Dynaudio connaît mieux que personne la sortie de ses propres moniteurs. Avec la série Control, la marque danoise s’attaque à l’autre bout de la chaîne : le pilotage de l’écoute. Le Control 01, son grand frère Control 02 et la télécommande Control Link condensent dans un seul rack tout ce qui, aujourd’hui, se répartit entre un contrôleur de monitoring, une baie de brassage numérique, un convertisseur de format et un processeur de correction acoustique.
Un seul rack pour tout le poste d’écoute
Le Control 01 tient sur une unité de rack, mais il cumule les fonctions : contrôleur de monitoring, baie de brassage numérique, convertisseur de format, ampli casque, optimiseur d’égalisation de salle et routeur audio. Le Control 02 ajoute huit sorties analogiques et sa propre conversion numérique-analogique, de quoi attaquer directement des moniteurs à entrée analogique comme les LYD ou les BM de la maison. Dans les deux cas, l’idée est de remplacer une pile d’appareils par une seule boîte pilotable, au plus près de la position d’écoute.

DAD dans le moteur
Le vrai argument tient en trois lettres : DAD, pour Digital Audio Denmark. La série Control est le fruit d’une collaboration de longue date avec ce spécialiste des interfaces et du monitoring haut de gamme, dont les produits équipent déjà quantité de salles de mastering et de dubbing stages Atmos. Le pilotage passe par le logiciel DADman, avec les modules PRO|MON et SPQ. Concrètement, cela ouvre la gestion de n’importe quelle configuration d’écoute, du mono jusqu’à 128 canaux immersifs, chacun avec son égalisation, son gain et son délai. Pour la correction de salle, Dynaudio annonce plus d’un millier de bandes d’égalisation, et les formats Dolby Atmos sont couverts jusqu’au 9.1.6.
De la connectique à revendre
Côté entrées-sorties, le Control 01 ne se limite pas. On trouve 256 canaux en Dante, 256 autres via deux ports Thunderbolt 3, un double MADI sur BNC, de l’AES3 sur DB25, de l’ADAT optique et des horloges Word Clock. Deux emplacements d’extension au format DAD et une liaison DADlink permettent de grimper jusqu’à 984 canaux configurables au total, sans latence supplémentaire. On parle donc d’un hub capable de desservir aussi bien un studio de mixage qu’un camion de captation ou une salle immersive, sans goulet d’étranglement. Deux sorties casque indépendantes complètent la face avant.

Rappelons que la gestion de ces flux reste un sujet à part entière : notre tour d’horizon de l’audio-sur-IP Dante détaille ce qui se joue derrière ces 256 canaux réseau, et notre guide du mixage en Dolby Atmos remet le pilotage immersif en perspective.
Control Link : la main sur le niveau
La partie processeur vit dans le rack, mais c’est au bureau que l’on travaille. La télécommande Control Link apporte une grosse molette de niveau à la course précise et quarante touches programmables : bascule entre jeux d’enceintes, rappel de presets, sélection de sources, options de downmix, routages complexes. Le genre de geste que l’on répète mille fois par jour et qui doit tomber sous la main sans réfléchir. C’est aussi ce qui distingue un vrai contrôleur de monitoring d’un simple bouton de volume.

Positionnement et disponibilité
La série se place clairement sur le segment professionnel. Le Control 01 est annoncé autour de 5 300 €, le Control 02 autour de 6 300 € et la télécommande Control Link autour de 1 400 €. Le Control 01 et le Control Link sont disponibles chez les revendeurs professionnels de la marque, le Control 02 suivant ensuite. À ce tarif, on ne vise pas le home-studio mais bien les salles où le monitoring immersif et le routage sont devenus des contraintes quotidiennes.
| Modèle | Rôle | Spécificité | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Control 01 | Processeur de monitoring et routeur | Jusqu’à 984 canaux, 128 canaux immersifs | ≈ 5 300 € |
| Control 02 | Idem + conversion N/A | 8 sorties analogiques intégrées | ≈ 6 300 € |
| Control Link | Télécommande de bureau | Molette de niveau + 40 touches programmables | ≈ 1 400 € |
Mon avis
Confier le moteur à DAD est la meilleure décision de ce projet : c’est la référence du monitoring et du routage haut de gamme, et cela place d’emblée la série Control dans la cour des grandes salles plutôt que dans celle des accessoires. L’approche « un rack, tout le poste d’écoute » a du sens à l’heure où l’immersif multiplie les canaux et où le réseau remplace le câble. Reste la question du prix : à ce niveau, le Control 01 ne s’adresse pas au studio qui démarre, mais à celui qui gère déjà plusieurs jeux d’enceintes et une config Atmos. Pour qui vit avec ces contraintes, regrouper contrôle, conversion et correction dans une seule boîte pilotée à la molette n’est pas un luxe : c’est du temps gagné à chaque session.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le Control 01 et le Control 02 ?
Les deux partagent le même cœur numérique et la même connectique réseau. Le Control 02 ajoute huit sorties analogiques et sa propre conversion numérique-analogique, ce qui lui permet d’attaquer directement des moniteurs à entrée analogique sans convertisseur externe. Le Control 01 reste, lui, entièrement numérique en sortie.
Faut-il obligatoirement la télécommande Control Link ?
Non, le processeur se pilote aussi par le logiciel DADman. Mais la Control Link apporte le contrôle physique du niveau et des bascules d’écoute, qui fait toute la différence en session. Elle se vend séparément, autour de 1 400 €.
Combien de canaux immersifs la série Control gère-t-elle ?
Jusqu’à 128 canaux, chacun avec son égalisation, son gain et son délai, via les modules PRO|MON et SPQ de DADman. Les configurations Dolby Atmos sont couvertes jusqu’au 9.1.6, de quoi couvrir la grande majorité des salles de mixage immersif.
Comment atteint-on les 984 canaux annoncés ?
En combinant les interfaces intégrées (256 canaux Dante, 256 en Thunderbolt, MADI, AES3, ADAT) avec les deux emplacements d’extension DAD et une liaison DADlink. Cette montée en charge se fait sans latence supplémentaire, ce qui est essentiel pour un poste de monitoring.