Kush Audio revient sur l’un de ses terrains de prédilection, la saturation harmonique, avec Omega 2. Plutôt qu’une refonte des algorithmes de distorsion — qui restent ceux, éprouvés, de la première génération — l’éditeur a retravaillé tout ce qui les entoure : le filtrage, le dosage et l’ergonomie. Le Model A inaugure la série, avec la promesse d’un nouveau modèle chaque mois et d’un cinquième, tenu secret, pour novembre 2026.
Un seul bouton, mais un vrai travail en amont et en aval
Toute la philosophie d’Omega 2 tient dans une commande centrale, Intensity, qui fait monter progressivement le caractère du signal. Autour d’elle, Kush a ajouté des filtres passe-haut et passe-bas respectueux de la phase, dérivés des algorithmes de son égaliseur Magpha. Placés avant et après l’étage de distorsion, ils permettent de sculpter la matière saturée sans introduire les décalages de phase qui plombent souvent ce type de traitement. C’est là que se joue la vraie différence par rapport aux Omega d’origine : la saturation semble mieux intégrée au son, moins collée par-dessus.

Le Model A vise une couleur précise : celle d’un micro branché directement dans une console API du milieu des années 1970. On commence par un surcroît de brillance et de patine, avant que le signal ne se délite lentement en une saturation granuleuse, très vintage. C’est un grain que les ingénieurs connaissent bien, et que l’on cherche souvent à recréer dans le domaine numérique sans y parvenir de façon convaincante.
Les fonctions qui comptent au mixage
Au-delà du bouton Intensity, Omega 2 embarque une commande Blend parallèle, précédée d’un gain de compensation (Makeup Gain) placé avant le mélange — un détail qui évite de fausser l’équilibre entre signal sec et signal saturé quand on pousse la distorsion. Le plug-in affiche un double mesureur de crête en entrée et en sortie, doublé d’un VU-mètre à l’ancienne pour juger le niveau au ressenti.
Deux modes de fonctionnement cohabitent : un mode Oversampling associé à un traitement des aigus baptisé Analog Highs, pour la qualité maximale au mixage, et un mode Low Latency destiné à l’enregistrement en temps réel. On retrouve aussi le copier-coller de réglages d’une instance à l’autre et une interface entièrement redimensionnable — deux commodités qui, mine de rien, font gagner du temps sur une grosse session.
Mon avis
J’aime cette approche, parce qu’elle assume une idée que je défends depuis longtemps : le tout-numérique est parfaitement viable dès lors que le traitement apporte quelque chose d’audible, et non un simple alibi analogique. Un saturateur piloté par un seul bouton n’est pas un aveu de pauvreté, c’est un parti pris — un geste, un résultat. Kush a toujours cultivé cette économie de moyens, à rebours des interfaces à trente paramètres qui donnent l’illusion du contrôle sans améliorer le son. Reste que la logique commerciale du « un modèle par mois » interroge : je préfère un outil qui fait bien une chose à une collection que l’on complète par abonnement. Pris isolément, le Model A tient largement la route, et son grain de console API est de ceux qui rendent un bus de batterie ou une voix immédiatement plus vivants. Pour aller plus loin sur la couleur analogique, on peut le mettre en regard d’une console grand format comme la SSL Odyssey.
Formats, prix et disponibilité
Omega 2 Model A est disponible immédiatement aux formats VST3, AU et AAX, sur Mac et PC. Il est proposé à 39 $ à l’unité (19 $ en mise à jour pour les clients existants), tandis que la collection complète est annoncée à 149 $ ; des formules d’abonnement mensuel et annuel donnent accès à l’ensemble du catalogue. Dans la même veine, on pourra l’associer à d’autres outils de mastering récents comme le Peak Tamer pour dompter les crêtes avant limitation ou l’égaliseur Dangerous Music BAX EQ.