Yamaha DM5 et DM5 Compact : la console numérique qui fait descendre le workflow DM7

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Yamaha complète par le bas sa gamme de consoles numériques. Annoncée le 10 septembre 2026, la série DM5 reprend l’ergonomie et le moteur de la DM7 pour les glisser dans un format nettement plus compact, décliné en deux modèles : la DM5 à double bloc de faders et la DM5 Compact, pensée pour les régies serrées. La cible est large — sonorisation de salles petites et moyennes, événementiel, lieux de culte, théâtre et production broadcast légère.

Une DM7 condensée, pas une sous-console

L’enjeu de la DM5 n’est pas de rogner sur le traitement, mais de rendre accessible l’environnement de la DM7 dans un gabarit transportable. On retrouve donc la même logique d’exploitation : navigation tactile, affectation souple des voies, mémoires de scènes et bibliothèque d’effets. La DM5 traite jusqu’à 60 voies d’entrée mono, avec 24 bus de mixage, 12 matrices, deux bus stéréo et 12 DCA. Autant dire de quoi gérer un concert à plusieurs retours ou une captation multipiste sans jongler avec les ressources.

La surface mise sur la lisibilité : 26 faders motorisés, deux écrans tactiles de 13,3 pouces et un écran utilitaire de 4 pouces. Les touches en verre et l’inclinaison réglable de l’afficheur trahissent le soin apporté à l’exploitation prolongée, celle où l’on passe huit heures derrière la console sans y penser.

Faible profondeur de la DM5 et accès confortable à l'afficheur
Credit : Yamaha

Deux formats pour deux réalités de régie

Le choix se joue sur l’encombrement et le nombre de voies. La DM5 complète vise la polyvalence ; la DM5 Compact, large de seulement 446 mm, se case dans une régie exiguë ou un flight case de tournée sans renoncer au cœur numérique.

CaractéristiqueDM5DM5 Compact
Voies d’entrée6048
Faders / écrans26 faders, deux écrans 13,3″un bloc de faders, un écran
E/S analogiques32 entrées / 16 sorties16 entrées / 16 sorties
Largeurformat double bloc446 mm
Réseau Dante64 x 64 à 96 kHz

Les deux partagent l’essentiel : 24 bus de mixage, 12 matrices, deux bus stéréo, 12 DCA et un traitement en 96 kHz de bout en bout.

Le son : la boîte à outils DM7 au complet

Côté traitement, la DM5 hérite de la panoplie maison : quatre types d’égaliseur, compresseurs à modélisation (Comp 260, Legacy Comp, limiteur FET, compresseur à pont de diodes), gate, de-esser, expandeur et ducking. Le Dugan Automixer, précieux en conférence ou en plateau parlé, est de la partie. Pour aller plus loin, un emplacement PY accueille une carte PY-DSP qui ajoute de la puissance de calcul, et le Premium Rack propose des traitements développés avec Rupert Neve Designs. On tient là une console qui sait rester dans le monde du tout-numérique sans frustrer l’oreille.

Écran tactile inclinable de la Yamaha DM5
Credit : Yamaha

Réseau et périphériques : l’écosystème Dante

La DM5 s’appuie sur Dante en 64 entrées / 64 sorties à 96 kHz, le standard de fait en audio sur IP pour la scène et l’installation. Elle dialogue avec la nouvelle génération de racks d’E/S R series (convertisseurs AD/DA de 3e génération), ce qui permet de déporter les préamplis au plus près des sources et de câbler toute une installation avec un simple lien réseau. S’ajoutent 18 canaux d’E/S USB pour l’enregistrement et la diffusion multipiste, une prise RJ45 de contrôle et une liaison Bluetooth pour la lecture audio d’appoint.

Consoles DM5 avec racks d'entrées-sorties R series en réseau Dante
Credit : Yamaha

La DM5 ne réinvente pas la console numérique : elle démocratise un savoir-faire éprouvé. En posant le workflow de la DM7 sur un format transportable et un réseau Dante complet, Yamaha vise précisément les prestataires et les lieux qui veulent une bête de somme fiable sans monter en gabarit ni en budget.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la DM5 et la DM5 Compact ?

La DM5 complète offre 60 voies d’entrée, 32 entrées analogiques et un double bloc de faders avec deux écrans de 13,3 pouces. La DM5 Compact descend à 48 voies, 16 entrées analogiques et un seul bloc de faders, pour une largeur de 446 mm. Le traitement et le réseau Dante restent identiques entre les deux.

La DM5 est-elle compatible avec les racks d’E/S existants ?

Elle est conçue pour la nouvelle génération R series à convertisseurs de 3e génération, raccordée en Dante. Le réseau gère 64 entrées et 64 sorties à 96 kHz, ce qui autorise le déport des préamplis et l’intégration dans une installation audio sur IP.

Peut-on enregistrer directement depuis la console ?

Oui. La DM5 embarque 18 canaux d’E/S USB, suffisants pour une captation multipiste ou une diffusion vers un ordinateur. Pour davantage de pistes, le réseau Dante reste la voie royale.

La DM5 convient-elle à la production broadcast ?

Yamaha la positionne pour la sonorisation, l’événementiel, le théâtre et la production broadcast légère. Le Dugan Automixer et les traitements dynamiques dédiés à la voix la rendent pertinente sur les plateaux parlés, même si elle n’est pas une console de mise en onde à proprement parler.

Mon avis

La vraie nouvelle, ce n’est pas une fonction inédite mais l’adresse : une DM7 dans un gabarit qu’on transporte sans transpalette. Le double écran de 13,3 pouces et les 26 faders de la version complète donnent une surface confortable là où la concurrence serre les rangs, et le réseau Dante complet évite de brider la console dès qu’une install grandit. La DM5 Compact à 446 mm, elle, va faire du bien aux régies où chaque centimètre compte. Reste une question ouverte, que seul l’usage tranchera : le prix de lancement placera-t-il la série face aux consoles compactes déjà bien installées, ou un cran au-dessus ?

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.