Universal Audio Empirical Labs FATSO : le saturateur de légende passe en natif à 79 $

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Il y a des boîtes grises qui finissent par entrer dans le vocabulaire courant. Le FATSO d’Empirical Labs, conçu par Dave Derr, en fait partie : un hybride saturation-compression dont on se sert pour « réchauffer » une piste, coller un bus ou donner du corps à un mix un peu propret. Universal Audio en proposait déjà une émulation, mais réservée à ses interfaces Apollo et à ses cartes UAD-2. C’est fini : le FATSO débarque en version native, et c’est un changement d’usage réel pour qui ne possède pas de matériel UA.

Natif, vraiment natif

Le plugin est désormais disponible aux formats VST3, AU et AAX sur macOS et Windows, Apple Silicon compris, et fonctionne aussi dans LUNA. Surtout, il tourne sur le processeur de la machine : plus besoin d’une interface Apollo ni d’un accélérateur UAD pour l’ouvrir. Une version DSP subsiste pour ceux qui veulent décharger leur ordinateur sur le matériel UA, mais ce n’est plus un prérequis. L’activation passe par un compte iLok gratuit.

L'interface du FATSO natif, avec ses réglages de saturation et de compression
Crédit : Universal Audio

Ce basculement n’a l’air de rien, mais il change la façon de travailler. Un traitement qu’on réservait jadis à deux ou trois pistes « parce que le DSP était compté » peut maintenant se poser partout dans la session, sans arbitrage. C’est précisément la demande que les utilisateurs formulaient depuis des années.

FATSO Jr et FATSO Sr : deux étages d’ambition

Le plugin reprend la double personnalité du matériel. Le FATSO Jr restitue la simulation de bande et la compression du modèle d’origine, avec ses commandes directes : c’est la version « on tourne les boutons, ça sonne ». Le FATSO Sr va plus loin en ouvrant le capot : saturation de transformateur variable, filtrage du signal de détection (sidechain) et contrôles de compression détaillés — seuil, attaque, relâchement — là où le Jr se contente des réglages d’usine.

La partie dynamique propose quatre modes de compression aux caractères bien distincts, qu’il faut connaître pour tirer le meilleur de la machine :

  • Buss : un ratio doux, autour de 2:1, avec un genou progressif, taillé pour coller un mix ou un sous-groupe.
  • G.P. (general purpose) : le réglage passe-partout, transparent, qui tient un niveau sans se faire remarquer.
  • Tracking : une dynamique façon 1176, nerveuse, pour les voix et les instruments pris à la prise.
  • Spank : un mode agressif, proche d’un limiteur de talkback des années 70, pour quand il faut que ça claque.
Les modes de compression et le réglage de saturation sur le FATSO Sr en version native
Crédit : Universal Audio

Au-delà de la compression, l’intérêt du FATSO tient à sa saturation : une couleur douce qui arrondit les transitoires et densifie le haut-médium sans l’agressivité d’un clipper. C’est ce qui en a fait un outil de mix autant qu’un effet de prise. Sur un bus batterie, une basse DI un peu plate ou une voix numérique, il apporte cette épaisseur qu’on associe aux étages d’entrée analogiques.

Prix et disponibilité

Le FATSO natif est proposé à 79 $ en tarif de lancement, contre 149 $ au prix courant. Les possesseurs de la version DSP peuvent basculer vers le natif pour 2,99 $, et le plugin figure dans la bibliothèque d’abonnement UAD Spark Studio. Pour choisir le bon étage dynamique, notre guide des types de compresseurs remet les familles FET, VCA, opto et vari-mu en perspective ; sur la façon de garder le punch, voyez notre article sur la compression parallèle. Et si c’est la couleur qui vous intéresse, nous avons comparé plusieurs plugins de saturation harmonique. La fiche officielle est sur la page produit d’Universal Audio.

Mon avis

Rendre le FATSO natif, c’était l’évidence qui tardait. Le son n’avait jamais été le problème ; c’était le ticket d’entrée matériel qui enfermait l’outil chez les possesseurs d’Apollo. À 79 $, le FATSO redevient ce qu’il aurait toujours dû être : un traitement qu’on pose sans compter, pour sa saturation douce autant que pour sa compression. Le Jr suffira à beaucoup — quatre modes et un bouton de drive couvrent l’essentiel —, le Sr parlera à ceux qui aiment régler au détail. La vraie nouvelle, ce n’est pas un plugin de plus, c’est un classique enfin libéré de sa cage.

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À propos de l’auteur

Après plus de 20 ans dans le son professionnel : régie live, direction technique de studio (Deep Forest, Pierre Jacquot), responsable marketing digital de Playback.fr. Témoin et acteur de la bascule analogique→numérique, je suis toute l'actualité audio et je la décrypte ici, sans langue de bois.