Le rotary mixer, longtemps réservé aux puristes de la house et du disco, est redevenu un objet de désir. Derrière une bonne partie des modèles boutique qui alimentent cette mode, on retrouve un même atelier britannique : Union Audio, mené par Andy Rigby-Jones. La marque vient d’annoncer qu’elle reprenait la production des two.valve et four.valve, deux mixers rotatifs à lampes jusqu’ici commercialisés sous la marque MasterSounds.
Un transfert dans la continuité
L’histoire est simple. MasterSounds, fondé par Ryan Shaw en 2008, s’était associé dès 2016 à Union Audio, qui fabriquait ses mixers. MasterSounds ayant cessé son activité, c’est donc l’atelier qui produisait déjà ces machines qui les reprend sous son propre nom. Les anciens Two Valve MK2 et Four Valve MK2 deviennent les two.valve et four.valve, avec les mêmes caractéristiques et la même fabrication artisanale au Royaume-Uni. Côté son, rien ne bouge ; côté étiquette, tout change. Pour l’acheteur, l’intérêt est double : la pérennité d’un produit que l’on craignait de voir disparaître, et un interlocuteur unique pour la fabrication comme pour le suivi.

Ce que la lampe vient chercher
Le nom ne ment pas : ces deux mixers embarquent un étage à lampes et affichent même des VU-mètres rétro-éclairés qui participent à l’ambiance autant qu’à la mesure. L’idée n’est pas la transparence clinique mais une couleur, une rondeur dans le grave et une saturation douce quand on pousse. Chaque voie dispose d’une égalisation trois bandes, d’un filtre passe-haut, d’entrées phono (avec correction RIAA) ou ligne commutables et d’un départ auxiliaire pré ou post. Le crossfader est un Innofader, référence du marché pour sa longévité et son réglage. On est clairement dans la logique du mixer de club haut de gamme, pensé pour mixer à l’oreille et à la main plutôt qu’à l’écran.
two.valve ou four.valve : deux ou quatre voies
Le two.valve est un deux voies compact, idéal pour le set vinyle à deux platines ou le DJ qui privilégie la simplicité. Le four.valve passe à quatre voies et ajoute un isolateur trois bandes dédié (grave, médium, aigu), une section Master et Booth séparée et une écoute Split au casque. C’est le modèle pour les sets plus construits, les platines multiples ou l’ajout d’une boîte à rythmes et d’une source externe. Les deux conservent la même philosophie sonore ; seul le nombre de canaux et la richesse de la section master changent.

| Modèle | Voies | Points clés | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| two.valve | 2 | Étage à lampes, EQ 3 bandes, Innofader | ≈ 1 475 £ (≈ 1 700 €) |
| four.valve | 4 | Isolateur 3 bandes, Master/Booth, Split | ≈ 1 975 £ (≈ 2 300 €) |
| Signature Series | 2 ou 4 | Finitions et composants premium | ≈ 1 986 à 2 754 £ |
La gamme Orbit s’élargit avec les LE fx
Le même mouvement se joue à l’autre extrémité du catalogue. Union Audio complète sa gamme Orbit avec les orbit.2 LE fx et orbit.4 LE fx, des rotary mixers plus accessibles qui intègrent cette fois une section d’effets, un retour et un insert auxiliaires et une sortie master sur XLR. On y retrouve l’isolateur et les VU-mètres maison, mais dans un format et à un tarif pensés pour celui qui veut goûter au rotary sans viser d’emblée le haut de la gamme à lampes. L’orbit.2 LE fx tourne autour de 895 £ et l’orbit.4 LE fx autour de 1 095 £, toujours en fabrication britannique.

Ce retour en grâce des commandes rotatives s’inscrit dans un contexte plus large, entre nostalgie assumée et vrai confort de mixage. On l’avait déjà vu avec le retour du son Rodec MX-180 en préampli phono, et il va de pair avec le regain d’intérêt pour le vinyle et des platines comme la Reloop RP-2000 MK4.
Mon avis
Bonne nouvelle pour qui lorgnait ces machines : reprendre une gamme que l’on fabriquait déjà est la façon la plus propre d’assurer sa continuité, sans rupture de qualité ni de service. La lampe reste une affaire de goût, et il ne faut pas lui demander la neutralité d’un mixer de studio — ce n’est pas le cahier des charges. Ici, on paie une couleur, une ergonomie taillée pour le mix manuel et une fabrication à la main qui se ressent sous les doigts. Le vrai mouvement intéressant, c’est l’arrivée des Orbit LE fx : voir le format rotary avec effets descendre sous la barre des 1 000 £ ouvre la porte à des DJ qui en rêvaient sans pouvoir s’offrir un modèle à lampes. Reste une question de fond : combien de temps cette mode tiendra-t-elle avant de se banaliser ?
Questions fréquentes
Les two.valve et four.valve sont-ils différents des anciens MasterSounds ?
Non. Ce sont les mêmes machines que les Two Valve MK2 et Four Valve MK2, avec les mêmes caractéristiques et la même fabrication britannique. Seul le nom de marque change : Union Audio, qui les produisait déjà, les commercialise désormais sous son propre pavillon.
Quelle différence entre un étage à lampes et une égalisation isolateur ?
La lampe colore le signal de tout le mixer, dans le grave surtout, et apporte une saturation douce quand on pousse les niveaux. L’isolateur, lui, est une égalisation trois bandes très efficace qui permet de couper franchement grave, médium ou aigu — un outil de transition. Le four.valve combine les deux.
À quoi servent les modèles Orbit LE fx ?
Ce sont des rotary mixers plus abordables qui intègrent une section d’effets, un retour et un insert auxiliaires et une sortie master XLR. Ils visent le DJ qui veut l’ergonomie rotative et des effets intégrés sans passer au format à lampes, plus coûteux.
Ces mixers sont-ils pensés pour le vinyle ?
Oui, en partie : chaque voie accepte une entrée phono avec correction RIAA ou une entrée ligne commutable, ce qui convient aussi bien aux platines vinyle qu’aux lecteurs numériques. Le format rotatif et les isolateurs sont historiquement liés à la culture du mix vinyle house et disco.