reFX Rippler : le synthé à modélisation physique passe du gratuit au commercial (oscillateurs wavefolding et filtres en plus)

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reFX est surtout connu pour Nexus, un ROMpler devenu un réflexe dans la production pop et électronique. C’est donc une petite surprise de voir la marque teaser un véritable moteur de synthèse : Rippler, un synthétiseur à modélisation physique. Et l’histoire derrière ce lancement mérite qu’on s’y arrête, car le plug-in n’est pas parti d’une feuille blanche.

Un synthé open-source qui change de statut

Rippler existait déjà. Il a été développé par Tiagolr sous le nom de RipplerX, distribué gratuitement et en open-source, et il s’était rapidement taillé une réputation flatteuse chez les amateurs de sonorités percussives et acoustiques. Le plug-in gratuit a été retiré de la circulation lorsque son auteur s’est entendu avec reFX pour en faire un produit commercial. Le code passe donc du domaine libre à une version éditée, packagée et vendue.

C’est un mouvement qu’on voit se répéter dans l’industrie du logiciel audio, et il n’est pas anodin : un développeur indépendant s’adosse à une marque installée pour financer et diffuser son travail. On peut le rapprocher, dans un autre registre, du retour à l’indépendance de Plugin Alliance et Brainworx : les cartes de la distribution logicielle se rebattent en permanence.

reFX Rippler — visuel de présentation du nouveau synthé
Crédit : reFX

La modélisation physique, concrètement

La modélisation physique ne lit pas d’échantillons et ne fait pas non plus additionner des formes d’onde classiques : elle simule mathématiquement un objet qui vibre. On excite une structure — une corde, une membrane, une plaque, un tube — et le moteur calcule la résonance qui en découle. C’est la voie royale pour obtenir des timbres organiques, des maillets, des cloches, des percussions accordées, des textures inharmoniques que la synthèse soustractive peine à imiter.

Rippler repose sur deux couches, chacune bâtie autour d’un exciteur et d’un résonateur. L’exciteur propose un maillet basé sur échantillon (avec import de vos propres sons) ainsi qu’un générateur de bruit. Le résonateur, lui, donne accès à douze modèles acoustiques :

  • corde, poutre (beam), carré, cloche ;
  • membrane, plaque, peau de tambour, djembé ;
  • vibraphone, marimba, tube ouvert, tube fermé, plus un mode manuel.

Le concept est très proche de ce que propose Chromaphone chez Applied Acoustics Systems, une référence du genre. Avec ses 32 voix de polyphonie et le support MPE, Rippler vise clairement le jeu expressif autant que le sound design.

Ce que reFX ajoute à la version libre

La version commerciale ne se contente pas de reconditionner l’original. reFX greffe sur le moteur de modélisation physique deux oscillateurs à wavefolding et deux filtres multimodes (fréquence de coupure, résonance, drive), avec un routage souple entre oscillateurs et résonateurs. Autrement dit, on passe d’un instrument purement modal à une architecture hybride, modélisation physique + soustractif, qui rapproche Rippler du vocabulaire de sound design auquel les synthésistes sont habitués.

ÉlémentVersion libre (RipplerX)reFX Rippler
MoteurModélisation physiqueModélisation physique + soustractif
ExciteursMaillet (import) + bruitMaillet (import) + bruit
Résonateurs12 modèles acoustiques12 modèles acoustiques
Oscillateurs2 oscillateurs à wavefolding
Filtres2 filtres multimodes (coupure / résonance / drive)
Modulation4 enveloppes, 4 LFO, 4 randomizers, 8 macrosIdentique + routage filtres
PrixGratuit (retiré)À préciser
reFX Rippler — oscillateurs à wavefolding et filtres multimodes
Crédit : reFX

Modulation et jeu

Côté animation, Rippler ne lésine pas : quatre enveloppes, quatre LFO dessinables, quatre générateurs d’aléatoire, huit macros, plus la vélocité, l’aftertouch et le key tracking. L’ensemble alimente un processeur multi-effets en sortie. C’est un arsenal de modulation généreux, cohérent avec l’ambition de faire vivre des résonances qui, laissées statiques, tourneraient vite en rond.

Mon avis

La modélisation physique reste sous-représentée dans l’offre logicielle, et c’est justement le terrain où l’informatique musicale dépasse le hardware sans discussion : aucun synthé analogique abordable ne produit ce type de timbres. L’idée d’y coller des wavefolders et des filtres est maligne — elle offre une porte d’entrée familière à des sons qui, autrement, rebutent ceux qui n’ont jamais quitté le triangle oscillateur-filtre-enveloppe. Reste que la disparition de la version gratuite laisse un goût doux-amer : c’est légitime pour rémunérer un développeur, mais la communauté perd un excellent outil libre. On jugera sur pièce quand le prix sera connu.

Disponibilité

reFX annonce Rippler comme « à venir », vraisemblablement dans le courant du mois. Le prix et la date exacte de commercialisation ne sont pas encore communiqués. Les curieux peuvent d’ores et déjà consulter la page produit de reFX. Pour rester dans l’actualité des instruments logiciels, voyez aussi notre article sur le Super*Saw de Native Instruments.

reFX Rippler — sections exciteur et résonateur
Crédit : reFX
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About Author

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.

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