécifiquement pour cette série de mini-synthés, ou même une machine plus large intégrant plusieurs moteurs sonores de ces micros dans un seul châssis.

Behringer UB-1
Behringer UB-1
Behringer UB-1
Behringer UB-1

Prix et disponibilité : un module à mettre dans chaque sacoche ?

Le Behringer UB-1 Micro est annoncé en précommande à 58 $ | 50 £ / 59,00 €. À ce prix, on n’est plus sur un investissement stratégique, mais sur un achat que beaucoup de musiciens justifieront aisément pour :

  • tester l’ADN Oberheim dans un setup déjà bien fourni
  • disposer d’un module analogique dédié aux basses ou leads
  • constituer une petite collection de mini-synthés spécialisés autour d’un séquenceur central

Ce positionnement ultra-agressif laisse présager que l’on retrouvera facilement le UB-1 Micro en stock dans les enseignes généralistes et en ligne, souvent à côté d’autres mini-instruments de la marque et de concurrents comme les Pocket Operators.

Behringer UB-1 Micro

FAQ : bien choisir et utiliser le Behringer UB-1 Micro

Le Behringer UB-1 Micro peut-il remplacer un gros Oberheim (OB-Xa, Matrix 6, etc.) ?

Non. Le UB-1 Micro reprend l’architecture basée sur les circuits 3396/3397 des Matrix, mais dans une version mono/paraphonique ultra-compacte avec 32 presets. Il est excellent comme complément de caractère dans un setup existant, pas comme unique synthé polyvalent ni comme remplaçant fonctionnel d’un vrai poly Oberheim.

Est-il utilisable sérieusement en live, ou est-ce juste un gadget ?

Utilisé seul avec ses 16 touches tactiles, cela reste limité pour un jeu expressif. En revanche, une fois connecté à un clavier maître MIDI ou à un séquenceur matériel via MIDI TRS ou USB, il devient un véritable module analogique de scène avec arpeggiateur, modulation complète et édition de presets. Ce n’est pas un gadget, à condition de l’intégrer dans un système plus large.

Faut-il privilégier un plug-in logiciel plutôt que le UB-1 Micro ?

Si vous cherchez uniquement la flexibilité maximale, le rappel instantané de projets et des centaines de presets, un plug-in sera plus confortable. Le UB-1 Micro s’adresse à ceux qui veulent :

  • un vrai chemin audio analogique avec un caractère Oberheim Matrix
  • une interaction d’instrument physique
  • un module autonome pour le live ou le hardware-only

En pratique, beaucoup de producteurs combinent les deux : UB-1 pour le grain, plug-ins pour le reste.

Combien de temps faut-il pour vraiment l’intégrer dans un flux de travail pro ?

En tant que mini-synth à interface réduite, il demande un petit temps de prise en main, surtout si l’on passe par l’éditeur SynthTribe pour organiser ses 32 presets. Une fois une banque de sons de travail préparée (basses, leads, FX, quelques textures), son intégration devient très fluide : on le considère comme un « rack analogique » dédié, que l’on enregistre rapidement en audio dans le DAW puis que l’on archive. Comptez quelques sessions pour en tirer pleinement parti.

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