Le Behringer FLOW 4V est un enregistreur/mixeur de terrain portable 32 bits conçu par l’équipe à l’origine des X32 et WING. Avec un tarif autour de 269 € et un module d’extension FLOW 4VIO, il vient marcher sur les plates-bandes de Zoom, Tascam et même Sound Devices pour les petits tournages.
Pour qui le Behringer FLOW 4V est-il réellement pertinent ?
Sur le papier, le FLOW 4V coche quasiment toutes les cases de l’enregistreur de terrain moderne : 32 bits float, 4 préamplis micro, 8 canaux de mix, enregistrement multipiste sur carte SD et interface audio USB. Mais en pratique, il ne vise pas tous les profils de la même façon.
- Vidéastes solo / créateurs de contenu : YouTube, documentaire léger, reportage corporate. Ils profitent surtout du buffer de pré-enregistrement, de la sécurité 32 bits et du contrôle à distance via l’app.
- Ingés son de plateau débutants ou budgets serrés : webséries, institutions, événementiel. L’extension FLOW 4VIO permet d’atteindre 8 préamplis micro, ce qui rapproche la configuration de celle d’un Zoom F8n Pro… pour beaucoup moins cher.
- Podcasteurs multi-invités / live streaming : le FLOW 4V tient lieu à la fois de mixeur, d’enregistreur SD et d’interface USB 32 bits, avec deux sorties casque supplémentaires via le 4VIO.
- Utilisateurs exigeants / broadcast : ils seront attirés par le timecode interne et le transport audio multicanal via StageConnect, mais resteront prudents sur la robustesse à long terme et l’écosystème, par rapport à un Sound Devices MixPre ou un Zoom série F.
Architecture audio : ce que promet vraiment le 32 bits / 138 dB
Le Behringer FLOW 4V intègre un mixeur 8 canaux avec quatre préamplis combo XLR et une double conversion numérique annoncée avec une plage dynamique de 138 dB. L’enregistrement se fait jusqu’à 10 canaux sur carte SD, et l’appareil peut aussi fonctionner comme interface audio USB 32 bits.
Concrètement, ce positionnement le place dans la même famille d’usage que :
- Zoom F6 / F8n Pro (enregistreurs de terrain 32 bits orientés vidéo/fiction)
- Sound Devices MixPre II (référence pro en 32 bits, mais à un tarif bien plus élevé)
Le 32 bits float, combiné à cette dynamique très large, a un impact direct sur le terrain :
- Moins de stress sur les niveaux : on peut laisser plus de marge sans perdre trop de détail, et rattraper un acteur qui crie ou un applaudissement violent en post-production.
- Réduction des prises ratées : pour un créateur solo sans perchman dédié, c’est un vrai filet de sécurité.
- Compatibilité post-prod : le 32 bits float est désormais bien géré par les principaux logiciels de montage et de mixage audio/vidéo.
Attention toutefois : comme chez les concurrents, le 32 bits ne remplace pas une bonne gestion de gain analogique. Les préamplis, l’architecture interne et la protection contre la surcharge restent déterminants pour que la théorie se traduise vraiment en pratique.
Contrôles de mixage : un mini mixer de plateau dans la poche
Chaque canal du FLOV 4V dispose de réglages dédiés pour :
- Niveau
- Panoramique
- Tonalité / égalisation
- Dynamiques (traitement de compression / gestion des crêtes)
- Filtres passe-haut et passe-bas (low cut / high cut)
Pour un usage terrain, cela permet de :
- Nettoyer les bruits de manipulation et de pas via le low cut.
- Éviter des voix trop agressives ou sifflantes via l’égalisation.
- Préparer un mix stéréo “diffusable” directement à la sortie, tout en enregistrant les pistes isolées sur la carte SD.
On se rapproche ainsi d’une petite console de plateau, ce qui le rend intéressant pour de la captation d’événement, du podcast live ou de la diffusion en direct.
Sécurité d’enregistrement : pré-roll et backup USB automatique
En complément du 32 bits, le FLOW 4V mise sur deux filets de sécurité importants pour la prise de son de tournage :
- Buffer de pré-enregistrement : l’appareil capture en continu quelques secondes avant l’appui sur REC. Idéal pour ne pas rater le début d’une réplique ou d’une annonce.
- Backup automatique sur clé USB : dès que l’enregistrement SD est stoppé, les données de la carte sont automatiquement sauvegardées sur une clé USB branchée. Cela réduit fortement le risque de perdre une journée de tournage en cas de défaillance d’une carte.
Dans ce segment de prix, peu d’enregistreurs combinent à la fois 32 bits float, pré-roll et copie automatique sur un second support. C’est un vrai argument pour les tournages légers où l’équipe est réduite.
Extension FLOW 4VIO et StageConnect : vers des rigs plus ambitieux
Le FLOW 4V supporte le format StageConnect, une liaison audio multicanale non compressée, à faible latence, sur câble XLR/DMX. Cette technologie sert ici à alimenter et connecter le module d’extension FLOW 4VIO.
Le FLOW 4VIO apporte :
- 4 préamplis micro supplémentaires
- 2 sorties casque additionnelles
Ce duo FLOW 4V + FLOW 4VIO vise clairement les petites équipes de tournage ou les captations live qui ont besoin de plus de micros sans passer sur une régie lourde. L’intérêt de StageConnect ici est de simplifier la liaison entre les deux appareils tout en assurant une latence très faible.
Comparé à des systèmes propriétaires type Dante ou AVB utilisés dans les environnements broadcast haut de gamme, StageConnect est plus simple et plus économique, mais aussi plus enfermé dans l’écosystème Behringer. C’est un point à considérer pour la pérennité de votre parc matériel.
Timecode et synchronisation caméra : un pas vers le workflow pro
Le FLOW 4V intègre une génération interne de timecode, avec la possibilité :
- de servir de maître pour synchroniser d’autres appareils sur le plateau ;
- ou de recevoir une horloge SMPTE depuis une caméra.
Couplé à cette fonction, le FLOW 4V peut déclencher l’enregistrement à partir du signal CEC HDMI de la caméra. En pratique, dès que vous lancez REC sur la caméra compatible, l’enregistreur suit.
On retrouve là des fonctionnalités typiques des solutions plus haut de gamme (Sound Devices, Zoom série F avec générateurs de timecode externes, voire boîtiers Tentacle), mais rarissimes dans cette zone de prix. Pour du documentaire ou de la fiction légère où la post-production veut limiter les resynchronisations à la main, c’est un réel atout.
Contrôle à distance et alimentation : la mobilité avant tout
Le Behringer FLOW 4V se pilote également via l’application FLOW 4V MIX sur mobile, qui permet un contrôle à distance des paramètres de mix, gains, niveaux casque, etc. Cette approche rappelle ce qu’on trouve sur des enregistreurs comme le Zoom F8n Pro ou des petites consoles numériques type X-Air/X32.
Côté alimentation, plusieurs options sont prévues :
- Via StageConnect (depuis un autre appareil compatible)
- Via USB-C (power bank, adaptateur secteur, etc.)
Ce double mode d’alimentation est intéressant pour la redondance et pour s’adapter à des configurations très mobiles (gimbal + boîtier hybride + sac à dos son, par exemple).
Enregistrement SD et interface USB : un pont direct vers la post‑prod
En plus de l’enregistrement jusqu’à 10 canaux sur carte SD, le FLOW 4V fonctionne comme interface audio USB 32 bits. Pour l’utilisateur, cela ouvre plusieurs scénarios :
- Podcast en studio léger : capture sur SD pour la sécurité, tout en envoyant le mix ou les pistes séparées vers un ordinateur en USB.
- Streaming / live : mixage de plusieurs micros et sources puis envoi direct vers OBS, un logiciel de conférence ou de diffusion.
- Post‑prod rapide : récupération immédiate des pistes dans un DAW sans extraction manuelle de la carte SD.
Face à une interface purement studio classique, le FLOW 4V apporte la redondance de l’enregistrement SD et, inversement, face à un enregistreur de terrain classique, il offre un lien direct et moderne avec l’ordinateur.
Positionnement tarifaire : agressif mais cohérent
Au moment de l’annonce, les tarifs indiqués sont :
- Behringer FLOW 4V : 264,00 $ / 231,00 £ / 269,00 €
- Behringer FLOW 4VIO : 205,00 $ / 179,00 £ / 209,00 €
Les deux produits sont disponibles en précommande pour une livraison dans les prochains mois.
Si l’on compare rapidement :
- Zoom F6 : plus cher, mais reconnu sur le marché pro, 32 bits float également, plus orienté audio que mixage “console”.
- Zoom F8n Pro : nettement plus cher, capacités avancées pour la fiction et le documentaire lourd.
- Sound Devices MixPre II : référence haut de gamme, au-dessus en termes de qualité perçue et de robustesse, mais hors de portée de ce budget pour la plupart des indépendants.
Le FLOW 4V se positionne donc comme une porte d’entrée très agressive vers des workflows habituellement réservés à des machines plus chères. La contrepartie à surveiller sera la durabilité mécanique, la stabilité logicielle et la qualité réelle des préamplis face aux acteurs installés.
Verdict provisoire : un field recorder « pro » sous 300 € ?
À ce stade, le Behringer FLOW 4V coche plusieurs critères qu’on attend d’un field recorder pour un usage professionnel :
- Enregistrement 32 bits float avec large dynamique (138 dB annoncés)
- 4 préamplis micro combo XLR, extensibles à 8 avec le FLOW 4VIO
- Timecode interne et synchronisation SMPTE avec caméra
- Pré‑roll et backup automatique sur clé USB
- Fonctions de mixage avancé (EQ, dynamiques, filtres, panoramique)
- Contrôle à distance via app et interface USB 32 bits intégrée
Reste une question essentielle pour les professionnels : la fiabilité sur le terrain, jour après jour, dans des conditions variées. C’est précisément ce qui fait la réputation – et le prix – des fabricants historiques du field recording.
Sur le papier, le FLOW 4V représente néanmoins une alternative très sérieuse pour les vidéastes et ingénieurs son qui démarrent ou qui veulent un second setup. Il pourrait devenir un outil particulièrement intéressant en documentaire, captation d’événement, création de contenu avancée et podcast multi‑invités, à condition que les premiers tests confirment les performances annoncées.
FAQ : bien choisir le Behringer FLOW 4V
Le Behringer FLOW 4V suffit‑il pour un tournage de fiction « sérieux » ?
Pour une fiction légère ou un court‑métrage indépendant, oui, sur le papier : 4 préamplis extensibles à 8, timecode, 32 bits float et pré‑roll couvrent déjà beaucoup de besoins. Pour une production plus lourde, avec de grosses contraintes de fiabilité, d’ergonomie sac/harnais et d’intégration dans un parc existant, les solutions dédiées type Zoom F8n Pro ou Sound Devices restent plus sécurisantes.
Les préamplis du FLOW 4V rivalisent‑ils avec ceux des grands noms ?
Les chiffres (138 dB de dynamique, double conversion numérique) sont très ambitieux, mais il faudra attendre les tests terrain pour juger du bruit de fond réel, de la transparence et de la tenue aux niveaux extrêmes. Historiquement, Behringer offre un très bon rapport fonctionnalités/prix, mais ne vise pas tout à fait le même niveau de finition sonore que Sound Devices. Pour du web, du corporate, du podcast ou de l’événementiel, cela sera probablement largement suffisant.
Est‑ce un bon choix pour un setup de podcast multi‑invités ?
Oui, c’est même un de ses meilleurs terrains de jeu. Avec 4 entrées micro (8 avec le FLOW 4VIO), des traitements de dynamiques et d’EQ par canal, une interface USB 32 bits et la sauvegarde sur SD + backup USB, le FLOW 4V remplace avantageusement un couple « console analogique + interface ». Il conviendra très bien à un studio de podcast qui veut rester mobile ou limiter le nombre d’appareils.
FLOW 4V ou interface audio classique pour le home studio ?
Si votre usage principal est l’enregistrement en studio fixe (voix, instruments) sans besoin d’enregistrement autonome, une bonne interface audio USB classique restera souvent plus simple et parfois mieux intégrée à votre logiciel. Le FLOW 4V devient intéressant dès que vous avez un usage hybride : tournage terrain et studio, besoin de sauvegarde sur SD, de mixage autonome, ou de redondance sécurité. Dans ce cas, il peut remplacer plusieurs appareils à lui seul.




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