Dangerous Music BAX EQ : l’égaliseur de mastering culte enfin porté en plugin, et certifié par la marque

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Il y a des appareils dont le nom suffit à évoquer une couleur. Le BAX EQ de Dangerous Music est de ceux-là : depuis près de vingt ans, cet égaliseur de mastering matériel figure dans les racks des studios de gravure les plus exigeants. Il en existait déjà des adaptations logicielles, mais aucune n’avait été estampillée par la marque elle-même. C’est désormais chose faite : Dangerous Music publie sa version plugin, développée avec Acustica Audio, et surtout certifiée par ceux qui conçoivent et fabriquent encore le hardware.

Le BAX EQ, une philosophie d’égalisation

Pour comprendre pourquoi ce plugin compte, il faut saisir ce qui rend le BAX EQ particulier. Là où un égaliseur paramétrique découpe des bandes étroites, le BAX travaille à larges gestes : des filtres en plateau (shelf) très doux dans le grave et l’aigu, associés à des filtres de coupe pensés pour préserver la cohérence de phase. C’est l’héritage direct de la courbe Baxandall, cette approche « tone control » qui privilégie une inflexion globale et musicale plutôt qu’une correction chirurgicale.

En pratique, c’est exactement l’outil que l’on cherche en mastering, ou sur un bus de mix : ajouter un rien de poids sous le kick et la basse, ouvrir l’air sur des voix et des cordes, resserrer la cohésion d’un ensemble — le tout sans jamais donner l’impression d’avoir « traité » quoi que ce soit. Un bon coup de BAX ne s’entend pas, il se ressent.

Le plugin Dangerous Music BAX EQ en affichage classique compact avec ses filtres en plateau et coupe
Crédit : Dangerous Music

Ce que change une version « certifiée »

Le mot n’est pas galvaudé ici. La certification signifie que les personnes qui ont conçu le hardware, et le fabriquent encore aujourd’hui, ont fait l’écoute, les mesures, les comparaisons et l’approbation finale. Le concepteur d’origine, Chris Muth, a personnellement validé le rendu du plugin, comparé au hardware de production à travers quatre révisions successives. Dangerous Music a fourni des unités de série, des courbes de mesure et des convertisseurs de qualité mastering pour la capture des réponses impulsionnelles.

Le développement a été confié à Acustica Audio, éditeur réputé pour son moteur d’échantillonnage dynamique — la même maison dont nous vous parlions récemment à propos de la tranche Mystic 2 passée au modelage neuronal. La collaboration a aussi impliqué l’ingénieur de mastering Luca Pretolesi, du Studio DMI, dans la phase d’écoute critique. Autrement dit : ce n’est pas une énième émulation « d’après » un appareil célèbre, c’est la version que la marque assume comme la sienne.

Le plugin Dangerous Music BAX EQ en mode dual mono pour un traitement gauche/droite indépendant
Crédit : Dangerous Music

Fonctions et intégration

Sur le fond, le plugin reste fidèle à la simplicité du matériel : quatre sections — coupe-bas, plateau grave, plateau aigu et coupe-haut — que l’on manipule à l’oreille plus qu’à l’analyseur. Deux ajouts profitent du format logiciel : un mode de traitement gauche/droite indépendant et un mode mid/side, avec possibilité de lier ou délier les paramètres des deux canaux. De quoi, par exemple, ouvrir l’aigu uniquement sur les côtés d’un mix sans toucher au centre.

Dangerous Music décline le plugin en deux déclinaisons, une version MIX et une version MASTER, pour coller aux deux usages principaux. Il est proposé aux formats VST3, AU et AAX, sur macOS et Windows, au tarif de 179 $, avec un essai entièrement fonctionnel de 30 jours — de quoi le confronter à vos propres sessions avant de trancher.

Mon avis

Je le répète chaque fois que le débat resurgit : le tout-numérique est parfaitement viable, et je masterise sans complexe dans la boîte depuis longtemps. L’égalisation à larges plateaux est précisément le domaine où l’ITB n’a rien à envier au hardware : il n’y a pas de saturation exotique à reproduire, seulement une courbe, une cohérence de phase et un comportement. Si le modèle est fait sérieusement — et une certification par le concepteur, c’est le gage le plus solide qu’on puisse demander — alors le plugin fait le travail. Reste que 179 $ pour un outil aussi spécialisé se justifie surtout si l’on masterise régulièrement ; pour un usage occasionnel, un bon shelf de votre EQ habituel rendra déjà 80 % du service.

À qui s’adresse ce plugin

Aux ingénieurs de mastering et aux amateurs de bus de mix qui connaissent déjà le geste BAX et veulent le retrouver, à l’identique et validé, dans leur DAW. Pour aller plus loin sur le traitement du bus, notre dossier sur la compression audio expliquée complète bien la logique « peu, mais juste » ; et si vous cherchez à colorer vos pistes autrement, notre sélection de tranches de console à essayer ouvre d’autres pistes.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.