DirectOut ACE : la puissance des PRODIGY dans un demi-rack prêt à voyager

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Annoncé depuis Mittweida, en Allemagne, l’ACE reprend l’architecture FPGA qui fait la réputation de la série PRODIGY et la glisse dans un châssis demi-rack. L’idée tient en une phrase : la fiabilité et la puissance de traitement des grosses machines de la marque, mais dans un format que l’on emporte dans un sac à dos. Deux alimentations veillent en façade, signe que la redondance n’a pas été sacrifiée sur l’autel de la compacité.

Toute la connectique des grands réseaux

Sur un seul appareil, l’ACE réunit les protocoles qui structurent aujourd’hui l’audio professionnel : MADI, audio sur IP, Dante, Milan pour celles et ceux qui l’ont adopté, AES3 et des entrées-sorties analogiques de qualité. En façade, un écran, un encodeur de contrôle et quatre sorties casque permettent de piquer un point d’écoute sans ouvrir un ordinateur. C’est précisément le genre de boîtier qui remplace trois convertisseurs et une passerelle dans une baie de régie ou un car-régie.

Trois modes selon le métier

La vraie astuce de l’ACE, ce sont ses ACE Modes : des interfaces globcon taillées pour un usage précis, de la configuration guidée jusqu’à l’environnement entièrement ouvert.

ModeÀ quoi il sert
PlaybackBascule machine principale / secours, inserts de traitement voix, routage de sortie simplifié, avec la redondance EARS intégrée.
PAUn drive rack complet : EQ, dynamique, delays et intégration native de Smaart pour le calage système.
PRODIGYL’environnement globcon dans son intégralité, comme sur les PRODIGY et MAVEN : routage, mixage, sommation, snapshots et redondance sans garde-fou.

EARS, globcon et licences à la carte

La redondance EARS surveille les chemins de signal et bascule sans coupure audible, un argument décisif dès qu’un direct ou une diffusion est en jeu. Le pilotage passe par globcon, le même logiciel que sur le haut de la gamme, ce qui évite de réapprendre une interface quand on jongle entre les machines. Côté commercial, DirectOut a retenu un modèle de licences perpétuelles granulaires : on active les modes et les fonctions dont on a réellement besoin, et l’on fait évoluer la bête ensuite. Un assistant, Ask.DirectOut, vient épauler la configuration et la conception système.

Ce que ça change concrètement

Pour une régie de festival, un car-régie broadcast ou un rig de playback en tournée, l’ACE propose une seule référence à transporter là où il en fallait plusieurs. Il s’inscrit dans la même logique que le récent boîtier d’E/S modulaire Calrec Apex M6 : relier les réseaux audio entre eux sans multiplier les maillons. Si la cohabitation Dante / AES67 / ST 2110 reste floue pour vous, notre guide de l’audio sur IP remet les idées en place. La fiche complète est sur la page produit DirectOut.

Mon avis

Le pari est malin : prendre un moteur de traitement déjà éprouvé et le rendre portable sans rogner sur la redondance. Les trois modes évitent l’écueil habituel de ces couteaux suisses, où la puissance se paie d’une courbe d’apprentissage décourageante — ici, on commence en mode guidé et l’on ouvre le capot quand on est prêt. Le modèle de licences à la carte mérite qu’on lise les petites lignes avant d’acheter, car c’est lui qui déterminera le vrai prix de votre configuration. Mais pour qui vit en tournée ou en car-régie, un boîtier unique qui parle tous les réseaux et bascule sans coupure, c’est exactement le genre d’outil qui simplifie une journée de montage.

Questions fréquentes

Quels réseaux audio l’ACE prend-il en charge ?

MADI, Dante, Milan, AES3 et de l’audio sur IP, auxquels s’ajoutent des entrées-sorties analogiques. C’est cette polyvalence qui lui permet de servir de passerelle entre des infrastructures qui, sans lui, ne se parleraient pas.

En quoi diffère-t-il d’un PRODIGY ?

Il partage le même cœur FPGA et le même logiciel globcon, mais dans un format demi-rack, prêt à voyager, avec un nombre d’E/S et une capacité adaptés au nomadisme plutôt qu’à une grosse installation fixe.

La redondance est-elle vraiment intégrée ?

Oui. L’ACE embarque deux alimentations et la technologie EARS, qui surveille les chemins de signal et bascule sans coupure audible en cas de défaillance — un prérequis pour le direct et la diffusion.

Comment l’achète-t-on ?

Via un modèle de licences perpétuelles granulaires : on n’active que les modes et fonctions utiles, quitte à en ajouter plus tard. Le coût dépend donc de la configuration retenue, pas d’un tarif unique.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.