Crumar remet à jour son clone d’orgue le plus populaire. Le Mojo 61 MK2 garde le moteur VB3-II qui a bâti sa réputation, mais il adopte un nouveau clavier waterfall, des commandes de façade repensées et une édition sans fil depuis un simple navigateur. De quoi replacer cette référence du son électromécanique au centre des claviers de scène compacts.
Un clone d’orgue qui mise sur le toucher et le temps réel
Le Mojo 61 MK2 est un orgue à tirettes et piano électrique numérique monoclavier. Il repose sur un clavier de 61 notes, cinq octaves, semi-lesté et sensible à la vélocité : le keybed waterfall PULSE 6105WF, repris du contrôleur DK61 de la marque. Ce profil à bord plat, sans la lèvre des claviers de piano, est le geste naturel de l’organiste pour les glissandos et les attaques percussives. C’est l’une des vraies évolutions de cette seconde génération, avec des boutons-poussoirs agrandis et une ergonomie clarifiée.
Le cœur sonore reste le moteur GSi VB3-II, la même simulation d’orgue électromécanique que l’on trouve dans le Mojo Classic double clavier. L’instrument embarque 22 modèles de roues phoniques vintage : vous choisissez la personnalité de la machine, vous l’affinez tirette par tirette, puis vous la mémorisez pour un rappel instantané. Tout est généré en temps réel, sans échantillon et en polyphonie complète : pas de notes coupées, même quand vous empilez les accords.
Huit moteurs, pas seulement des roues phoniques
Le MK2 ne se limite pas au tonewheel. Il propose un orgue à tuyaux modélisé d’inspiration baroque, avec huit jeux plus une fourniture, trois accouplements et un tremulant. Suivent deux orgues à transistors — un Compact DeLuxe à l’italienne et un Continental au tolex rouge — pour le registre combo des années 1960. Côté pianos, la modélisation couvre un Tine, un Reed et un Clavinet, complétés par un piano acoustique hybride (échantillonné et modélisé). La résonance sympathique, les bruits mécaniques et le comportement de la pédale forte sont capturés, ce qui change tout au jeu.
Une section d’effets taillée pour la scène
Un orgue à roues phoniques sans cabine rotative n’aurait pas de sens : le MK2 intègre une simulation d’amplis rotatifs 122/147 à lampes, une overdrive à lampe, un trémolo/auto-panner, une wah, un chorus et un phaser stéréo, des amplis statiques pour les combos et une réverbération stéréo. Chaque effet est modélisé d’après des pédales et des amplis vintage réputés, et tout se règle finement depuis la façade ou l’éditeur.
Édition Wi-Fi et connectique
La nouveauté la plus pratique est l’éditeur en Wi-Fi : le Mojo 61 MK2 diffuse sa propre application web, et vous ajustez l’intégralité des paramètres depuis un téléphone, une tablette ou un ordinateur, sans pilote à installer. À l’arrière, on trouve deux entrées MIDI, un port USB-B pour le MIDI, deux ports USB-A pour les mises à jour et l’éditeur, deux sorties ligne symétriques au jack 6,35 mm, une sortie casque et des entrées pour pédales d’expression, de rotatif et de sustain. L’ensemble tient dans un boîtier de 89,5 × 35,6 × 11 cm pour 9 kg, transportable sans effort.
Pour qui veut un véritable rig double clavier, Crumar propose en option un Lower Manual assorti : il se glisse sous le Mojo 61, s’aligne grâce aux pieds caoutchouc, et un seul câble MIDI spécial assure l’alimentation et les données. Ce clavier inférieur est aussi un contrôleur MIDI autonome avec sorties USB et MIDI.
Côté tarif, le Mojo 61 MK2 se situe autour de 1 400 € en Europe (1 579 $ aux États-Unis), avec une disponibilité annoncée début octobre 2026. Il se place face aux stages compacts orientés orgue et aux solutions logicielles, en défendant l’argument d’un instrument dédié, immédiat et complet. Dans la même veine clavier, on pourra le comparer à l’Arturia AstroLab 2.0 ou au Roland FP-40, chacun avec sa philosophie de scène.
Mon avis
Le choix du clavier waterfall change plus de choses qu’il n’y paraît : c’est précisément ce qui sépare un clone d’orgue crédible d’un synthé qui imite un orgue. Garder le VB3-II tout en soignant le toucher et en ouvrant l’édition au navigateur, c’est viser juste pour les organistes qui jouent debout, serrés sur un pied à deux étages. Les 22 roues phoniques et l’orgue à tuyaux modélisé donnent de la matière à creuser, et le poids contenu compte vraiment quand on charge le van à 2 h du matin. Reste une question ouverte : le MK2 saura-t-il convaincre ceux qui ne jurent que par le double clavier d’origine ? L’option Lower Manual est là pour ça.
Questions fréquentes
Le Mojo 61 MK2 est-il monophonique ou polyphonique ?
Il est entièrement polyphonique. Tous ses sons sont générés en modélisation temps réel, sans lecture d’échantillons pour les moteurs d’orgue, et Crumar garantit l’absence de notes coupées même sur les accords denses et les tenues longues.
Peut-on l’utiliser en configuration double clavier ?
Oui, via l’option Lower Manual MK2. Ce second clavier se pose sous le Mojo 61, s’aligne par des pieds caoutchouc et se relie par un unique câble MIDI spécial qui transporte alimentation et données. Il peut aussi recevoir un interrupteur rotatif en demi-lune, et sert par ailleurs de contrôleur MIDI autonome.
Comment édite-t-on les sons en profondeur ?
Au-delà des tirettes et des commandes de façade, l’instrument héberge une application web accessible en Wi-Fi. Vous ouvrez l’éditeur dans un navigateur, sur téléphone, tablette ou ordinateur, et vous accédez à l’ensemble des paramètres sans installer de pilote.
Quelles sorties et quelles pédales sont prises en charge ?
L’arrière propose deux sorties ligne symétriques au jack 6,35 mm, une sortie casque, deux entrées MIDI, un port USB-B pour le MIDI et deux ports USB-A. Côté pédales, vous disposez d’entrées pour une pédale d’expression, un contrôleur de rotatif et une pédale de sustain.