Behringer Polyeight : le clone 8 voix du Korg Polysix est enfin terminé

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Il faisait partie de ces projets Behringer qu’on croyait abandonnés. Dévoilé en prototype en 2021, le Polyeight est resté muet pendant des années. La marque vient de le remettre en avant, désormais annoncé comme terminé, fiche produit en ligne et vidéo à l’appui. Pour les amateurs de polyphoniques analogiques vintage, c’est une nouvelle qui compte : le Polyeight s’inspire directement du Korg Polysix de 1981, mais en pousse la logique.

Le nom le dit : là où le Polysix offrait six voix, le Polyeight en propose huit. Le chemin du signal reste analogique et s’appuie sur les circuits VCO, VCF et VCA de l’original, revisités. Behringer parle d’« inspiration » autant que de clone — l’authenticité sonore, elle, se jugera à l’usage.

Le panneau de contrôle du Behringer Polyeight
Crédit : Behringer

Un Polysix augmenté

Sous le capot, on retrouve des VCO discrets proposant dent de scie, carrée et largeur d’impulsion variable, avec une plage d’octaves de 16′ à 4′, un sous-oscillateur descendant jusqu’à deux octaves sous la fondamentale, et un générateur de bruit global dont Behringer dit s’être inspiré du MS-20. La PWM dispose de son propre LFO dédié.

Le filtre est un passe-bas à base de circuit 2044, avec fréquence de coupure, résonance, suivi de clavier et modulation d’enveloppe positive ou négative. On trouve une enveloppe ADSR, un LFO multi-formes doté d’un retard et routable vers la hauteur, le filtre ou le volume, et surtout une section d’effets BBD (chorus, phaser et ensemble) qui faisait une bonne part du charme du Polysix.

Mémoires, accords et jeu

Côté performance, le Polyeight dépasse largement l’original. Il propose des modes unisson, double et plusieurs modes polyphoniques, 256 mémoires utilisateur avec une fonction de comparaison et de rappel, une mémoire d’accord (déclencher un accord enregistré d’une seule touche), un portamento polyphonique et un arpégiateur synchronisable à trois modes.

Le clavier passe à 49 touches semi-lestées, pleine taille, sensibles à la vélocité et — détail notable — à l’aftertouch polyphonique. C’est une vraie différence avec le récent Behringer JN-80, limité à un aftertouch monophonique. Molettes de pitch et de modulation à rappel par ressort complètent l’ensemble.

La connectique arrière du Behringer Polyeight
Crédit : Behringer

Une connectique de son époque

Là où le Polysix de 1981 était forcément limité, le Polyeight ajoute la panoplie moderne : un port USB, du MIDI 5 broches en entrée/sortie avec gestion des NRPN et des CC, deux entrées pour pédales (sustain et expression), une prise pour la mémoire d’accord, une entrée de synchronisation de l’arpégiateur et une entrée CV pour le filtre. On note une sortie casque et une sortie principale, très probablement mono — un point à confirmer.

Où il se situe

Le Polyeight s’inscrit dans la longue campagne de rééditions analogiques de Behringer, aux côtés du JN-80 inspiré du Juno-60. Il arrive aussi dans un contexte amusant : le Polysix revit en ce moment côté matériel chez Behringer, pendant que d’autres classiques renaissent en logiciel — comme l’Alesis Andromeda, dont nous venons de couvrir l’émulation ASYX. Deux philosophies opposées pour un même amour des polyphoniques vintage. Face aux rééditions officielles comme les Roland Boutique, Behringer joue, comme souvent, la carte du rapport prix-fonctions.

Prix et disponibilité

Behringer n’a pas encore communiqué de prix ni de date de sortie : le Polyeight est présenté comme terminé, mais reste en attente d’un lancement commercial. La fiche officielle est en ligne chez Behringer.

Mon avis

Huit voix, aftertouch polyphonique, 256 mémoires et des effets BBD : sur le papier, le Polyeight ne se contente pas de copier le Polysix, il le modernise là où il fallait. L’inconnue reste le temps — quatre ans entre le prototype et cette annonce « terminée », et toujours pas de prix, cela invite à rester mesuré sur la date réelle d’arrivée en magasin. Reste que le format fait envie : un vrai polyphonique analogique à clavier aftertouch, s’il arrive au tarif habituel de la marque, trouvera son public sans difficulté. On attend surtout de l’entendre pour de bon.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.