Telos Alliance fait franchir à son Zephyr Connect SE l’étape qui compte vraiment : la livraison. Après son annonce, le codec entre en production et arrive chez les diffuseurs. Dans une famille de produits — la lignée Zephyr — qui a quasiment inventé le codec de contribution pour la radio, cette mise à disposition effective mérite qu’on s’y arrête, d’autant que le SE vise un créneau précis : la puissance d’un codec moderne dans un format minuscule et sans bruit.
Compact, silencieux, pensé pour tenir n’importe où
Le Zephyr Connect SE repose sur une plateforme matérielle compacte, sans ventilateur, donc totalement silencieuse. C’est un détail qui change tout selon l’emplacement : on peut le poser dans une régie où le moindre souffle s’entend, comme au pied d’un émetteur dans un local technique isolé. Telos annonce qu’on peut aligner jusqu’à trois unités côte à côte dans une seule unité de rack — de quoi densifier une baie sans gaspiller d’espace.

Le SE est aussi pensé pour cohabiter avec l’existant : il est présenté comme pleinement compatible et interopérable avec iPort HD et avec Zephyr Connect. Autrement dit, il s’intègre dans un parc Telos déjà en place sans imposer de tout remplacer.
Un codec, extensible jusqu’à quatre
Dans sa configuration de base, le Zephyr Connect SE embarque un codec stéréo bidirectionnel. Mais l’appareil est extensible : via des licences additionnelles, on monte jusqu’à quatre codecs dans la même boîte. Cette logique logicielle permet de démarrer petit et d’ajouter des canaux au fil des besoins, sans racheter de matériel.
Les usages visés couvrent large :
- Liaison studio-émetteur (STL) : acheminer le programme vers le site de diffusion.
- Distribution réseau : alimenter plusieurs points depuis une source unique.
- Liaison multicanale vers des studios distants : relier plusieurs régies entre elles.
- Encodeur de streaming : associé à un serveur de diffusion, pour alimenter une webradio.
Réseau et codecs : du sérieux
Côté transport, le SE gère les flux Unicast en UDP et TCP ainsi que le Multicast UDP, et il prend en charge nativement Livewire+, l’audio-sur-IP de Telos Alliance, compatible AES67. On reste donc pleinement dans l’écosystème des réseaux audio normalisés, sujet que nous détaillons dans notre guide sur l’audio-sur-IP et le Dante.
Pour l’encodage, Telos fait appel aux véritables codecs Fraunhofer IIS : AAC, AAC-LD, AAC-HE, AAC-HEv2, MP3 et MP2, avec l’Enhanced aptX en option. C’est la garantie d’une interopérabilité et d’une qualité de référence pour la contribution et la distribution. Si la notion de codec de contribution reste floue, notre explication des chaînes de diffusion en ligne pose le décor, et le SE prolonge la logique compacte qu’on avait vue avec la console AoIP Axia Pulsar.
Mon avis
Un codec qui ne fait pas de bruit, qui tient à trois dans 1U et qui grandit par licences plutôt que par rachat de matériel : c’est exactement ce dont les diffuseurs ont besoin aujourd’hui, entre régies qui rétrécissent et parcs qu’on fait durer. Le choix des codecs Fraunhofer et la compatibilité avec l’existant Telos enlèvent les deux vraies épines d’un déploiement codec. La question qui reste ouverte, c’est le modèle de licences : facturer les canaux supplémentaires est pratique pour démarrer, moins pour qui sait d’emblée qu’il en voudra quatre. À évaluer boîtier en main, mais sur le papier, c’est le genre d’outil qui simplifie la vie en technique.