Il y a des machines dont le son est gravé dans l’histoire de la musique électronique bien avant leur nom. La Korg Mini Pops 7 est de celles-là : c’est cette petite boîte à rythmes analogique que Jean-Michel Jarre a fait tourner sur Oxygène. Behringer travaille depuis 2024 sur un clone, et l’affaire vient de franchir une étape décisive : la Behringer Mini Pops 7 est apparue dans la dernière mouture du logiciel Syntribe (version 3.2.2). Dans le monde Behringer, cette apparition signifie une chose : le développement est bouclé, la sortie est proche.
De la boîte à presets figés au séquenceur programmable
L’originale, sortie par Keio (l’ancêtre de Korg) à la fin des années 60, était une rhythm box à motifs préprogrammés : on choisissait un style, on ne composait rien. C’est là que la version Behringer change de nature. Attendue au format RD-78 (le même gabarit compact que les RD-6 et TD-3), elle promet une quinzaine de sons de batterie et une vingtaine de motifs, mais surtout un fonctionnement entièrement programmable : sélection des instruments et séquenceur à pas, à la manière d’une boîte à rythmes Roland. On ajoute une unité de distorsion et un contrôle de tonalité, probablement un filtre.
Autrement dit, Behringer ne se contente pas de photocopier un circuit vintage : la marque prend le grain analogique de l’original et lui greffe l’ergonomie moderne qui manquait cruellement à la Mini Pops. C’est, à mon sens, la bonne manière de faire un clone — capturer ce qui rend l’objet désirable (le son) et corriger ce qui le rendait impraticable (l’absence de programmation).
Un héritage qui dépasse Jarre
Réduire la Mini Pops 7 à Oxygène serait injuste. On la retrouve bien plus tard chez Aphex Twin, sur Syro, preuve que ce petit générateur de rythmes a traversé les décennies comme un objet de caractère plus que comme un outil de précision. C’est précisément ce type de patine que Behringer cherche à remettre en circulation à un tarif accessible — la marque n’a pas encore communiqué de prix ni de date, mais son positionnement habituel laisse peu de doute sur l’ordre de grandeur.
Ce que j’en pense
Je ne suis pas dogmatique sur Behringer : quand un produit est bien conçu et rend accessible un son autrement hors de prix, je dis banco. Une Mini Pops 7 d’origine en état correct part à des sommes déraisonnables sur le marché de l’occasion, pour un objet fragile et rigide à l’usage. Si Behringer livre le grain avec, en prime, un vrai séquenceur, l’équation devient très favorable pour qui fait de l’électronique à l’ancienne. La prudence reste de mise tant que la machine n’est pas entre les mains des utilisateurs — une apparition dans Syntribe n’est pas une date de sortie — mais le faisceau d’indices est cette fois sérieux. En attendant l’objet, voici le son de l’originale, celui que Behringer cherche à faire revivre :
À rapprocher des autres sorties récentes de la marque : le Behringer CS Mini inspiré du Yamaha CS-80, le synthé de poche Behringer AKS Mini et le module Behringer JT-2 façon Jupiter-8.