Fin septembre, Native Instruments a publié Maschine 3.7 sur ordinateur, le premier gros chantier de la gamme depuis son passage sous le pavillon inMusic. Restait une inconnue pour les utilisateurs de la version autonome : quand la Maschine+ en profiterait-elle ? La réponse arrive avec la mise à jour 2.3.0, qui apporte à la machine les nouveautés de la 3.7 et règle au passage un point de compatibilité que beaucoup redoutaient.
La Maschine+ rattrape la version 3.7
La Maschine+ est une groovebox autonome : un ordinateur dédié à Maschine, que l’on utilise sans PC ni Mac. C’est sa force, mais aussi sa contrainte, puisque son logiciel interne évolue à son propre rythme, en décalage avec la version ordinateur. La 2.3.0 remet les deux sur le même socle fonctionnel et ouvre, sur la machine, les trois outils de séquençage qui faisaient tout l’intérêt de la 3.7.

Trois outils qui remettent du mouvement dans les motifs
Séquenceur euclidien
Le principe euclidien répartit un nombre d’évènements le plus régulièrement possible sur un nombre de pas donné — la logique rythmique que l’on retrouve dans quantité de musiques du monde comme dans la techno. Sur la Maschine+, un mode Live permet de retravailler le motif pendant que la boucle tourne, sans l’arrêter : on cherche son groove à l’oreille, en direct.
Générateur de notes aléatoires
Il construit des motifs à partir de probabilités, qu’ils soient percussifs, mélodiques ou harmoniques, avec un réglage de la part d’aléatoire appliquée à la vélocité. De quoi lancer une idée quand la page blanche menace, puis garder ce qui fonctionne.
Probabilité de note (« Chance »)
Chaque note se voit attribuer une valeur de chance, retirée à chaque passage de la boucle : le motif ne se répète plus à l’identique, il respire et se transforme tout seul. Dès qu’une variation vous séduit, vous la figez. C’est l’outil qui rapproche la Maschine+ des grooveboxes pensées pour la performance, dans l’esprit de ce que proposent des machines comme les récents claviers-séquenceurs ou les cerveaux génératifs pour Eurorack.

Le vrai cadeau : la portabilité des projets
La nouveauté la moins spectaculaire est peut-être la plus importante. Maschine 3.7 a modifié la manière dont les projets sont enregistrés. Conséquence directe : un projet créé sur l’ordinateur en 3.7 réclamait une Maschine+ également en 3.7 pour s’ouvrir — et Native Instruments avait d’ailleurs conseillé d’attendre la mise à jour de la machine avant de basculer son ordinateur. La 2.3.0 lève ce verrou et rétablit l’aller-retour dans les deux sens. Pour qui démarre une idée sur les pads avant de la finir à l’écran, c’est la fin d’un casse-tête.

Une machine qui refuse de vieillir
Pour mémoire, la Maschine+ repose sur un processeur quadricœur, 4 Go de mémoire vive, seize pads sensibles et multicolores, deux écrans couleur et une interface audio 96 kHz / 24 bits avec entrée micro. Rien n’a changé côté matériel : c’est bien le logiciel qui lui offre une seconde jeunesse. La mise à jour est gratuite et arrive dans l’année anniversaire de Maschine, trois décennies après les débuts du concept. De la part d’une gamme que l’on disait en sommeil, le signal est clair.
Mon avis
Voir la Maschine+ suivre la version ordinateur au pas, c’est le message qui comptait vraiment : la plateforme n’est pas abandonnée. Le séquençage euclidien et la probabilité ne sont pas des gadgets, ils fabriquent du mouvement là où un motif figé tournait en rond — exactement ce que l’on cherche sur une machine que l’on emmène loin de l’écran. Le plus beau cadeau reste pourtant discret : rouvrir ses projets d’un bout à l’autre de la chaîne sans conversion. Pour qui compose sur les pads avant de peaufiner au studio, c’est une contrainte de moins et une raison de ressortir la machine.