MOTU complète sa gamme d’interfaces avec l’OctaLite, un boîtier demi-rack pensé pour enregistrer huit sources simultanément sans monopoliser une baie entière. Sur le papier, c’est un 16 entrées / 12 sorties ramassé dans un châssis acier coiffé d’un grand afficheur OLED. Dans la pratique, c’est surtout une réponse directe à une frustration courante : avoir assez de préamplis de qualité sous la main sans sacrifier la mobilité.
Un demi-rack qui capte huit sources d’un coup
La façade aligne huit entrées combo XLR/TRS acceptant micro, ligne et instrument haute impédance. À l’arrière, deux sorties ligne symétriques en TRS, une sortie casque dédiée, et une paire de ports optiques commutables entre ADAT et TOSLink. Le tout communique par USB-C en mode class compliant : on le branche, il fonctionne, y compris sur iPad. Le format demi-rack n’est pas un détail — il tient dans un sac, se pose sur un coin de bureau et se monte en rack avec le kit adéquat.

Des préamplis généreux et une conversion haut de gamme
Chaque préampli offre jusqu’à 74 dB de gain, un pad de -20 dB, l’alimentation fantôme 48 V commutable voie par voie et des amplis opérationnels Burr-Brown, pour un bruit d’entrée équivalent annoncé à -129 dBu. Côté conversion, MOTU embarque la technologie ESS Sabre32 avec un DAC ES9026PRO : 125 dB de dynamique en sortie et un THD+N de -114 dB. On enregistre jusqu’à 192 kHz. Ce sont des chiffres que l’on attend d’habitude sur des interfaces plus chères, et c’est précisément là que l’OctaLite veut marquer des points.
| Caractéristique | MOTU OctaLite |
|---|---|
| Configuration | 16 entrées / 12 sorties, demi-rack |
| Préamplis | 8 combo XLR/TRS (micro/ligne/instrument), +74 dB, pad -20 dB, 48 V par voie |
| Conversion | ESS Sabre32 (ES9026PRO), 125 dB de dynamique, jusqu’à 192 kHz |
| Optique | 1 entrée / 1 sortie ADAT ou TOSLink, SMUX |
| Connexion | USB-C class compliant (Mac, Windows, iOS) |
| Latence | 2 ms aller-retour à 96 kHz (buffer 32 échantillons) |
CueMix 5 : du monitoring sans latence, avec effets
L’OctaLite intègre son propre DSP et le logiciel de mixage CueMix 5 (Mac, Windows, iOS). On y construit des mixes indépendants pour les sorties ligne, le casque et le loopback, avec réverbération, dynamique et égaliseur paramétrique 4 bandes applicables au monitoring comme à l’enregistrement. Le loopback propose trois bus virtuels, utiles pour la diffusion en direct ou le podcast. Avec 2 ms d’aller-retour mesurés à 96 kHz, le monitoring par l’ordinateur redevient envisageable — mais le mixage interne reste la voie royale pour jouer sans décalage, un sujet que nous avons détaillé dans notre guide sur la latence audio.

L’extension optique : huit entrées de plus pour l’interface que vous avez déjà
C’est l’astuce la plus maligne du boîtier. Grâce à ses ports optiques, l’OctaLite se comporte en extension optique : il ajoute huit entrées micro/ligne/instrument à une UltraLite-mk5, une 828, une 16A ou toute interface dotée d’une entrée ADAT, via un seul câble optique. Autrement dit, vous ne remplacez pas votre interface : vous la prolongez le jour où une session demande plus de voies. Ceux qui cherchent plutôt une interface de bureau à caractère regarderont du côté des Universal Audio Volt Gen 2, mais l’OctaLite joue une autre partition : celle du nombre d’entrées et de la souplesse.

Prix, logiciels et disponibilité
L’OctaLite est annoncé à 849,95 $ de prix public conseillé. Il est livré avec la station de travail Performer Lite, plus de cent instruments virtuels et environ 6 Go de boucles et de samples — un bon point de départ pour qui débute, et un complément utile à un Digital Performer 12 déjà installé. Il réclame macOS 12 ou Windows 11, et fonctionne avec iOS 13.5 et au-delà. La fiche produit complète est sur le site de MOTU.
Mon avis
L’OctaLite vise juste : huit préamplis propres, une conversion qui ne rougit pas face à des interfaces deux fois plus chères, et ce petit tour de passe-passe de l’extension optique qui transforme le boîtier en rallonge pour une interface déjà en place. Le format demi-rack change la vie en déplacement comme sur un bureau encombré. À 850 dollars, le positionnement est agressif sans être bradé. La vraie question n’est pas la qualité — elle est là — mais de savoir si vos huit entrées vous servent vraiment tous les jours, ou si une interface plus compacte suffirait.