GC Audio Total Recall Producer Channel : la tranche 100 % analogique qui se rappelle enfin toute seule

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Il existe un vieux dilemme dans les studios : on adore le son d’une belle tranche analogique, mais on déteste ne pas pouvoir la rappeler d’une session à l’autre. Le GC Audio Total Recall Producer Channel s’attaque frontalement à ce problème. Sur le papier, c’est une tranche de console haut de gamme, 100 % analogique du micro à la sortie ; dans les faits, chacun de ses réglages se sauvegarde et se recharge instantanément. Le nerf de la guerre, ce n’est pas le son — on sait faire du beau son analogique depuis des décennies — c’est le rappel.

La tranche de console GC Audio Total Recall Producer Channel de face
Crédit : GC Audio

Une chaîne analogique sérieuse, sans compromis sur le trajet audio

Commençons par ce qui compte : le signal ne rencontre jamais le moindre convertisseur. Le trajet audio reste intégralement analogique, en haute tension pour maximiser le headroom. La chaîne s’ouvre sur un préampli micro Class A différentiel à très faible bruit, bâti autour de transistors appairés SSM2212 et d’un transformateur Lundahl — une signature sonore que bien des ingénieurs recherchent. On y trouve le PAD, l’alimentation fantôme +48 V, l’inversion de phase, un coupe-bas commutable à 80 Hz et une entrée instrument en face avant.

Vient ensuite un égaliseur quatre bandes entièrement paramétrique, à contrôle Opto, avec gain, fréquence et Q réglables sur chaque bande. Puis un compresseur VCA, plaçable avant ou après l’EQ, doté d’un mode de-esser dédié pour dompter les sifflantes sans étouffer la voix. Enfin, un étage à lampe Class A haute tension, conception maison, ajoute une saturation harmonique dosable et commutable. On a là tout ce qu’on attend d’une tranche de studio pensée pour la prise de voix comme pour le traitement de bus.

  • Préampli micro Class A différentiel, transfo Lundahl, DI instrument en façade
  • EQ 4 bandes paramétrique à contrôle Opto
  • Compresseur VCA commutable pré/post-EQ, mode de-esser
  • Étage de couleur à lampe Class A haute tension

Le vrai tour de force : le rappel total

C’est ici que le Producer Channel se distingue. Le contrôle est numérique, mais l’audio ne l’est jamais. Tous les potentiomètres sont motorisés et les positions de commutateurs sont mémorisées : quand vous chargez un preset, la face avant se replace physiquement toute seule, sans que vous ayez à noter le moindre réglage. Un plug-in compagnon (Mac et PC) se connecte en USB et sauvegarde l’état de la machine avec votre session DAW, dans les deux sens. Et si vous préférez travailler sans ordinateur, un écran et un menu intégrés permettent de sauver et rappeler directement depuis l’appareil.

Le plug-in de rappel total du GC Audio Producer Channel dans le DAW
Crédit : GC Audio

GC Audio a même prévu plusieurs modes de rappel — Safe Recall, Direct Recall et un verrouillage d’appareil (Device Lock) — pour éviter les fausses manœuvres en séance. C’est le genre de détail qui trahit une conception faite par des gens qui ont réellement travaillé en studio, où une tranche qu’on rappelle mal peut coûter une prise.

Détail de la face avant du GC Audio Producer Channel
Crédit : GC Audio

Mon avis

Le rappel de l’analogique, c’est un serpent de mer. J’ai passé assez de temps en direction technique de studio pour connaître la douleur : reconstituer à la main une tranche réglée trois semaines plus tôt, à l’oreille et à la photo, en priant pour retrouver le même grain. Les potentiomètres motorisés ne sont pas neufs — les grandes consoles à rappel les emploient de longue date — mais les voir descendre dans une tranche autonome, avec un trajet audio qui ne voit jamais un convertisseur, voilà qui règle un vrai problème plutôt qu’il n’en invente un.

À environ 1 990 € HT, on n’est évidemment pas sur un achat d’impulsion, et il faudra juger le son sur pièce : un préampli Lundahl et un compresseur VCA, ça se joue dans la finesse du réglage et la qualité des composants, pas dans la fiche technique. Mais l’intention est la bonne. Pour qui veut la couleur d’une tranche analogique et la sérénité du rappel de session, c’est exactement le pont qu’on attendait. Le tout-numérique reste parfaitement viable — je le défends depuis longtemps — mais quand un maillon hardware apporte quelque chose d’audible sans sacrifier le confort de travail, il garde toute sa place.

Pour aller plus loin : notre comparatif table de mixage analogique ou numérique, notre explication de ce qu’est un VCA en audio (le cœur du compresseur de cette tranche), et notre sélection de plug-ins de saturation harmonique pour retrouver, en logiciel, un peu de cette chaleur à lampe.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.