Behringer Jam et Jam Play : deux claviers-séquenceurs façon Keystep, avec ou sans sons

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Behringer continue de cartographier chaque recoin du marché des claviers compacts. Après le Swing et le Jam de première génération, la marque annonce deux nouveaux claviers-séquenceurs clairement inspirés de la gamme Keystep d’Arturia : le Jam et le Jam Play. La différence tient en un mot : le Jam Play embarque des sons, le Jam non.

Un tronc commun très fourni

Les deux modèles partagent le même châssis et la même logique. On retrouve 32 mini-touches sensibles à la vélocité et à l’aftertouch, un séquenceur de 64 pas capable de gérer jusqu’à 8 notes de polyphonie, avec silences, liaisons et legato. Un arpégiateur à 8 modes et un mode d’accords allant jusqu’à 16 notes complètent la panoplie créative.

Le Behringer Jam Play avec ses sons intégrés et son écran
Crédit : Behringer

Côté contrôle, quatre encodeurs rotatifs sans fin assignables en MIDI et des rubans tactiles pour le pitch et la modulation remplacent les molettes classiques. La connectique est généreuse pour la catégorie : MIDI In/Out au format DIN 5 broches, sync in/out, entrée footswitch, sorties CV clavier / gate / modulation pour piloter un synthé analogique ou un modulaire, et deux ports USB-C. De quoi placer ces claviers au centre d’un petit setup hybride.

Jam ou Jam Play : la question des sons

Le Jam est un contrôleur-séquenceur pur : pas de moteur sonore, il pilote vos instruments matériels et logiciels. Le Jam Play, lui, intègre une source sonore : 128 instruments (piano, orgue…) et des sons de batterie, pilotables via huit paramètres — filtre coupe-bas, résonance, dose de réverbe, dose de chorus, une enveloppe attaque-release et des réglages d’égalisation graves et aigus. Il ajoute logiquement une sortie audio stéréo en mini-jack 3,5 mm et un écran.

Les mini-claviers 32 touches et les encodeurs du Behringer Jam
Crédit : Behringer

On tient donc, avec le Jam Play, un petit clavier autonome capable de produire du son sans ordinateur — pratique pour composer dans le train ou esquisser une idée sans tout brancher. Le Jam, plus épuré, s’adresse à ceux qui ont déjà leurs sources et veulent surtout un bon séquenceur avec sorties CV. Pour comprendre ce que ces sorties permettent vraiment, notre guide MIDI et CV/Gate fait le point, et notre explication du séquençage pas à pas éclaire le cœur de ces machines.

Des hybrides assumés

Difficile de ne pas voir dans ces Jam des « Frankenstep » : ils piochent des caractéristiques du Keystep 32 et du Keystep 37 pour en faire une proposition à part, plutôt qu’un clone pur et simple. C’est la méthode Behringer, déjà vue avec le BCR32 : reprendre une référence du marché, l’enrichir et casser le prix.

Les mini-claviers 32 touches et les encodeurs du Behringer Jam
Crédit : Behringer

Justement, le prix et la date de disponibilité ne sont pas encore communiqués. C’est la grande inconnue de ces annonces Behringer, où le positionnement tarifaire fait souvent toute la différence face à la concurrence établie.

Mon avis

Il y a une vraie logique à proposer la même base en deux versions : le contrôleur pur pour les uns, le clavier autonome avec sons pour les autres. La fiche technique est dense — 64 pas, 8 voix, accords jusqu’à 16 notes, CV/Gate, double USB-C — et sur le papier, le Jam coche beaucoup de cases d’un Keystep. Le Jam Play et ses 128 sons intégrés visent clairement le musicien nomade qui veut poser une idée sans ordinateur. Tout se jouera sur deux points absents de l’annonce : le prix et la qualité des mini-touches, souvent le maillon faible de ces formats. Si Behringer tient les deux, il y a là de sérieux candidats.

Site officiel Behringer

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.